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CMT : troisième jour de grève pour les ouvriers chinois

10 mars 2005, 20:00

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Après deux jours d?affrontements avec les forces de l?ordre, le calme est revenu, hier, à la filature de la Compagnie mauricienne de textile (CMT) de la Tour-Koenig. Mais les 200 ouvriers chinois n?ont pas pour autant repris le travail. Et la possibilité qu?ils entament un quatrième jour de grève aujourd?hui n?est pas à écarter.

Hier après-midi, les travailleurs chinois exigeaient toujours que le père et la mère du défunt, Hu Xiao Bing, 28 ans, voient le visage de leur fils avant que l?autopsie ne soit pratiquée. Les parents du défunt étaient attendus à Maurice dans la soirée, en provenance de Hong Kong. Ils devaient être accompagnés de deux autres membres de la famille, leurs beaux-parents. Leurs billets d?avion ont été payés par la CMT.

Les collègues de Hu Xiao Bing souhaitent que tous les rites soient accomplis selon l?usage. C?est à cette seule condition, disent-ils, qu?ils pourront reprendre le travail en toute sérénité. Ils décideront aujourd?hui s?ils reprendront le travail ou pas. Les grévistes estiment que le décès de Hu Xiao Bing serait lié aux longues heures de travail. Ce que réfute la direction. Elle maintient qu?il s?agirait d?une mort naturelle.

Les ouvriers chinois affirment qu?ils travaillent sept jours sur sept de 7 à 23 heures et demandent que la direction ramènent la fin de la journée de travail à 21 heures. Or, selon la direction, ce seraient les ouvriers eux-mêmes qui récla-

meraient des heures supplémentaires. Les ouvriers chinois souhaitent aussi que leurs contrats de travail soient revus. Selon eux, ce contrat, signé auprès de leurs agents recruteurs, stipule qu?une partie de leur salaire est versée directement en Chine.

Des officiers du ministère du Travail et des Relations industrielles ont eu, hier, une session de travail avec la direction de la CMT et les représentants des travailleurs. Ceux-ci ont réclamé, au cours de la réunion, la présence de leur agent recruteur pour pouvoir éclaircir certains points à propos de leurs contrats. De ce fait, les discussions qui reprennent aujourd?hui pourraient se dérouler en présence de leurs agents recruteurs.

Solidarité

Au cours de la réunion, la direction a voulu connaître le nombre d?ouvriers disposés à reprendre le travail. Interrogés, des ouvriers chinois ont affirmé que la moitié des grévistes souhaitent reprendre le travail mais suivent le mouvement de grève en signe de solidarité. Et parmi les ouvriers, la possibilité que les ?fauteurs de troubles? aient à regagner leur pays s?ils ne rentrent pas au plus vite dans le rang.

Hier, les ouvriers chinois ont passé le plus clair de leurs temps à se déplacer dans le quartier, effectuant des emplettes par petits groupes de dix à quinze ouvriers. Ou se tournant vers les cabines téléphoniques pour informer leurs familles de la situation.

Un groupe de parents d?élèves de l?école de la Tour-Koenig est aussi venu manifester devant les grilles de l?usine. Ils affirment que c?est à cause des ouvriers que la police a dû faire usage de gaz lacrymogène. Lors d?une opération musclée du Groupe d?invention de la police mauricienne, de la Special Supporting Unit et de la Special Mobile Force dans la cour de l?usine, mercredi, des cartouches de ce gaz avaient en effet été lancées pour pouvoir récupérer le corps réfrigéré du défunt, que les ouvriers refusaient de livrer aux autorités. L?opération n?a duré que cinq minutes et l?usine est redevenue tranquille dans l?après-midi.

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