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?Holiday Club on Ice? nous laisse de glace

12 octobre 2005, 20:00

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Comment peut-on se tromper à ce point, alors que l?on affiche que de bonnes intentions. Tout y est : des voix rodées telle celle de Martin Zamudio ? qui n?hésite pas à s?attaquer sans se blesser à l?air du Grand Caruso ? à Sévérine Jeanne, débutante attendrissante, encore auréolée de sa participation au concours de chants pour enfants, Ti Mambo.

Holiday Club on Ice est un fiasco malgré les deux heures de belles chansons. D?abord sur le plan de la mise en scène : cet élément principal est absent du spectacle pourtant présenté comme une ?comédie musicale tournant autour de situations romantiques?. Des comédiens qui se prennent timidement par la main le temps d?une chanson ? aussi belle qu?elle soit ? ne suffit pas à installer une relation sur scène. Surtout si les dialogues sont réduits à des bribes de phrases.

C?est vrai que cela flirte pas mal : le directeur de l?hôtel Holiday Club ? rôle tenu par un Martin Zamudio qui ne s?aventure jamais sur la patinoire ? papillonne de cliente en cliente. Le pilote de l?avion - joué par Eddy Babajee, concepteur du spectacle- fait de l??il à la fille du directeur de l?hôtel. L?un des passagers de l?avion s?amourache d?une hôtesse de l?air. La tâche de décoder les semblants d?intrigues de Holiday Club on Ice est laissée à une voix off qui lit, sans conviction un texte minimaliste.

Romance dans un hôtel de luxe. Thème tout indiqué quand on sait que Eddy Babajee a débuté son parcours professionnel comme animateur dans le secteur hôtelier, avant d?être promu responsable de l?animation au Maritim. ?Ce sont des situations que j?ai vues dans les hôtels où j?ai travaillé. Vous savez comment cela se passe??, déclare le concepteur du spectacle. Interrogé sur le choix de l?anglais, il dira, ?parce que c?est la langue officielle à Maurice?.

Si l?amour réchauffe l?air frisquet de Curepipe, le sifflement audible des appareils fumigènes, lui, gêne le confort d?écoute des spectateurs. Les multiples problèmes de sonorisation n?ont pas aidé la première représentation publique, en ce mardi soir. Le directeur de la patinoire, Bernard Mongelard, a déclaré : ?C?est un problème de batteries. Je ne m?explique pas ces ennuis techniques car elles sont neuves.?

Autre défaut conceptuel : comme la piste est tout en longueur, les patineurs-figurants se contentent de glisser de gauche à droite, voire en désordre, pendant que les patineurs-principaux donnent de la voix. Des cordes vocales qui portent à elles seules le spectacle, car tout l?intérêt de Holiday Club on Ice réside dans ces chanteurs qui reprennent sans fausse note apparente Sinatra, Nat King Cole, Madonna, Nora Jones ou Stevie Wonder.

Le hic, c?est que ceux qui savent chanter ne savent pas forcément patiner. Résultat, le spectateur qui a déboursé Rs 500 pour enfants et pensionnés, Rs 750 pour les adultes et Rs 950 pour les Club Seats, a droit à un spectacle où certains chanteurs portent des patins, sans véritablement s?en servir. Jambes arquées, dos plié, plusieurs patineurs manquent visiblement de pratique. Cinq mois de travail n?ont pas réussi à corriger leur démarche de canard.

Certes, c?est le premier spectacle du genre mettant en scène des talents locaux. Mais sans nous attendre à des doubles axels, on aurait apprécié au moins quelques pirouettes ou pas de deux joliment exécutés. Que nenni! Espérons que le temps fera ?uvre utile d?ici décembre. Les représentations de Holiday Club on Ice sont prévues chaque mardi soir jusqu?à la fin de décembre.

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