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Une stratégie de lobby plus efficace
La carte politique est tout ce qu?il reste à jouer pour secourir le sucre mauricien. Comme le dit Joseph Vaudin, chief executive de FUEL, toutes les avenues qui auraient pu être explorées l?ont été. Et c?est tout aussi bien qu?Arvin Boolell et Madun Dulloo aient été chargés du dossier. Ils pourront se mettre en selle tout de suite.
Vu l?urgence, le nouveau gouvernement s?est organisé dès sa formation pour discuter stratégie. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a hier présidé un comité interministériel à cette fin. Le comité a planifié jusqu?en novembre, quand l?Union européenne espère entériner la réforme du régime sucrier communautaire. Il est également question d?affiner la stratégie de lobby pour la rendre plus efficace.
Les vice-Premiers ministres, Rama Sithanen et Rashid Beebeejaun, respectivement responsables des Finances et de l?Economie et des Infrastructures publiques, ont participé à la session de travail. Madun Dulloo et Arvin Boolell, ministres des Affaires étrangères et du Commerce international, et de l?Agro-industrie et de la Pêche, ont apporté leur contribution d?hommes maîtrisant le dossier. Rama Valayden et Rajesh Jeetah, ministres de la Justice et de l?Industrie, ont également participé.
Le lobby démarre tout de suite. Arvin Boolell, nouveau porte-parole du groupe des pays d?Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) producteurs de sucre, quitte le pays demain pour Bruxelles. Avec son homologue jamaïcain, il plaidera le cas ACP devant les comités sur le développement et le commerce international du Parlement européen, mercredi à Bruxelles.
« La commissaire Mariann Fischer Boel fait déjà le tour des capitales européennes pour réunir le soutien à son projet de réforme. Il nous faudra en faire autant, mais dans l?autre sens », indique Arvin Boolell.
Nécessité d?une compensation adequate
Maurice interviendra en trois temps. Elle approchera d?abord les pays sympathiques à la cause des ACP. Ensuite, seront ciblés les pays qui veulent ménager la chèvre et le chou, comme la France et la Pologne. En dernier lieu, on s?attachera à gagner les pays fortement en faveur de la libéralisation commerciale mais qui reconnaissent la nécessité de compenser adéquatement les partenaires affectés. L?Angleterre, présidente de l?UE, est rejointe en cela par des pays comme la Suède, Chypre et Malte?
« Nous allons tenir un langage politique. Nous allons faire comprendre aux Européens qu?ils sont en train de mettre en péril le gagne-pain des gens. Nous nous efforcerons de leur faire comprendre la nécessité de réduire le quantum de baisse et d?étendre le délai d?exécution », explique Boolell.
Très probablement, il devra aussi, à défaut, négocier une compensation supérieure à celle offerte à ce stade. La communauté sucrière locale fonde de grands espoirs sur lui. La campagne sucrière entame sa vitesse de croisière, les dernières usines ? Mon Loisir et Belle Vue Mauricia ? se mettant à rouler cette semaine.
La Commission européenne propose une baisse de 5 % en 2006 du prix du sucre ? actuellement 523 euros. Cette hausse passera à 24 % l?année suivante, 29 % l?année d?après et à 39 % en 2009. Le Conseil européen se penche sur cette proposition lundi prochain. Les sucriers européens ont programmé une manifestation monstre dans les rues de Bruxelles ce jour-là. Maurice y participera.
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