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Construire l?avenir ? et des bateaux

10 juillet 2005, 20:00

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Enfant, il rêvait de construire son propre bateau. Il n?y a pas renoncé. Au fil des ans et des visites à l?étranger, l?idée a fait son petit bonhomme de chemin. Aujourd?hui, non seulement Ravin Bheenick y est-il parvenu, mais il finalise un deuxième bateau de loisir.

Cet ancien directeur d?hôtel devenu armateur termine, en effet, la construction d?un petit bijou de 50 pieds de long au coût de Rs 6 m. Les affaires semblent bien marcher, puisque sa société, Ile Tropique Voyages Ltd, compte construire deux nouveaux bateaux pour des étrangers. Le chantier, qui se trouve à Vieux-Grand-Port, emploie 14 personnes. Il y a 11 ans, lors de nombreuses visites dans les foires internationales de tourisme, l?idée de se lancer dans la construction de bateaux de loisir commence à germer. ?Après plusieurs foires, j?ai compris que cela pouvait devenir un créneau d?avenir à Maurice.?

L?ancien hôtelier ne perd pas une minute. Il suit une formation intense de trois mois à Saint-Nazaire, en France. Ce chantier naval a réalisé les plus grands bateaux au monde, dont le Queen Elizabeth II. ?A part les revues maritimes que je collectionnais, je n?avais pas véritablement de formation dans ce domaine.? Le travail est intense mais il tient bon. Et obtient son diplôme de Saint-Nazaire.

De retour à Maurice, Ravin Bheenick obtient sa première commande pour un bateau de loisir. ?A travers les relations que je me suis tissées, j?ai décroché un contrat avec un client à Madagascar.? Le bateau est fait en bois traité importé de Malaisie, mais aussi de bois acheté localement. Il contient deux chambres, salon, douche, toilettes, ainsi que des équipements au coût de Rs 3,5 millions. La main-d??uvre est recrutée localement.

La construction de ce premier bateau ne se fait pas sans peine. ?Au début, ce n?était pas évident pour les employés qui n?avaient jamais construit des bateaux de cette taille. Mais ils se sont immédiatement adaptés.? En ce qui concerne le bateau qui est actuellement en phase de finition, il est en chantier depuis bientôt deux ans. ?Nous l?avons construit pour des virées touristiques en mer.?

Ravin Bheenick en est sûr : ce secteur a un vrai potentiel de développement. Le paradoxe, c?est que Maurice est entourée de mer sans pour autant que ce créneau ait véritablement été exploité. Pourtant, certains groupes y ont réussi. A l?image de Grand River North West Boatyards, ou encore Taylor Smith, qui termine la construction du bateau le plus rapide au monde.

Pour développer ce secteur, explique l?armateur, il est important de former des charpentiers de marine et d?offrir des mesures incitatives aux petites et moyennes entreprises. Déjà, beaucoup de clients étrangers font construire leurs bateaux de loisir à Maurice. La raison est simple. ?Cela leur revient beaucoup moins cher que de le faire construire en Europe, et ils savent qu?ils auront un produit de qualité.? Selon lui, la construction d?un bateau au coût de Rs 6 millions à Maurice aurait avoisiné les Rs 30 millions au Port de Marseille.

Au niveau de la région aussi, affirme-t-il, il y a de nombreuses opportunités. ?La construction d?un bateau revient extrêmement cher à la Réunion contrairement à Maurice où le prix est beaucoup plus abordable.?

En attendant, Ravin Bheenick se prépare à construire deux nouveaux bateaux.

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