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Dix ouvriers indiens de Firemount déportés
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Dix ouvriers indiens de Firemount déportés
?Je quitte Maurice avec le sentiment d?avoir été victime de beaucoup d?injustice. Je suis venu ici pour travailler. Au lieu de me transférer dans un autre département, me voilà déporté.? Une heure avant de prendre l?avion pour l?Inde, Zakir Hossen Ali Ahmad, ouvrier originaire de l?Uttar Pradesh, ne peut s?empêcher de ressentir de la tristesse et du désarroi. Pourtant, avec une dizaine d?autres compatriotes, il est accusé d?avoir incité quelque 350 ouvriers de Firemount Textiles à maintenir le mouvement de grève depuis sept jours environ.
Résultat, ce petit groupe de ?meneurs? a été déporté hier soir. Avec Rs 4 900 en poche, Zakir Hossen Ali Ahmad avoue qu?il ne sait pas ce que l?avenir lui réserve en Inde.
C?est sous escorte de la police régulière que les dix ouvriers indiens se sont rendus à l?aéroport de Plaisance pour les formalités d?usage. Leur permis de travail et de résidence résiliés, ils ont fait l?objet de surveillance rapprochée dès que trois équipes de la Special Supporting Unit (SSU) ont fait éruption dans l?enceinte de l?usine de Saint-Félix hier.
Grève de la faim
Agissant sur la base d?indications précises, la police est venue arrêter onze ouvriers, mais l?un d?entre eux manque à l?appel. Ce dernier est toujours recherché par la police. Les autres ouvriers assistent à l?arrestation des dix ouvriers mais, suivant le conseil de la police, ne s?interposent pas car ils sont eux-mêmes en rupture de contrat pour avoir organisé une grève illégalement.
Ce qui ne les empêche pas d?affirmer haut et fort, un peu plus tard, qu?ils sont prêts à organiser une grève de la faim à partir de ce matin pour protester contre ?cette façon de faire?. Mais à hier soir, aucune décision n?avait été prise à ce sujet. ?We are not terrorists. We came here to work?, laisse entendre un ouvrier peu après que la police ait embarqué ses dix compatriotes.
Ces derniers ont d?abord été conduits au poste de police de Plaisance pour des formalités. De là, ils ont été invités à rejoindre la salle de départ de Plaisance, Sheik Mirally et Nizam Udhin, en tête. Faisant le trajet à pied du poste de police de Plaisance jusqu?à la salle de départ, ils cachent mal leur inquiétude. Deux sacs à main constituent leurs seuls bagages. Portable vissé à l?oreille, ils informent leurs familles qu?ils fouleront le sol de l?Inde plus tôt que prévu ? leur contrat de travail devait prendre fin dans deux ans ! Les huit autres ouvriers prennent place dans un van et sont escortés jusqu?à la salle de départ.
A Saint-Félix, leurs compatriotes n?ont pas le c?ur à l?ouvrage. ?We want to go to India?, lâchent-ils. A hier soir, ils affirmaient que cela ne servait à rien de négocier sur leurs doléances. Celles-ci concernent notamment le remboursement des déductions faites sur leurs comptes bancaires relativement à l?obtention d?un permis de travail, des soins médicaux ainsi qu?une hausse salariale.
RÉACTION DE BUNWAREE
?Les ouvriers n?ont plus rien à craindre?
■ ?A présent que les fauteurs de troubles ont été déportés, je lance un appel aux grévistes pour qu?ils reprennent aujourd?hui le travail. Ils n?ont rien à craindre maintenant?, a déclaré, hier soir, Vasant Bunwaree, ministre du Travail. ?Il est malheureux de constater que malgré le fait que la direction de l?entreprise a décidé d?accéder à toutes les requêtes des ouvriers indiens, ces derniers refusent toujours de travailler.? Il affirme également détenir des informations selon lesquelles les ouvriers déportés ?intimidaient les autres et avaient un comportement frisant l?illégalité?. Il a expliqué que ces derniers ont été payés selon les dispositions de la loi. Il tient aussi à rassurer les ouvriers : s?ils reprennent le travail aujourd?hui, la direction ne prendra aucune sanction contre eux. Et de lancer un appel aux syndicalistes qui sont en contact avec les grévistes. Car, estime-t-il, une poursuite de la grève risque d?entraîner la fermeture de l?usine. A hier, seule une soixantaine d?ouvriers indiens avaient repris le travail?
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