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A l’ombre des géants du Menabe
Oubliez Tana, son froid et son tohu-bohu. Tonga Soa (Bienvenue) à Morondava, 1 000 km plus loin dans le sud-ouest encore “presque” sauvage. Le soleil tombe perpendiculairement sur deux femmes. Sur leur tête, elles transportent des paniers de petits poissons argentés, fraîchement pêchés.
Et sur leur visage, tout jaune de masonjoany, des perles de sueur tracent des sillons autour de leur nez avant de retomber sur le sable brûlant. Quelques enfants s’amusent dans l’immense lagon qui scintille. Un peu plus loin, près des mangroves, l’oiseau blanc, imperturbable, picore...
Les notes saccadées d’un djembe déchirent le silence marin. On dirait qu’elles accompagnent le doux clapotement de l’océan. On s’approche. C’est L’Oasis. Un îlot de fraîcheur. La petite cour de l’hôtel baigne dans une ombre bienfaisante. Au milieu d’une douce végétation pousse tranquillement un Andasonia Grandidideri. C’est un baobab jeune de cinquante ou soixante ans. Il n’est guère imposant, il ressemble à une bouteille élancée avec quelques rameaux. Mais d’ici un siècle, ce sera un fabuleux géant.
Jean Chrysostome Razafimandimby, dit Jean Le Rasta (à cause de ses nattes), qui joue au djembe, gère son Oasis autour de l’arbre “sacré”. Cet enfant de Morondava, fils d’agriculteurs, se prosterne devant les baobabs de sa région. Ses notes de djembe sont souvent des plaintes, des supplications, des pleurs. “Quand je vois comment on traite les baobabs, j’ai envie de pleurer.”
Vingt-deux kilomètres de nids de poule plus loin, au cœur du verdoyant Menabe, une quinzaine de touristes japonais et français mitraillent ces géants végétaux, ces immenses arbres qui semblent avoir poussé de travers avec les racines pointant vers le ciel.
Les visiteurs s’immortalisent à côté de ces arbres pluricentenaires. Un vieux Japonais s’éclipse de son groupe. Il s’assoit seul au pied d’un des colosses de la plus célèbre allée de Madagascar. Il ferme les yeux. Il semble méditer. “Les Japonais se recueillent souvent auprès des baobabs. Pour eux, c’est un moment intense que de pouvoir côtoyer ces géants”, confie, presque à voix basse, Jean Le Rasta.
Le vieil homme se relève, jette encore un long regard vers le ciel zébré, touche l’énorme tronc, à côté duquel il paraît si insignifiant. Il est visiblement ému : “C’est incroyable, ces arbres si grands, si puissants, qui résistent à l’épreuve du temps, qui survivent malgré le manque d’eau”.
<B>“Invincibles, immortels”</B>
Le Japonais a voyagé jusqu’ici pour se ressourcer sous les baobabs du Menabe. “Le baobab n’est pas l’arbre le plus haut du monde(1) et on en trouve aussi en Afrique et en Australie, mais se promener sous ceux de Belo sur Tsiribihina procure une sensation qu’on ne ressentira nulle part ailleurs. Le Menabe possède certainement la plus belle allée naturelle du monde”. Personne ne sait vraiment quand, comment et pourquoi les baobabs se sont si sagement alignés. Les aînés du Menabe les ont toujours connus ainsi, leurs ancêtres aussi.
Les anciens écrits malgaches, qui remontent au 18e siècle, les ont toujours décrits ainsi. Et puis, bien plus tard, l’homme moderne est venu, avec ses usines, pour s’implanter près des baobabs. Avec leur technologie, il voulait développer la région. Il a commencé à faire rouler ses grosses machines industrielles. Au départ, personne ne s’en plaignait.
Le développement, disait-on, était enfin arrivé au Menabe. Mais insidieusement, la terre a commencé à boire l’eau sale des usines. Et elle a nourri les baobabs avec. Pour les géants, c’était du poison. Eux, qui ont survécu à tellement d’épreuves des siècles durant, ont commencé à courber l’échine.
Des baobabs, jadis majestueux, surplombant toute la civilisation, ont commencé à perdre leur couronne, et puis ils sont tombés. De tout leur poids. “Cela a été un choc pour la plupart d’entre nous. On les pensait invincibles, immortels”, raconte Jean Le Rasta, entouré de ses amis de l’Association des guides du Menabe
Les gens du Menabe ont réagi. Ils ont alerté les autorités, les Organisations non gouvernementale, la presse. Suite à cette prise de conscience écologique, le massacre des baobabs a été stoppé. Depuis, Jean Le Rasta et ses amis tentent de planter d’autres baobabs. Et conscientisent les visiteurs et les industriels de la région. Leur travail est laborieux, mais les baobabs sont patients. A 17 h 39 ce vendredi, le soleil s’est couché derrière les baobabs. Les flashes des touristes ont crépité une dernière fois.
