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FANFARE ?& DISSONANCE ?

30 juillet 2005, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Pas de Big-bang, mais une série de petites choses qui vont se conjuguer pour dynamiser l?économie, avait prévenu le ministre de l?Economie, Rama Sithanen. Il a tenu parole en ce qui concerne la teneur de son programme de relance. L?impact des mesures préconisées, lui, sera mesuré dans le temps.

La mesure phare reste la démocratisation de l?économie. Ce gouvernement entend outiller les Mauriciens pour qu?ils participent plus activement : en devenant entrepreneurs, en accédant à des postes clés dans des compagnies privées, ou encore en participant au capital des entreprises privées et publiques.

Une commission travaille sur un plan d?action pour réussir les objectifs de démocratisation. Un comité mixte secteurs privé-public sera créé pour conseiller le gouvernement sur les meilleures stratégies afin de rester compétitif et créer des emplois.

Le gouvernement se propose de créer un environnement d?affaires prévisible et incitatif en vue d?aider à l?émergence d?un secteur privé fort, dynamique, divers et créatif.

Les secteurs traditionnels de l?économie seront consolidés. Le secteur manufacturier sera encouragé à se restructurer et à épouser la logique des clusters. Une stratégie régionale sera développée pour ouvrir d?autres horizons aux exportateurs mauriciens. Un institut de design et de mode sera créé pour encourager la montée en gamme.

L?agriculture sera revalorisée. La politique existante pour le développement de l?industrie « cannière » et agro-alimentaire sera poursuivie. La diplomatie sera mise au service de l?industrie sucrière afin de protéger les intérêts mauriciens contre la libéralisation sur le marché international. Sur le plan local, la réforme déjà entamée sera poursuivie mais le gouvernement s?engage à atténuer les coûts sociaux et à investir Rs 2 milliards, sur cinq ans, pour soutenir les petits planteurs.

<B>Tonifier des secteurs</B>

Le tourisme aura tous les moyens pour réaliser son potentiel. La politique d?accès aérien sera revue, la promotion sera renforcée et un plan cadre pour le développement durable du secteur sera énoncé.

Un effort significatif sera fait pour diversifier l?économie. Il n?y a pas de nouvelles idées en tant que tel. Simplement, des mesures que le gouvernement estime plus aptes pour tonifier des secteurs comme ceux de l?informatique et de la télécommunication, de la pêche, des services financiers et de la pharmaceutique. L?axe Asie-Maurice-Afrique sera renforcé pour soutenir le port franc. Le commerce sera libéralisé selon un plan prédéfini.

Une série d?initiatives sera prise pour dynamiser l?investissement. La plus significative de celles-ci est certainement la traque aux lourdeurs bureaucratiques. Un organisme permanent sera créé pour assurer la vigilance sur ce plan. L?investisseur n?aura plus à faire les frais des faiblesses du système. L?approvisionnement sera réglementé pour plus de transparence. Une National Shared Investment Strategy sera lancées. Un soutien spécial sera étendu aux petits entrepreneurs. Et un Office of Fair Trading sera créé pour éviter les monopoles et cartels.

Le gouvernement s?engage à poursuivre une politique monétaire qui soutiendra la compétitivité nationale et stimulera l?épargne. L?administration des finances publiques sera assainie. Des structures de suivi seront mises en place pour plus d?efficience dans la gestion des affaires de l?Etat.

L?expérience a démontré que les ressources humaines du pays ne sont pas les qualités pour soutenir ses ambitions économiques. Au cours des cinq prochaines années, le gouvernement se propose de résoudre la disparité habituelle entre la demande et l?offre d?emploi. Un Human Resource Development Plan sera formulé pour prévoir les besoins nationaux en ressources humaines.

Les programmes d?études pour les cycles d?éducation primaire et secondaire seront entièrement actualisés. L?accent sera mis sur les sciences et la technologie informatique puisque l?économie prend une orientation résolument high tech.

