Publicité
Des universitaires encadrent 12 filles de sans-logis à Camp-Levieux
Par
Partager cet article
Des universitaires encadrent 12 filles de sans-logis à Camp-Levieux
Belle initiative que le projet-pilote lancé hier par l?Institute of Social Development and Peace (ISDP), de concert avec l?université de Maurice (UoM). ?Lifting Girls out of Poverty Project ? Role Model-Pairing Project? s?adresse à des enfants de sans-logis de Camp Levieux, 12 filles âgées de cinq à 15 ans. Elles seront mensuellement encadrées par 12 professionnelles. Cet encadrement consistera en un suivi scolaire, mais aussi en des ateliers de lecture et de créativité.
L?idée de ce projet date de six semaines. Les Dr Roukaya Kasenally et Sheila Bunwaree, fondatrices de l?ISDP, sont alertées sur les conditions de vie des sans-logis de Camp-Levieux, en particulier sur le sort des enfants. Elles se rendent sur place et touchent du doigt ?une pauvreté incompatible avec l?état de développement de Maurice?, précise le Dr Kasenally. Elles notent aussi que malgré l?éducation et le transport gratuit, plusieurs enfants ne sont pas scolarisés. Et ceux qui vont à l?école s?y rendent sporadiquement.
Sachant que l?UoM veut ?démocratiser l?éducation et toucher la communauté?, comme le rappelait hier le professeur et vice-chancellier, Indur Fagoonee, et que la pauvreté prend un visage de plus en plus féminin, les Dr Kasenally et Sheila Bunwaree attirent l?attention des chargées de cours de l?UoM. Neuf d?entre elles et trois femmes d?affaires décident alors d?offrir leur temps mensuellement à 12 enfants de cinq à 15 ans.
Les filles sont délibérément choisies car toutes les études démontrent ?qu?éduquer une fille, c?est éduquer la famille?. L?encadrement comprend un suivi scolaire ainsi que des ateliers pour inculquer une ?culture de la lecture?, comme le souligne le Dr Bunwaree, de même que des ateliers de créativité. Chaque enfant a d?ailleurs reçu son premier livre hier.
Intérêt des retraités
Pour que l?épargne devienne aussi une de leurs priorités, un compte a été ouvert pour chaque enfant à la State Bank of Mauritius. Compte d?épargne auquel l?enfant ne pourra toucher qu?à sa majorité.
Ces enfants seront aussi régulièrement initiés au sens du partage. Ledit encadrement durera de cinq à six ans.
Le rêve des initiateurs de ce projet, qu?ils espèrent essaimer dans d?autres régions de l?île, est que ces enfants puissent devenir étudiants de l?UoM. C?est en tout cas le v?u le plus cher de Loreenda, 15 ans, qui est en Form III au Lycée de Beau-Bassin, et de son mentor, Yasmina Jauferally-Fakim, Senior Lecturer et Head of Department of Agriculture et Food Sciences. Cette dernière se dit très heureuse d?être impliquée dans un projet éducatif à dimension sociale.
Shirin Aumeeruddy-Cziffra, Ombudsperson pour les enfants, a lors de son discours, félicité l?ISDP et l?UoM de leur initiative, rappelant que depuis un an et demi, elle demande aux autorités d?instaurer un système de mentors afin de réhabiliter les enfants dans leurs familles respectives. Selon elle, beaucoup de retraités s?y intéresseraient si le gouvernement promulguait un cadre légal relatif au système de mentors.
L?Ombudsperson a dit sa conviction qu?habiliter les femmes à être indépendantes passe forcément par les enfants. Dharam Gokhool, ministre de l?Education, a applaudi le projet, qui est ?un exemple concret de service à la communauté?, idée qu?il a défendu du temps où il était universitaire.
Les 12 enfants sélectionnées dans le cadre de ce projet ont montré qu?elles peuvent retenir ce qu?elles apprennent, interprétant honorablement la version revue et corrigée de Prendre un enfant par la main d?Yves Duteil, devenue Prendre une fille par la main, de même que la très belle composition : Nu rev enn le monde d?Asoka Venkatasamy, technicien principal au laboratoire de l?UoM.
Publicité
Publicité
Les plus récents