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Faut-il réintroduire l?heure d?été ?

22 octobre 2005, 20:00

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GÉRARD HEBRARD « Production Manager » du CEB

Pourquoi faut-il réintroduire l?heure d?été ?

Avec l?augmentation du prix du pétrole, nous devons considérer diverses options pour réduire l?importation de ce type de combustible. Dans ce contexte, la réintroduction de l?heure d?été a été suggérée. Cette mesure comporte des points positifs et négatifs mais il est difficile de quantifier son impact économique. Elle doit faire l?objet d?une étude avec toutes les parties concernées avant toute décision.

Croire à un changement dans le mode de vie d?aujourd?hui, n?est-ce pas se faire de l?illusion ?

Illusion ou pas, nous ne pouvons rester insensibles et ne rien faire devant l?augmentation des coûts associés aux produits pétroliers.

Quelle est la stratégie du CEB face à ces augmentations ?

Elle s?articule autour de trois axes. D?abord par le lancement, en collaboration avec le ministère des Services publiques, d?une campagne agressive sur la maîtrise de l?énergie. L?objectif est de réaliser une économie de l?ordre de Rs 300 millions par an sur l?importation du fioul utilisé dans nos centrales. Ensuite, à moyen terme, l?augmentation de la production d?énergie à partir des ressources renouvelables (bagasse et énergie éolienne). Enfin, nous nous proposons d?inverser, à moyen et à long termes, les poids relatifs entre le charbon et le diesel.

Le CEB consacrera 70 % du budget de fonctionnement de son département de production aux produits pétroliers. Cette tendance peut-elle être inversée ?

Ce sera possible à moyen terme lorsque nous commencerons à exploiter la nouvelle centrale pour l?énergie de base qui fonctionnera au charbon.

Si ces mesures ne produisent pas les résultats escomptés, quelles sont les autres cartes du CEB ?

Si la tendance à la hausse des coûts des produits pétroliers perdure, il est évident que tôt au tard, des décisions devront être considérées pour assainir la situation financière du CEB.

En augmentant les tarifs bien sûr ?

Ce n?est qu?une option.

KHALIL ELAHEE Chargé de cours à la faculté d?ingénierie, université de Maurice

Pourquoi l?heure d?été ne doit-elle pas être réintroduite ?

L?heure d?été a été instituée dans les pays comme la France ou l?Italie. L?objectif est d?optimiser l?utilisation de l?énergie. Elle aurait eu un impact sur la consommation de l?énergie à Maurice si le jour était beaucoup plus long en été qu?en hiver. Au-delà des ménages, de l?éclairage des routes et des institutions publiques, il n?a pas d?effet significatif. Il est impossible de mesurer sa portée sur la vie sociale. L?impact des inconvénients risque d?être plus important que ses effets bénéfiques.

Les répercussions d?une crise mondiale ne justifient-elles pas le recours à de pareilles mesures ?

L?utilisation optimale, intelligente et efficace de l?énergie est plus appropriée que la recherche pure et simple d?une économie d?énergie. Une campagne de sensibilisation basée sur ce concept apportera certainement plus de résultats positifs que le recours à des mesures contraignantes et dont les résultats lors de la dernière expérience étaient mauvais.

Plus de vingt ans après, Maurice n?est-elle pas capable de tirer le maximum d?avantages de l?heure d?été ?

Les raisons pour lesquelles on envisage le recours à l?heure d?été sont les mêmes qu?en 1982 : la crainte d?une escalade du prix du pétrole. Il suffit que le cours baisse pour que nous nous réinstallions dans notre léthargie.

N?est-il pas normal qu?un pays s?invente une stratégie dès que la perspective d?une hausse des prix se pointe à l?horizon ?

Une stratégie taillée à la mesure des circonstances imposées par le marché mondial n?est pas acceptable. La question de l?énergie est trop importante dans le développement d?un pays pour qu?on se contente de la traiter de façon parcellaire. Elle doit être traitée de façon intégrée. Son impact ne doit pas être limité à l?économie, mais à tous les secteurs essentiels tels l?environnement et le social. Il est regrettable que sur ce plan, on n?ait eu droit qu?à des déclarations d?intention de la part des gouvernements successifs. Sans une politique cohérente, il n?y a pas de stratégie. Il ne reste plus qu?à gérer les crises.

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