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Comité de quartier
Par Nazim ESOOF
A moins d?une semaine du scrutin, les enchères montent dans une relative indifférence. Les deux principaux blocs se battent toujours pour mobiliser le maximum de partisans. C?est celui qui réussira cette mobilisation qui remportera les élections municipales. Mais déjà, il va sans dire que le gouvernement du jour part avec les faveurs du pronostic.
Reste que chaque camp affirme mettre le citoyen au c?ur de ses préoccupations, sans nous dire réellement quelle place il lui réserve. La société de demain est celle où chacun vivra mieux dans un bien-être collectif. Les contraintes locales et internationales ne peuvent ni ne doivent brider notre capacité d?action. Mais, pour pouvoir agir, il nous faut être capables d?agir sur nous-mêmes. Comprendre que nous nous devons de changer nos habitudes pour être moins dépendants du cours du pétrole. Comprendre que le civisme n?est pas qu?un geste symbolique mais qu?il contribue à maintenir un équilibre d?ensemble. Comprendre aussi que le sacrifice peut finalement se résumer à cesser certaines largesses futiles. Comprendre?
C?est en changeant nos mentalités que nous créons les conditions pour un nouveau modèle de développement. A un moment où le marché fait l?objet de tant de préjugés, il nous faut être capables de lui emprunter ce qu?il a de meilleur. Soit un esprit d?innovation, d?adaptation et de créativité.
Quelle peut être la contribution du citoyen urbain au sein de ce nouvel élan ? Il peut donner l?exemple de la prise en charge. A un moment où la tentation est grande de faire de l?Etat le seul pourvoyeur de nos besoins, les citoyens responsables peuvent faire la démonstration qu?une autre manière de fonctionner est possible. Une municipalité n?est pas condamnée à attendre de l?Etat qu?il ouvre ses mannes pour mener des projets de développement. Un citadin n?est pas réduit à attendre les services municipaux pour l?assainissement de son espace de vie.
On parle, à cet effet, souvent de comité de quartier dans nos villes. Il serait intéressant désormais d?interroger leur fonctionnalité. Si les conseils municipaux exigent un renouvellement, cette instance associative qu?est le comité de quartier mérite également d?être revisitée. Ce n?est pas demain qu?on changera le rapport entre la population et l?Etat qu?elle veut tutélaire. Il incombe entre-temps aux relais, comme les comités de quartier, d??uvrer pour une rationalisation de ce rapport. Puisque l?Etat est l?otage des politiques, cela ne signifie pas automatiquement que les politiques doivent devenir, à leur tour, otages des citoyens. Ce pays, nos villes méritent mieux.
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