Publicité

Les politiques invités à faire de la place aux femmes

11 mars 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les années se suivent. Les événements changent. Mais le discours politique, à quelques nuances près ? dont l?appel du Premier ministre aux dirigeants des partis à faire de la place aux femmes ? demeure le même. C?est le constat qui s?impose à l?issue de la célébration officielle de la Journée internationale de la femme placée cette année sous le thème Bizin Fam Dan Politik, organisée hier par le ministère de tutelle.

Le sentiment de déjà-vu tient d?abord au fait que, comme l?an dernier, cette manifestation s?est tenue sous une immense marquise installée dans la cour du Plaza, à Rose-Hill et qu?elle a attiré autant de femmes qu?en 2004. Impression renforcée par le contenu des interventions, particulièrement celle du Premier ministre. Comme l?an dernier, une partie de son discours a été consacré aux secousses enregistrées dans le textile, avec les fermetures d?usines et les pertes d?emplois qui affectent une majorité de femmes. Il disait alors que l?Etat ferait tout pour empêcher les fermetures. Il l?a répété hier.

Saluant le grand nombre de femmes à des postes de décision dans le secteur public, Paul Bérenger a refait le parallèle avec le secteur privé ?kot bizin meritokrasi plis regne?. Par rapport à une plus grande représentation des femmes en politique, l?an dernier déjà, il voyait en Maurice le plus mauvais élève de la Southern African Development Community (SADC). Tout en affirmant qu?il y a eu progrès, puisqu?il a récemment nommé une femme ministre et deux femmes secrétaire parlementaire privée, il a admis que beaucoup reste à faire pour honorer les engagements auprès de la SADC, qu?il préside cette année. ?Nou bizin ogment nomb kandida de fason importan dans eleksion zeneral.? Ce qui s?applique au gouvernement doit aussi, dit-il, s?appliquer à l?opposition. C?est là qu?il a nuancé ses propos. Si l?an dernier, il demandait à un ?nou? indéfini de ?stopper le blablabla et d?agir?, cette année, il lance un appel aux dirigeants et membres des partis indistinctement pour qu?ils fassent ?inpe boukou plas bann madam dan prosain eleksyon?.

Il s?est aussi attardé sur la réforme électorale ? introduction d?une dose de proportionnelle et un plus grand nombre de candidates. Autant l?an dernier, il réclamait un consensus entre les partis de l?alliance gouvernementale ,d?une part et entre ladite alliance et l?opposition, d?autre part, il a mis hier un autre bémol à ce sujet. Si les partis de l?alliance discutent encore de ladite réforme, il a avancé que l?opposition a instillé le doute dans les esprits en insinuant qu?avec le système de vote électronique, les résultats pourraient être modifiés. Il a alors pris l?engagement de s?assurer que les prochaines élections se dérouleraient dans la transparence. Et tout comme en 2004, il s?est engagé à présenter un plus grand nombre de candidates.

Pravind Jugnauth, vice-Premier ministre, a été moins répétitif, se démarquant au sujet de la discrimination positive. Selon lui, cette mesure est inévitable. ?Si nou les selman politik ou mentalite popilasion deside, nou pa pou ariv loin. Mo konvinki ki bizin ena osi diskriminasion pozitiv anver fam.? Il s?est dit concerné par l?augmentation de la violence domestique, demandant que les agresseurs soient dénoncés. Il a souhaité voir un plus grand nombre de femmes dans les centrales syndicales.

Après un bilan des progrès réalisés par les femmes et les écarts subsistants encore entre elles et les hommes, Arianne Navarre-Marie, ministre de la Femme, a précisé que les lois votées ne garantissent pas un changement fondamental de mentalité. Par contre, celui-ci peut venir de l?Etat et des partis politiques qui peuvent convaincre qu?une meilleure représentativité des femmes en politique est une nécessité. Au vu des engagements verbaux pris par les dirigeants de l?alliance gouvernementale, elle a dit s?attendre désormais que les femmes viennent de l?avant en tant que futures candidates.

Les membres de l?assistance qui pensaient être fixés sur le nombre de candidates que l?alliance gouvernementale alignera devront repasser?

Publicité