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Les verts veulent le Grand Chelem
Battu par le Pays de Galles il y a deux semaines à Saint-Denis (24-18), le XV de France ne réalisera pas le Grand Chelem mais conserve un espoir de remporter le Tournoi des Six Nations qui passe par une victoire ce soir à Dublin sur l?Irlande, leader de la compétition.
La France, qui ne compte que deux succès sur l?Écosse (16-9) et l?Angleterre (18-17) contre trois aux Irlandais et aux Gallois, doit, au minimum, sortir vainqueur de ses deux derniers matches.
Gagner dans le vénérable stade de Lansdowne Road n?est jamais facile. Mais cette fois, le défi est encore plus grand.
Ce soir, les supporters irlandais espèrent bien fêter dans les pubs la quatrième levée de leur équipe et surtout la perspective d?aller une semaine plus tard défier les Gallois à Cardiff pour le Grand Chelem.
La vision est des plus stimulantes pour le rugby irlandais qui n?a pas inscrit son nom au palmarès depuis 20 ans et attend de réaliser un deuxième sans-faute dans le Tournoi depuis 67 ans.
« On va y aller pour défendre nos chances dans la compétition et empêcher les Irlandais de faire le Grand Chelem. Mais il va falloir sortir le casque lourd et se retrousser les manches », annonce Jo Maso, manager de l?équipe de France.
Le vocabulaire guerrier s?impose presque naturellement car si les Tricolores ont inventé le « french flair », les Irlandais se veulent les dépositaires du « fighting spirit ». La centième sélection du capitaine tricolore, Fabien Pelous, promet d?être chaude !
« On s?attend à un match très, très dur », avoue le 2e ligne Jérôme Thion.
Il y a moins de deux ans, les Français avaient surclassé les Irlandais en quart de finale de la Coupe du monde (43-21). Mais la référence doit être oubliée car, depuis, l?Irlande a persisté dans ses progrès en maintenant en poste son entraîneur Eddie O?Sullivan.
En formant son équipe, l?entraîneur français Bernard Laporte a prévu de remplacer assez rapidement dans le match quatre de ses huit avants. L?objectif est de conserver la fraîcheur physique en conquête pendant 80 minutes, car le projet de jeu des Tricolores repose d?abord sur la capacité de ses avants à empêcher le pack de la Verte Erin de fournir de bons ballons à ses trois-quarts.
Avec Ronan O?Gara aux manettes et le génial et imprévisible Brian O?Driscoll, les lignes arrières font peur, même s?il manquera un poison supplémentaire avec l?absence prolongée du centre Gordon d?Arcy. « Les Irlandais ont un excellent jeu de ligne », détaille Bernard Viviès, entraîneur adjoint du XV tricolore. « Ils savent aussi transformer le jeu et mettre de l?ordre dans le désordre. »
Privée de nombreux cadres et rajeunie dans la perspective de la préparation de la Coupe du monde 2007, l?équipe de France cherche encore son équilibre.
« En Angleterre, la France a gagné sans avoir beaucoup de ballons offensifs. Contre les Gallois, elle a perdu en dominant. Là, il faudrait trouver un juste milieu », analyse l?ailier Cédric Heymans, de retour en sélection pour ce match.
Si tant est qu?ils puissent partager les munitions à Dublin, les Bleus ont envie de puiser dans la veine de leur belle première période face aux Gallois. La fougue de Julien Laharrague à l?arrière, la jeunesse déjà savante de Benoît Baby, qui fêtera sa première cape, autorisent les audaces.
« La défaite contre le Pays de Galles a été vécue comme une déception car nous avons manqué beaucoup d?occasions », déclare le flanker Serge Betsen.
Dans les deux autres rencontres du week-end, le Pays de Galles devrait poursuivre sa route vers le Grand Chelem bien qu?il se déplace en Écosse, alors que l?Angleterre espère remporter son premier succès en recevant l?Italie, la lanterne rouge.
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