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Huit morts dans des affrontements à Addis Abeba
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Huit morts dans des affrontements à Addis Abeba
Huit Ethiopiens ont été tués et de nombreux autres blessés hier après trois jours de troubles provoqués par une élection contestée, a constaté un correspondant de Reuters.
Le correspondant a déclaré avoir vu huit personnes tuées par balles et de nombreuses autres qui se rendaient à l’hôpital du Lion noir d’Addis Abeba. Les forces de sécurité éthiopiennes ont affronté mardi, pour la seconde journée consécutive, des étudiants protestant contre le résultat contesté des élections législatives du 15 mai. Ils accusent le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE) du Premier ministre Meles Zenawi, au pouvoir depuis 14 ans, d’avoir manipulé les urnes pour obtenir avec ses alliés la majorité absolue au parlement.
Les forces de sécurité éthiopiennes ont pénétré mardi dans l’enceinte d’un collège technique d’Addis-Abeba et y ont malmené une centaine de protestataires qui leur lançaient des pierres après avoir été empêchés de manifester dans la rue, rapporte un professeur de l’établissement, faisant état d’un blessé sérieux. Tout le quartier du collège, près de la place du Mexique, était bouclé par les forces de sécurité, équipées de blindés, qui refoulaient badauds et journalistes. Selon la télévision publique éthiopienne, le ministère de l’Information a par ailleurs privé de leurs licences professionnelles cinq journalistes employés par la radio Voice of America et la chaîne allemande Deutsche Welle, accusés d’avoir couvert les élections de manière “tendancieuse et non fondée”. “La licence des journalistes a été révoquée aujourd’hui, et ils n’auront plus le droit d’exercer en Ethiopie”, déclare le ministère dans un communiqué lue par la chaîne. La veille, un étudiant a été tué, officiellement par accident, et un demi-millier d’autres ont été arrêtés à la suite d’une manifestation de centaines d’étudiants sur le campus de l’université de la capitale.
“Nous ne pouvons pas continuer à étudier tant qu’ils n’auront pas relâché nos camarades”, déclare Leya, une étudiante de 16 ans. Les autorités accusent la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), principale formation de l’opposition, d’avoir orchestré ces manifestations, mais celle-ci assure s’efforcer seulement d’apaiser la situation. La CUD et ses alliés du Front démocratique éthiopien uni (FDEU) ont estimé que les étudiants manifestaient parce que le FDRPE tentait de “détourner frauduleusement les suffrages du public”. “Les mesures très sévères prises par le gouvernement pourraient aggraver la situation déjà tendue et instable, ce qui nous inquiète beaucoup”, déclare l’opposition dans un communiqué commun. Un nouveau tour de scrutin a dû être organisé dans six circonscriptions à la suite de fraudes et les enquêtes ouvertes à la suite d’irrégularités ont retardé la proclamation définitive des résultats, désormais prévue le 8 juillet.
Tsegaye TADESSE</B>
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