L?éducation supérieure, qui fera l?objet d?un livre blanc, sera rendu plus accessible grâce à un plan de financement qui sera proposé aux intéressés.

Les programmes de formation seront également revus. L?Etat entreprendra une étude nationale portant sur le développement des ressources humaines dans les petites et moyennes entreprises. Le Levy Grant Scheme, introduit pour financer la formation, sera revu. Une Chambre des Métiers sera créée pour encourager l?artisanat local.

Les recalés, selon leur niveau, seront repêchés par des institutions polytechniques. Au nom de la continuité, les écoles secondaires retourneront à leurs anciens modes d?opération : offrir des cours allant de Form I à la Form VI. Les écoliers pourront voyager gratuitement par autobus.

<B>L?Etat providence consolidé</B>

Un hôpital spécialisé pour les enfants, la réforme du service d?urgence pour assurer plus de fluidité, une attention urgente à la prolifération du sida et du diabète, l?application de la charte des patients? Le gouvernement entend ainsi rehausser le service de santé publique. Tout un programme.

Une amélioration du service primaire de soins est au centre de cette réforme. Elle vise à alléger les hôpitaux régionaux du flux de patients. La rénovation des hôpitaux, ainsi qu?un plan de formation et de recyclage pour maintenir la qualité des professionnels, est également au programme. Il est notamment question d?encourager l?établissement d?écoles privées pour infirmiers.

Le système de pension sera réformé en vue d?en assurer la viabilité dans la durée. En attendant, on ne cible pas : la pension de vieillesse sera de nouveau universelle. La création et l?adhésion à des plans privés seront encouragées. Les entrepreneurs seront encouragés à investir dans des maisons de retraite et les enfants à garder à la maison leurs parents vieillissants.

La politique existante d?un toit pour chaque famille est maintenue. Ce gouvernement entend mettre l?accent sur le logement social. Il se propose de procéder à un audit des terres disponibles pour le logement et de les répertorier au sein d?une Land Bank.

Un effort spécial est prévu pour permettre aux femmes de devenir propriétaires d?un terrain. Tout un volet du programme quinquennal est consacré à l?équipement de la femme pour lui permettre d?améliorer son statut social, économique et politique.

Il est également question de protéger et préserver la cellule familiale. Ainsi, les dispositions existantes pour la prévention et la protection contre la violence domestique seront renforcées. Le gouvernement prévoit d?adopter une politique nationale portant sur la famille. Une initiative similaire est prévue pour ce qui est des sports, de la jeunesse et des loisirs.

Comme promis durant la campagne électorale, une Commission Justice et Vérité sera instituée pour réconcilier les Mauriciens avec leur passé d?esclaves et de travailleurs engagés.

Le système électoral sera réformé. Le projet de municipalisation du pays sera abandonné et les élections villageoises réintroduites. Les administrations régionales auront une autonomie accrue. Toujours dans le but de renforcer la démocratie, le gouvernement se propose de soutenir l?installation de la télévision privée.

Il compte reprendre son ancien plan de réforme judiciaire, datant d?avant 2000. Rapidité et efficience sont promises. Le système de juge d?instruction sera introduit dans un souci d?assurer plus de transparence et d?équité.

Il est également prévu de renforcer le service d?ordre et de la sécurité publique. Formation de policiers, surveillance électronique, service d?intelligence moderne? aucun effort ne sera épargné, promet le gouvernement. De même, les dispositions pour combattre la corruption seront renforcées, avec un effort spécial pour protéger les droits du citoyen.

<I>Un décorum réduit au strict minimum pour l?ouverture protocolaire de la session parlementaire. Un discours-programme truffé de coups de griffe vis-à-vis de la présidence et du gouvernement sortant. Un président tendu, un leader de l?opposition irrité. Le ton est donné et la crise loin d?être finie.</I>

Malgré le froid qui persiste entre l?hôtel du gouvernement et la présidence, et la tension qui s?est accrue avec le remaniement de la Public Service Commission (voir texte plus loin), il y a bien eu tapis rouge, vendredi, à l?hôtel du gouvernement, en l?honneur de sir Anerood Jugnauth venu inaugurer la nouvelle session de l?Assemblée nationale. Mais contrairement aux fois précédentes, il y a eu changement de décor.

