Publicité
Travail : quand sécurité est un droit
Par
Partager cet article
Travail : quand sécurité est un droit
Il est impératif de réduire le nombre d?accidents du travail. Ainsi, avec la nouvelle loi régissant la santé et la sécurité au travail, il incombera désormais aux employeurs d?y veiller.
Et employeurs, syndicats et travailleurs sont unanimes : le nouvel Occupational Health & Safety Act qui sera bientôt promulgué, chasse enfin les zones d?ombre qui émaillaient l?ancien texte datant de 1988. Si la loi a le mérite de renforcer certains aspects oubliés, elle souffre néanmoins de quelques lacunes.
« Cette loi apporte nombre d?éclaircissements ! Mais je crains qu?elle devienne cosmétique et que l?on ne dispose pas de suffisamment de ressources humaines pour la faire respecter », affirme Reaz Chuttoo, animateur à la Federation of Progressive Union. Ainsi, comme la loi stipule que tout employeur qui a plus de 50 salariés devra louer les services d?un Safety Officer, on manquera sûrement de personnel qualifié.
L?université de Maurice offre bien un Diploma in Occupational Health & Safety, mais ces cours ne sont pas disponibles régulièrement. Certaines institutions offrent des formations, mais beaucoup ne sont pas reconnues. « Nous faisons déjà face à un manque de personnel dans ce domaine. Les institutions telles que le Human Resource Development Council devraient sérieusement se pencher dessus. »
Mais le Safety Officer nouvelle vague, salarié comme tout autre employé de l?entreprise, pourra-t-il imposer ses recommandations aux directeurs ? C?est la question que se posent certains. Pour eux, il serait plus simple de s?inspirer des méthodes françaises. Le Safety Officer français est en effet recruté par l?entreprise avec l?accord des employés. Il ne peut pas être révoqué sans l?aval des employés et du syndicat. De ce fait, il peut agir en toute latitude. S?il remplit correctement ses fonctions, il sera assuré du soutien de l?employeur et des employés.
<B>Savoir lire entre les lignes</B>
Le hic, c?est que pas une seule ligne n?est consacrée à l?ergonomie du cadre de travail. « La loi ne prend pas en considération le sitting accomodation, l?espace nécessaire entre les bureaux, la climatisation? Saviez-vous que le facteur ergonomique concerne la plupart des employés de bureau ? Tout ce qui améliore les conditions de l?employé n?est pas pris en compte », affirme le syndicaliste.
Il faut aussi savoir lire entre les lignes. L?employé qui sent que sa vie est menacée par la nature de son travail ne peut pas mettre un frein à ses activités professionnelles sans en avertir son patron. Ce n?est qu?après avoir été informé du danger que l?employeur décidera si le salarié peut stopper le travail ou pas.
« Je trouve cela inacceptable et je suis catégorique à ce sujet. Si un employé sent que sa vie est en danger, je lui conseille de cesser immédiatement ses activités et d?en informer ensuite le responsable. »
Le Bureau international du travail et les Nations unies considèrent que la sécurité au travail est un droit social. « Il faut dépasser le cadre de la sécurité et se dire qu?elle est étroitement liée à la santé. Malheu-reusement, l?aspect social n?a fait l?objet d?aucune discussion avant la rédaction de la loi. » La plupart de ceux interrogés penchent pour un amendement de la loi afin d?inclure ces aspects sociaux. « Maurice est condamnée à emboîter le pas aux pays comme l?Afrique du Sud où la vie sociale et familiale n?est pas laissée de côté. »
<B>L?obligation d?établir un plan d?urgence</B>
Malgré certaines insuffisances, beaucoup jettent un regard positif sur la nouvelle loi. On cite le fait que l?employeur a maintenant l?obligation d?identifier l?origine des risques avant de les éliminer. « Par exemple, explique un employé, si l?environnement de travail est bruyant, le Safety Officer recommandera l?utilisation d?une boîte acoustique au lieu de conseiller aux employés d?utiliser des casques antibruit. Cela leur évitera de travailler avec des équipements dignes de cosmonautes ! »
De plus, les Safety Officers ne seront plus habilités à travailler sur plusieurs sites de travail à la fois. « Maintenant il y aura un full-timer », affirme le Health & Safety Officer de Ph?nix Beverages Ltd, en soulignant avec satisfaction que les examens médicaux réguliers seront désormais obligatoires pour les travailleurs évoluant dans un environnement dangereux.
Suttish Boodoo, Environment, Health & Safety Officer à la British American Tobacco, voit d?un bon ?il l?obligation faite à l?employeur d?établir un plan d?urgence en cas d?explosion, d?incendie ou de déversement de produits nocifs. « La loi est plus sévère et la responsabilité des officiers mieux définie. Avant il n?était qu?un conseiller, maintenant il fera des évaluations et des enquêtes pour proposer des recommandations pour un meilleur cadre de travail. »
Publicité
Publicité
Les plus récents