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La DWC dément Kher Jagatsingh
Le président et le directeur exécutif de la Development Works Corporation (DWC) s’insurgent énergiquement contre les propos tenus précédemment à Goodlands par le ministre de l’Education, Kher Jagatsingh. MM. Michael Leal et Oomashankar Hawaldar soutiennent que la DWC, son encadrement et son personnel, se sentent humiliés par ces propos ministériels et tiennent à les démentir de la façon la plus formelle. Ils reprochent au secrétaire général du PTr d’avoir insinué que les Mauriciens ne doivent pas se plaindre du faible rendement de ces employés car leurs salaires seraient une allocation de chômage déguisée.
Prenant la parole, à Goodlands, lors d’un meeting d’explications, Jagatsingh a, en effet, déclaré cela. Il rappelle que c’est un fait connu que les fonctionnaires ont un rendement inférieur à celui des employés du secteur privé. Maurice ne fait pas exception à cette règle. Il dit même connaître des personnes préférant une planque moins bien rémunérée, au sein de la fonction publique, plutôt que d’accepter un poste plus lucratif, dans le secteur privé mais où l’employeur est plus exigeant quant à la productivité des salariés. Il reproche à la DWC de coûter aussi cher à l’Etat quand le gouvernement doit emprunter Rs 300 millions pour mettre sur pied la Cargo Handling Corporation.
Michael Leal rappelle que la DWC compte (en 1980) neuf ans d’existence. De simples employés un bas de l’échelle ont attiré son attention sur la gravité des propos de Kher Jagatsingh. A son arrivée, sur le chantier de rénovation du collège Royal à Curepipe, les travailleurs se rassemblent autour de lui pour lui exprimer leur colère, leur exaspération et leur sentiment d’humiliation. Ils sont partagés entre deux réactions. Dans le premier cas c’est le sentiment d’humiliation qui prévaut. Les propos de Jagatsingh équivalent à les rabaisser au niveau dégradant de demandeurs d’aumône. Dans l’autre, c’est le sentiment d’injustice qui domine : pourquoi se montre-t-on si exigeant sur le rendement à produire s’ils doivent recevoir une allocation de chômage déguisée ? Pourquoi les faire travailler s’ils sont de simples assistés ?
Michael Leal rappelle que la DWC est créée en 1971 pour procurer un emploi et occupation professionnelle à des pères de famille en chômage. Cela fait partie du programme “Un travail pour tous”. Elle se veut une amélioration concrète du travail de relève, si déconsidéré, dans les années 1960, que le populo le baptise bien vite “Quatre jours à Paris”. Sir Seewoosagur Ramgoolam, lui demande de démissionner comme député correctif et ministre des Travaux pour diriger le nouvel organisme para-étatique. Il accepte donc de quitter… le cabinet pour la DWC. Les conditions sont précaires. Il y a certes une loi, celle régissant le fonctionnement du nouveau corps para-étatique. Mais il n’y a ni siège social, ni bureaux, ni personnel et surtout pas de budget. Tout doit être créé de zéro.
Il met tous les travailleurs disponibles sur le chantier de la construction de la route de la Montagne des Signaux et sur celui de l’érection d’un mur de clôture autour de l’enceinte de la prison de Petit Verger. Plus tard, un budget et des moyens logistiques permettent à la DWC d’offrir un salaire décent et honnête à des milliers de travailleurs non qualifiés, de les former sur le plan professionnel et de les responsabiliser.
Londres accepte ensuite de mettre à la disposition de la DWC les services d’un ingénieur, un prêt substantiel, des véhicules, des équipements. Elle peut élargir ses ambitions. Elle soumet ses propositions quand le gouvernement émet des appels d’offres, entrant ainsi en concurrence avec les autres firmes de construction du secteur privé. Elle répond présent chaque fois que le gouvernement sollicite ses services. Ses activités se diversifient graduellement. Elle se lance même dans l’exportation de fonds de chaise cannés ou paillés. Elle met un point d’honneur à toujours livrer un travail impeccable et en temps voulu. Elle ne peut donc accepter qu’un ministre, l’ayant portée sur les fonts baptismaux et l’ayant recommandée auprès de la Banque mondiale, vienne à présent traiter ses employés comme des assistés de l’Etat.
L’express profite de cette conférence de presse pour reproduire le “règlement du chef” suivant, affiché dans le bureau de Michael Leal : “Article 1 : le chef a raison 2 : Le chef a toujours raison 3 : Même si un subalterne a raison, l’article 1 s’impose 4 : Le chef ne boit pas, il goûte 6 : Le chef ne dort pas, il se repose 7 : Le chef n’est jamais en retard, il est retenu 8 : Le chef ne quitte jamais le service, il est requis ailleurs 9 : Le chef n’a pas de relations avec sa secrétaire, il la forme 10 : Le chef ne lit jamais les journaux au bureau, il les étudie 11 : On entre dans le bureau du chef avec ses idées, ou en sort avec les siennes 12. Plus on critique le chef, moins a-t-on de primes 13. Le chef est obligé de penser pour les autres”.
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