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Nasreen Ossenbox nous peint sa Chine merveilleuse
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Nasreen Ossenbox nous peint sa Chine merveilleuse
Le meilleur de l?histoire, c?est que ce n?est pas un roman. Ni une image d?Epinal joliment encadrée de dorure kitch. Par la force du pinceau, Nasreen Ossenbox a choisi de faire sa vie près de Shanghai, en Chine. Une de ces régions ?qui a échappé à la pollution?.
La jeune femme en a ramené une série de natures mortes. Des vases débordant de fleurs, des scènes domestiques meublées de petits bibelots. Ses tableaux seront accrochés à la galerie Max-Boullé, à Rose Hill, aux côtés de ceux de son mari, Li Wen, à partir de demain. Dix-sept tableaux, mélange de paysages printaniers et de natures mortes. L?exposition, organisée dans le cadre du 56e anniversaire de la République Populaire de Chine, se déroule du 15 au 20 septembre.
En 1999, quand Nasreen Ossenbox débarque à l?université de Hangzhou, elle ne connaît pas un mot de mandarin. Armée d?une bourse d?études en Beaux-Arts de l?ambassade de Chine à Maurice, l?étudiante du Queen-Elizabeth College n?a que des images toutes faites dans la tête. Celles d?une Chine aux paysages couleur de rizières, peuplée de paysans aux chapeaux pointus.
Persévérance
Choc des cultures. Nasreen Ossenbox a dû pendant un an maîtriser la langue avant d?entamer les cours. ?Les débuts ont été très difficiles. On ne parle qu?avec les mains, on tape sur les calculatrices des boutiquiers pour marchander. Comme je n?ai pas le sens de l?orientation, je me perdais souvent. Honnêtement, à la fin d?une année je ne maîtrisais que les phrases de base, du type : Comment ça va ? Je m?appelle Nasreen??
Quand les cours commencent, c?est ?le cauchemar?. Nasreen bouge pour la Fine Arts Academy of China. ?Là-bas, j?étais la seule étrangère en classe. Ne pouvant communiquer, je n?avais pas d?amis.? Prenant son courage à deux mains, la Mauricienne se résout à aller voir les professeurs. Réponse : ?Ils m?ont dit qu?ils faisaient la classe pour la majorité, les Chinois.?
Nasreen persévère et se retrouve en deuxième année. Le mal du pays la rapproche d?un des chargés de cours. Celui de peinture à l?huile. Il s?appelle Li Wen. ?Au début, je croyais que c?était un élève. Il avait l?air tellement jeune. En plus, pour m?expliquer ce qu?il fallait corriger dans mon travail, avec son pinceau et me changeait tout. Cela ne me plaisait pas, ce n?était plus mon tableau.?
Malgré tout, il y a ce petit quelque chose chez Li Wen qui attire Nasreen. Un certain regard, de la compréhension à demi-mot, de la tendresse dans ses explications. ?Je m?étais toujours dit que je rentrerais au pays après mes cinq d?études.? En troisième année, Nasreen change d?avis. Elle convole en justes noces avec Li Wen en juin 2004, quelques mois avant d?obtenir son diplôme.
Réaction des parents ? ?Je suis fille unique et ils attendaient impatiemment mon retour. Quand je leur ai dit que Li Wen acceptait de se convertir à l?islam, cela a arrangé les choses.?
Du côté de Li Wen, la réception est ?froide?. Avec un sourire et tout en traduisant ses propos en mandarin pour son mari, Nasreen nous explique que ?zot ti per ki mo sove parski mo enn etranzer?. La naissance de Jingxi Hassan Alii, aujourd?hui âgé de neuf mois, a réchauffé les relations. ?C?est notre plus belle ?uvre d?art?, dit fièrement Li Wen.
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