Le tapis, déroulé pour l?occasion, partait de l?entrée latérale de l?hôtel du gouvernement, accès généralement utilisé par les traiteurs et les véhicules du ministère des Infrastructures publiques. D?ordinaire, il est installé à partir de l?entrée principale, au pied de la statue de la reine Victoria, là où s?arrête la voiture présidentielle. Point de parade ni de fanfare de la police à l?arrivée de sir Anerood Jugnauth. L?orchestre de la police était perché sur la mezzanine du Vaghjee Hall. À l?entrée du président, il a joué la fanfare présidentielle, puis l?hymne national avant et à la fin du discours-programme. « Un strict minimum pour une telle circonstance », reconnaît l?un des invités de marque.

Le président a fait le déplacement sans son épouse. Il est accueilli par le nouveau speaker, Kailash Purryag, et le Clerk, Ranjit Dowlatta. Il se dirige vers le Vaghjee Hall sans regarder personne. Il paraît tendu et semble avoir hâte d?en finir. Il sait déjà ce que contient le document qu?il va lire, pour en avoir obtenu une copie la veille.

En vieux renard, il sait surtout que ce sera un nouveau palier dans cette guerre des nerfs qui fait actuellement rage entre Port-Louis et Le Réduit.

<B>L?attaque est frontale</B>

Il n?a pas totalement tort. Même si le discours est truffé de « My Government », il n?en reste pas moins que le texte égratigne à la fois la présidence et le gouvernement précédent. L?actuel pouvoir met les deux dans le même panier. L?attaque est frontale en ce qui concerne le comportement de l?ancien gouvernement durant la campagne électorale.

Les premières salves sont dirigées vers l?ancien Premier ministre et ministre de l?Intérieur. Le document consacre plusieurs chapitres à la dégradation du « law and order », et de ses conséquences socio-économiques. Il parle de relancer le processus de réforme de la police engagé en 1999-2000, de la détermination à combattre la fraude et la corruption et d?une révision de la loi concernant l?Icac.

Alors que pour bon nombre d?observateurs étrangers, les élections se sont déroulées de manière « free and fair », les nouveaux locataires de l?hôtel du gouvernement maintiennent ce qu?ils ont toujours dit durant les derniers jours de la campagne électorale. Le texte parle d?abus de l?appareil d?État et de pots-de-vin. Il annonce que le gouvernement entend étendre les pouvoirs de la commission de supervision électorale pour contrer de telles entorses.

Ces changements seront apportés dans le cadre d?une réforme à plusieurs volets de notre système électoral.

« Reform of the electoral system will be implemented along with changes in the supervision of the electoral process to ensure that abuses of state machinery and electoral bribes as witnessed during the last electoral campaign are monitored and checked by the Electoral Supervisory Commission. The Commission will also be given power to ensure that acts binding the State are not done by an outgoing Government during an electoral campaign except where these are urgently required. »

La présidence en prend également pour son grade, de même que l?ancien ministre de la Santé et le MSM.

En ce qui concerne la présidence, le gouvernement indique son intention d?instituer une commission constitutionnelle pour revoir le mode d?élection, les pouvoirs, les devoirs et les fonctions du locataire de la State House.

Il enchaîne avec l?annonce d?une commission d?enquête sur les abus passés de l?appareil d?état, le trafic d?influence et les profits obtenus par les partis politiques et les entités annexes, les actes frauduleux ainsi que la mauvaise utilisation des pouvoirs discrétionnaires par des officiels.

Même si pareil enchaînement n?est que fortuit, pas besoin d?être devin pour comprendre que, même sans le nommer, le nouveau pouvoir a le Sun Trust dans son collimateur.

