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Les hôteliers sur la défensive
Alors qu’ils en ont pris pour leur grade lors de la dernière conférence de presse du Premier ministre, les hôteliers viennent cette fois-ci au-devant de la scène. L’État les blâme d’investir plus dans le marketing de leurs établissements que dans la promotion de la destination.
Mais le directeur de l’Association des hôteliers et restaurateur de l’Ile Maurice, Dan Bundhoo ne l’entend pas de cette oreille et s’en défend. Il estime que les hôteliers assument pleinement leurs rôles. “Les hôteliers dépensent chaque année plus d’un milliard de roupies pour la promotion de la destination à l’étranger alors que le gouvernement n’investit que Rs 300 millions”, souligne-t-il. En clair, les hôteliers dépensent 40 euros par touriste contre 7 euros pour le gouvernement.
Le directeur de l’hôtel Villas Caroline, Alain Pinagapani, affirme lui, que les petits hôtels doivent assurer eux-mêmes leur promotion. “À titre d’exemple, nous avons un budget annuel de Rs 3 millions uniquement pour le marketing”, affirme ce dernier. Selon lui, il faut que tous les opérateurs de l’industrie touristique arrêtent de se regarder en chien de faïence et se mettent à travailler tous ensemble.
Le Premier ministre qui, avait lors de la conférence de presse, affirmé accueillir favorablement la venue de Corsair, estime que le problème ne se posait pas au niveau de l’aérien mais dans la promotion de la destination mauricienne. “C’est la compétitivité de la destination qui est en cause. Et tout le monde doit travailler ensemble pour rendre la destination plus compétitive”, soutient-il. Il a proposé que pour chaque roupie qu’investit le gouvernement, les hôteliers en fassent autant.
Un constat effectué par Netherlands Airport Consultants (Naco) soulignait que la beauté de Maurice est indiscutable mais qu’elle n’est pas unique. Aujourd’hui des destinations concurrentes offrent le même type de produit à moins cher. Une concentration sur le haut de gamme n’apportera pas suffisamment de bénéfices. Il faut donc s’aligner sur les autres segments, mais attention “les sacs-à-dos” ne seront pas toujours les bienvenus.
De 2001 à 2004, le prix moyen d’une nuitée dans un hôtel mauricien est passé de Rs 4 236 à Rs 5 569. Cela reflète le manque de compétition entre les hôtels et rend la destination encore plus chère dans un marché qui est sensible au prix. Dans les autres destinations, il existe plus de compétition dans l’accès aérien et l’hôtellerie, ce qui leur permet d’offrir des prix plus intéressants aux clients.
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