Demain un autre jour se lèvera. Les hommes vont et viennent à l’ombre des baobabs. Ces géants qu’on immortalise sont des témoins privilégiés de notre passage si éphémère. Pourvu que les géants du Menabe résistent encore longtemps aux activités humaines. Ce sera un cadeau pour les générations à venir...
Note : Le record du plus grand arbre est détenu par le Séquoia géant qui fait 111,60 mètres de haut.
<B>Nad SIVARAMEN</B> (De Madagascar)</I>
<B>Madagascar : une mine d’opportunités à exploiter</B>
Une présentation sur les opportunités d’investissement à Madagascar s’est tenue mardi à la Chambre de commerce et d’industrie de la Réunion. Ces opportunités seraient “immenses” selon Denis Raoeliari-jaona, directeur d’appui à l’entreprenariat au ministère de l’Industrialisation. “Le pays dispose d’abord d’une potentialité humaine. La population est jeune et le coût de la main-d’œuvre est très compétitif, soit 7 à 8 % du prix d’un produit contre 60 % en Europe”.
Autre avantage : la disponibilité des ressources naturelles, avec une agriculture variée sur 905 millions d’hectares. Pour Denis Raoeliarijaona, les secteurs les plus porteurs et prioritaires sont : le tourisme, les mines, la pêche, l’industrie manufacturière tournée vers l’exportation, l’artisanat, l’agriculture, les technologies de l’information et les infrastructures de base.
Évoquant la politique économique de la Grande Île, Denis Raoeliarijaona explique que celle-ci est basée sur la libre entreprise et l’économie du marché et la libre circulation des biens, des personnes et des capitaux. Il ajoute que “l’état sera un facilitateur et soutiendra l’initiative privée, afin d’accroître la confiance des investisseurs aussi bien nationaux, qu’étrangers”.
Denis Raoeliarijaona a tenu à souligner que “tout étranger est autorisé à acquérir des biens immobiliers à Madagascar, mais sous certaines conditions”. Il doit ainsi présenter un plan et un programme d’investissement ; fournir une attestation d’apport de fonds d’investissement égal ou supérieur à 500 000 dollars en devises.
Selon le secteur d’activité exercé, l’autorisation délivrée correspond aux superficies allant de 5000 m2 à 25 000 m2. La possibilité de contracter un bail emphytéotique pour les terrains domaniaux est toujours en vigueur. La durée : 18 à 99 ans avec droit réel susceptible d’hypothèque.
En ce qui concerne les régimes fiscaux, il en existe deux dans la Grande Île, rappelle Denis Raoeliarijaona. D’abord, le régime du droit commun qui s’applique à toutes les activités économiques opérant sur le marché intérieur. Il prévoit des réductions d’impôts et de taxes douanières sur la base des investissements réalisés.
Ensuite, les régimes d’exception, à savoir, le régime préférentiel de zone franche, réservé aux activités orientées vers l’exportation. Denis Raoeliarijaona indique que l’amélioration du cadre législatif régissant le régime de zone franche est à l’étude. “Le but est de l’adapter à l’évolution du contexte international”.
<B>Un premier forum des îles</B>
La première édition du forum des îles se tiendra les 26 et 27 octobre 2005 à Tananarive. Il regroupe Maurice, Mayotte, Comores, la Réunion et Madagascar et aura pour thème principal : la promotion des investissements privés dans les îles de l’océan Indien.
Ce forum présente plusieurs objectifs. “Il vise d’abord à stimuler les projets de partenariat et d’investissement dans les îles de l’océan Indien, et à identifier les partenaires économiques potentiels”, indique Simon Rakotondra-hova, le président de la Chambre de commerce, d’industrie, d’artisanat et d’agriculture de Tamatave. Il souhaite aussi faciliter la réalisation des projets d’investissement et accompagner les investisseurs dans le développement de leur entreprise.
Ce forum servira donc de plateforme de concertation et d’échan-ges. Les secteurs d’activité ciblés sont : l’agroalimentaire, les énergies nouvelles et renouvelables, le tourisme, les technologies de l’information et de la communication et le textile. Le forum comptera 23 porteurs de projets et 114 participants.
L’objectif, souligne Simon Ra-kotondrahova, est d’obtenir 10 con-trats de partenariats signés en bonne et due forme, et la signature de l’acte de constitution de l’union des chambres de commerce de la zone océan Indien. Au caractère tournant, le forum des îles se tiendra chaque année dans une île différente.
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