<B>Critique virulente contre l?ancien ministre de la Santé</B>

La critique est tout autant virulente à la fois contre l?ancien Premier ministre et l?ancien ministre de la Santé en ce qui concerne la gestion du dossier sida, dossier piloté à l?époque par un comité présidé par Paul Bérenger lui-même.

Aux yeux de l?actuel gouvernement, les statistiques concernant la prolifération de cette infection sont alarmantes et démontrent que « la question a été fortement négligée ».

Le gouvernement n?est pas non plus satisfait de la façon dont les services de santé ont été gérés ces dernières années. Il y voit « a lack of global vision and a lack of attention to targeted primary health care ». Et promet d?y remédier.

Coup de griffe également contre la politique culturelle du précédent gouvernement. Pas question de suivre l?ancienne pratique de compartimenter et de fragmenter notre tissu social. À la place, le gouvernement compte concevoir une politique qui vise à promouvoir l?unité nationale.

Une unité souhaitée par tout un chacun, mais qui semble néanmoins précaire dans la classe politique. Pour s?en rendre compte, il n?y avait qu?à observer la mine de l?opposition et celle de sir Anerood Jugnauth pendant la cérémonie protocolaire de vendredi après-midi.

Les députés de l?alliance MSM-MMM ont d?ailleurs boudé la dernière tranche de la séance parlementaire.

Visiblement irrité par le contenu du discours, le leader de l?opposition a refusé de le commenter à chaud. Cependant, à sa conférence de presse d?hier, il a soutenu que, dans le ton, le gouvernement « ne sait pas faire de différence entre un meeting public et la solennité d?un événement aussi important que la lecture du discours présidentiel ».

Pour sa part, le Premier ministre estime qu?il y a complot entre le président, le leader de l?opposition et Harish Boodhoo pour lui « mettre des bâtons dans les roues ».

Il est donc évident que la trêve annoncée, il y a deux semaines, par l?opposition, a déjà du plomb dans l?aile. Sous de tels auspices, on va sans doute assister à un démarrage au quart de tour, lorsque l?Assemblée va se réunir, le 9 août, pour amorcer les débats sur le plan gouvernemental des cinq ans à venir.

Navin Ramgoolam : « Li dan so lintere pou li ale »

Navin Ramgoolam n?y va pas par quatre chemins. Il a affirmé haut et fort, hier, qu?il existe un profond différend entre lui et sir Anerood Jugnauth et qu?il n?a plus confiance en ce dernier.

Lors de son premier point de presse depuis l?installation de son gouvernement, le Premier ministre parle aussi de « complot entre le président, Paul Bérenger et Harish Boodhoo » pour faire gripper la machine gouvernementale de façon à l?empêcher d?entreprendre durant les 100 premiers jours, ce qu?il a en tête.

Nous avons vainement essayé hier d?obtenir les commentaires de sir Anerood. À notre premier coup de téléphone, vers 14 heures, un préposé nous a répondu que le président était avec des invités. Même réponse une heure après. Notre interlocuteur a alors ajouté que le président nous demandait de rappeler plus tard. Toutefois à notre troisième coup de fil, on nous indiquait qu?il était sorti. La personne qui nous a parlé prétend ne pas savoir où le joindre.

Un proche de sir Anerood nous a cependant confié que ce dernier « n?avait nullement l?intention de s?en aller ».

Toujours est-il que le Premier ministre est bien remonté contre l?occupant de la State House. « Il est évident que le président s?est comporté comme un agent politique. Il existe un conflit d?intérêts et on ne peut s?attendre à ce que moi, qui viens d?obtenir le mandat du peuple pour être Premier ministre et pour diriger le pays, je lui soumette des Cabinet Papers. Cela équivaudrait à remettre de tels documents, classifiés secrets, à Paul Bérenger et à Pravind Jugnauth. »

Le courant a du mal à passer entre les deux principales personnalités. Elles n?ont eu aucune concertation sur les affaires de l?État depuis le 3 juillet. La seule fois où le Premier ministre et le président se sont adressé la parole, c?était à l?occasion de la fête nationale française. Des civilités, rien de plus.

