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Compte à rebours pour une évacuation
Le compte à rebours a commencé pour les 2 000 squatters des appartements de la National Housing Development Company Ltd (NHDC). Ils ont jusqu?à mercredi pour évacuer les 400 maisons qu?ils occupent depuis deux semaines. Le cas échéant, la police appliquera probablement les mesures nécessaires, jeudi, pour qu?ils vident les lieux.
Le gouvernement a décidé, vendredi, de prendre le taureau par les cornes. Après le dialogue, vient le temps de l?action. Des mesures fermes seront appliquées contre les récalcitrants, avertit le ministère du Logement et des terres. Le Trust Fund for the Social integration of vulnerable groups se penchera sur le cas de ceux qui sont réellement dans le besoin.
À Cité La Cure, un des sites illégalement occupé, ces annonces ne font ni chaud ni froid. Interrogés hier, les squatters s?entêtent à camper sur leurs positions. « Nou pa pou ale tan ki gouvernma pas donn nou enn lacaz ! Tou le tem nou pou rest malere mem nou ? » crie une mère de famille.
Ce sont la pauvreté et la promiscuité, disent-ils, qui les ont poussés à recourir à ces moyens répréhensibles. Les détenteurs d?un compte Plan épargne logement (PEL) fustigent, eux, la lenteur de la NHDC à leur fournir un toit.
Alors, ils persistent à vivre sans eau ni électricité et à priver leurs enfants d?école. Pour faire vibrer la corde sensible des décideurs, ils les mettent en avant en leur recommandant de prendre un air triste pour la photo? Les enfants s?empressent d?aller rejoindre leurs camarades qui jouent plus loin pendant que les adultes vaquent à leurs occupations. La scène est la même à La Tour Koenig, Camp-Levieux, Terre- Rouge et Chebel.
Ces événements ont chamboulé les plans de la NHDC, le calendrier de livraison ayant pris du retard. Ehsan Khodabocus, le directeur général, estime que les travaux pourraient être achevés d?ici deux mois, à condition que les appartements soient libérés cette semaine. « Tout dépendra des squatters. Je leur demande de revenir à la raison et de suivre les procédures comme tout le monde. Il y a des gens qui ont économisé sou après sou pour acquérir une maison, d?autres sont en projet de mariage. Ce n?est pas juste pour eux. »
En attendant, la compagnie poursuit les procédures d?allocation. À Camp-Laboue et à Bambous, plusieurs maisons de type Firinga ont déjà trouvé propriétaires. Qu?en est-il des appartements destinés à la classe moyenne ? La NHDC explique que la plupart des appartements occupés n?ont pas encore été alloués. « Nous avons fait des interviews pour l?allocation des logements. Mais les lettres d?offres n?ont pas encore été envoyées », souligne Ehsan Khodabocus.
Communiqué de la police
Des dépositions ont été consignées par la NHDC suite à l?occupation illégale de ses maisons dans plusieurs endroits. La police informe le public que ce délit est punissable sous les dispositions de l?article 352 du Criminal Code et toute personne qui enfreindrait ces dispositions est passible d?une amende ne dépassant pas Rs 50 000 et d?une peine d?emprisonnement ne dépassant pas dix ans.
La police fait un appel pressant à tous les squatters de ces maisons pour qu?ils évacuent les lieux dans les plus brefs délais. Faute de quoi, la police n?hésitera pas à employer les moyens nécessaires pour faire respecter la loi. Ces maisons doivent être restituées à la NHDC pour que les travaux d?infrastructure puissent être complétés.
La police met aussi en garde contre tout acte de vandalisme ou de pillage à l?égard de ces unités de logement. La force policière compte sur votre coopération pour une île Maurice plus juste.
Ramanooj GOPALSINGH, Commissaire de police
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