Publicité
Alonso champion, Montoya vainqueur
Le pilote de l'écurie Renault a terminé troisième du Grand Prix du Brésil remporté par le Colombien Juan Pablo Montoya devant le Finlandais Kimi Räikönen, tout deux au volant d'une McLaren.
Montoya s'impose sur le circuit d'Interlagos pour la deuxième année consécutive. Son coéquipier Räikönen était avant la course le seul à pouvoir priver Alonso du titre à condition de l'emporter et, aussi, à condition que l'Espagnol ne fasse pas mieux qu'une quatrième place.
Alonso, parti en pole position, devant Montoya, alors que le Finlandais s'élançait en cinquième position sur la grille de départ, cédait rapidement la première place à Montoya, avant de s'installer confortablement à la troisième place, synonyme de sacre.
McLaren, grâce à ce doublé, peut néanmoins se réjouir d'être passé en tête du classement des constructeurs, où l'écurie possède deux points d'avance sur Renault.
Alonso, le magicien
Le pilote Renault, qui aime divertir ses amis de tours de cartes ou de passe-passe, est également un mime accompli et un supporter fervent du Real Madrid. Désormais largement aussi célèbre que les Galacticos de son cher Real, Alonso n'a pourtant rien de clinquant. Discret et poli, il préfère l'anonymat d'Oxford, sa ville d'adoption, à la lumière des projecteurs. “C'est parfait”, dit-il de son mode de vie dans la ville universitaire anglaise.
“On me reconnaît peut-être une fois par mois. Je vais au supermarché, j'achète le journal et je passe du temps avec mes amis. En Espagne, il y a des gens devant ma maison. C'est impossible.”
Sur la piste aussi, Alonso connaît quelques tours de magie. Là, le timide jeune homme aux bonnes manières se métamorphose en pilote agressif, déterminé et terriblement véloce.
Tout comme Michael Schumacher déclencha une vague de Schumi-mania en Allemagne, Alonso a allumé en Espagne la folie de la F1. Couvé par Flavio Briatore, qui veilla naguère sur Schumacher chez Benetton, le prodige espagnol a fait preuve cette saison d'une étonnante maturité.
Leader du championnat dès la deuxième course, en mars dernier en Malaisie, Alonso a effectué un parcours sans faute. Dès sa première saison chez Renault, en 2003, il était devenu le plus jeune vainqueur de l'histoire de la F1. Il lui restait à en devenir le plus jeune champion, ce que le natif d'Oviedo a fait sans tarder. Le stéréotype du pilote latin, bouillant et imprévisible, ne lui convient pas.
“Un type normal”
“Fernando dégage cette impression incroyable d'être toujours décontracté”, souligne l'ingénieur en chef de Renault, Pat Symonds, qui a également travaillé avec Ayrton Senna et Schumacher. “On a même parfois l'impression qu'il n'écoute pas. Mais c'est faux. Il enregistre et il comprend tout. Sous son air détaché, il y a de l'intensité.”
“Au sein de l'équipe, il n'est pas vraiment timide. Il fait tellement bien son métier qu'on en oublie son âge.” Jeune, certes, Alonso, qui a grandi au sein d'une famille modeste dans la région des Asturies, ne manque cependant pas d'expérience. A trois ans, il pilotait un kart construit par son père pour sa grande soeur. Dix ans plus tard, il était champion d'Espagne. Puis vinrent le titre mondial juniors, la F3000 et, en 2000, la F1, en tant que pilote d'essais chez Minardi.
La F1, pourtant, le petit Fernando en rêvait à peine. La télévision espagnole en était avare. La moto était bien plus populaire dans son pays. “Jusqu'à il y a cinq ans, j'aurais pu croiser Michael Schumacher dans la rue sans le reconnaître”, confiait-il cette année à Reuters.
En 2001, il fait ses débuts en course, au volant d'une Minardi, et impressionne aussitôt ses employeurs par ses chronos. “Fernando a plus de talent que tous les pilotes que j'ai pu rencontrer”, estime le patron de Minardi, Paul Stoddart.
Au volant d'une monoplace peu performante, il se bat à chaque course, dans l'indifférence du grand public. Les spécialistes, cependant, remarquent son talent et son caractère.
L'année suivante, en 2002, il rejoint Renault, comme pilote d'essais. On connaît la suite. La seule question qui demeure est de savoir combien de nouveaux titres il va pouvoir conquérir. “Je suis un type normal”, disait-il en début de saison.
“Je n'ai jamais été obsédé par la F1. Pour moi, c'est un métier comme un autre, avec son stress, ses contraintes. Et aussi, c'est vrai, ses privilèges”.
Publicité
Publicité
Les plus récents