<B>Un chapelet de reproches</B>

Le chef du gouvernement ne prévoit cependant aucune démarche sur le plan constitutionnel pour provoquer la démission du président. Il n?en a d?ailleurs pas les moyens, faute de majorité parlementaire requise.

Navin Ramgoolam note néanmoins que sir Anerood « a servi le pays comme Premier ministre et sait que pareille responsabilité n?est pas facile ». Il l?invite à « faire preuve de bon sens et à tirer les conséquences de la défaite subie le 3 juillet par ceux qui l?avaient désigné à la présidence, suivant l?accord politique conclu en août 2000 à la clinique Med-Point ».

Il en a profité pour égratigner deux anciens ministres du MSM. En l?occurrence Pravind Jugnauth et Nando Bodha qui avaient participé aux négociations avec l?Union européenne sur le dossier sucre. Il estime que le cas a été mal défendu, de sorte que le commissaire Louis Michel n?a pas eu une idée exacte de l?incidence d?une éventuelle réduction du prix du sucre sur notre économie. Il affirme avoir soulevé la question avec Jacques Chirac et Louis Michel lors de son récent séjour à Tana, à l?occasion du sommet de la Commission de l?océan Indien. Le président français a, dit-il, fait un vibrant plaidoyer en notre faveur.

Il a égrené tout un chapelet de reproches à l?égard du président. D?abord son comportement lors de la partielle de décembre 2003 à Piton-Rivière-du-Rempart. Il affirme que sir Anerood aurait « animé des réunions politiques pour appuyer le candidat du MSM » à un moment où il avait Pravind Jugnauth comme adversaire direct. « Kan so garson dir ki bataille là entre moi ek li, ki ène bizoin fini, ène bizoin resté. »

Il le blâme pour sa déclaration faite durant la dernière campagne à l?occasion d?une fonction organisée par le Sugar Investment Trust. « En tournant en dérision ma promesse de changer la vie des gens en 100 jours, c?est à moi qu?il s?est directement attaqué. Son épouse a fait ouvertement campagne en faveur de Pravind Jugnauth. À la suite de quoi, la commission électorale avait adressé une note à la présidence pour souligner qu?une telle démarche était inconvenante. Mais le président n?en a pas tenu compte. Li fine faire fi à cette lettre qui fine sans doute déchiré en quatre et jette dans panier. » Il lui reproche de n?avoir rien fait, depuis son installation à la State House en 2003, pour faire enlever son nom des chèques utilisés par le Sun Trust qui ont servi à régler des dépenses électorales.

<B>Le président se doit de tirer les conséquences</B>

Aux yeux du Premier ministre, il est évident que le président n?a pas su rester au-dessus de la mêlée. Mais les reproches ne s?arrêtent pas à son comportement pendant la campagne.

Il lui en veut aussi pour avoir « ignoré complètement » ses propositions lorsqu?il s?est agi de remanier la Public Service Commission. Tout comme il n?a pas non plus digéré la présence du président à une réception offerte par Jayen Cuttaree, leader adjoint du MMM.

Il souligne que le leader de l?opposition en avait profité pour tenir un discours politique avec en filigrane son intention de « déboulonne Ramgoolam dan 5 ans ». Il rappelle que pour « moins que ça, sir Anerood avait limogé Paul Bérenger en 1993 lorsque ce dernier, qui était ministre, m?avait invité à dîner ».

Pour toutes ces raisons, Navin Ramgoolam trouve que le président se doit de tirer les conséquences. « Il ne peut prétendre pouvoir exercer son droit de simple citoyen tout en restant en fonction. » Et se fie à son bon sens. « Mo attanne ki li éna assez bon sens pou li compran ki li dan so lintérêt pou li allé. »

À entendre ce qui se dit dans l?entourage du président, il existe pourtant peu de chances pour que sir Anerood s?en aille. Le différend reste donc entier.

