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« Nous sommes médecins avant toute chose »
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« Nous sommes médecins avant toute chose »
Vous êtes ici pour former des médecins légistes. Que leur apprenez-vous ?
Notre objectif est de leur faire part des méthodes que nous développons en France, de leur faire connaître les nouvelles techniques et leur intérêt dans la résolution des cas difficiles.
Vous avez dû faire un constat sur la façon dont procèdent les experts mauriciens. Quel changement préconisez-vous afin qu?ils soient à la page ?
Ils ne pèchent pas tant dans les connaissances intrinsèques que dans leur bonne utilisation. Il faut impérativement qu?ils disposent des plateaux techniques nécessaires pour mener à bien leur tâche. Nous les conseillons aussi sur la méthode de rédaction des rapports d?autopsie, pour que la rigueur scientifique dont ils font preuve soit lisible. Cela facilitera la compréhension des rapports d?autopsie, et donc le travail des magistrats et des enquêteurs. Mais le plus grand handicap dont ils souffrent se situe au niveau des moyens
Quelles sont les nouvelles techniques de détection des cas d?agression sexuelle et de meurtre, et que proposez-vous de plus ?
Nous disposons de techniques de détection rapide du sperme, avec des résultats que l?on obtient en une minute. Une étude est actuellement menée pour que cette méthode soit validée à Maurice pour toute personne victime de violences sexuelles.
Combien de temps faut-il, en France, pour avoir les résultats d?une analyse ADN et quel est le protocole adopté pour un homicide ?
Les résultats sont rendus dans des délais variables, en fonction de l?urgence et de l?importance de l?affaire, mais aussi et surtout en fonction de la technique utilisée. Cela dépend également du nombre de prélèvements effectués. Pour les homicides, ils sont réalisés dans toutes les zones susceptibles d?avoir été en contact avec l?agresseur?
Vous avez sans doute appris ce viol d?une fillette de deux ans. Avez-vous déjà travaillé sur ce genre de cas ?
Les violences sexuelles sur une fillette de deux ans, comme chez toute personne, ont des conséquences très importantes pour les victimes, avec, parfois, des séquelles. La prise en charge doit être médicale (soins médicaux et psychologiques?), mais également médico-légale (prélèvements divers et orientés, certificats médicaux?).
La prise en charge est codifiée, mais bien entendu adaptée à chaque cas. C?est une des facettes de la médecine qui est difficile à prendre en charge par les légistes.
Croyez-vous encore en l?homme après les horreurs dont vous avez été témoin ?
La médecine légale ne prend pas en charge que des « horreurs », dans la mesure où les médecins légistes ne font pas que des autopsies ou des prises en charge de victimes. Leurs activités peuvent concerner l?encadrement de patients « classiques », l?enseignement, la recherche médicale, les travaux en laboratoire? En fonction des cas et de sa propre expérience, il est néanmoins plus facile de croire en l?Homme qu?en l?homme.
Quelles qualités faut-il avoir pour être un bon médecin légiste ?
Outre les qualités humaines que l?on voudrait tous avoir, il est nécessaire d?être humble et prudent dans les conclusions que l?on va donner, en n?oubliant jamais que nous sommes médecins avant toute chose, et que nous devons défendre les intérêts des patients en aidant au mieux la justice.
■ Propos recueillis par Vel MOONIEN
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