<B>Dissidence autour de nominations</B>

Coup de Jarnac de la présidence autour de la reconstitution de la Public Service Commission (PSC) et de la Disciplined Forces Service Commission (DFSC). Du moins c?est ainsi que Navin Ramgoolam le prend.

A son point de presse d?hier, il a affirmé que le président a complètement ignoré la liste qu?il lui avait fait parvenir concernant les personnes qu?il souhaitait voir siéger au sein de ces deux institutions. « Chose qui ne s?est jamais vue. » Il lui paraît évident que le président s?est concerté avec le leader de l?opposition à propos de ce dossier puisque, à son avis, certains de ceux qui viennent d?être nommés seraient « des partisans notoires de l?alliance MSM-MMM ». Le Premier ministre affirme que de ce fait, il n?a pu y faire nommer un représentant syndical comme il l?avait promis durant la dernière campagne électorale.

À l?heure des questions, il a ajouté que les deux listes, la sienne et celle du président, « se sont croisées en route ». Il a cependant affirmé que le nom d?un seul de ceux qu?il avait recommandés a finalement été retenu.

Un des membres nommés à la DFSC affirme avoir reçu un coup de fil du bureau de la résidence, mardi, lui demandant s?il était disposé à en faire partie. « On m?a expliqué qu?il fallait que je me décide tout de suite. »

<B>Paul bérenger « C?est indigne »</B>

« Enough is enough. » Telle est la mise en garde lancée à Navin Ramgoolam, samedi matin, par Paul Bérenger, leader de l?opposition. « La lecture du discours-programme par le président de la République est une indication que la Constitution a été respectée. Cependant, le gouvernement a été dans l?incapacité à faire la différence entre le ton des discours d?une campagne électorale et le ton qu?exige la solennité du discours-programme. Ce discours contient beaucoup de conneries et des slogans creux que l?on a entendus lors de la campagne électorale. C?est choquant. C?est indigne. »

Parmi ces « slogans creux », Paul Bérenger repère, entre autres, la déclaration selon laquelle les principaux indicateurs économiques sont dans le rouge, le recul de la lutte contre la pauvreté, la détérioration de la situation au niveau du respect des lois et de l?ordre public, la justice à deux vitesses, le manque de volonté de l?ancien gouvernement à combattre la corruption, la « compartimentalisation » culturelle de la société et la lutte contre le virus du sida qui, selon le gouvernement, a été un échec.

Paul Bérenger soutient toutefois que l?opposition gardera sa sérénité et ne suivra pas le gouvernement dans sa logique d?affrontement. Quoiqu?il promette de faire de « l?opposition constructive », le ton du discours a eu un effet d?entraînement sur le type de relation que Paul Bérenger voulait établir avec le nouveau gouvernement. « Entre le gouvernement et nous, ce n?est pas le grand amour non plus. S?il continue sur cette lancée, il est clair que le temps de grâce que nous lui avons accordé ira en s?écourtant. »

Pravind Jugnauth, leader du MSM, n?y est pas allé de main morte non plus. « Ce discours-programme n?a été ni plus ni moins qu?un chapelet de slogans archi-répétés avec des effets d?annonce dans la pure tradition du Parti travailliste. »

Paul Bérenger a qualifié de mesquineries deux décisions du ministère des Administrations régionales. L?une concerne la mise en veilleuse du déplacement d?une délégation du conseil municipal de Curepipe, à Rome, dans le cadre d?un projet de jumelage avec la ville de Castel Gondolfo où se trouve la résidence d?été des papes. L?autre décision a trait à une communication expédiée aux municipalités leur demandant de soumettre une liste de projets susceptibles d?être réalisés dans un laps de temps correspondant aux 100 jours.

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