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?Le choix politique des ancêtres détermine notre place dans la société?
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?Le choix politique des ancêtres détermine notre place dans la société?
Venu évaluer le programme régional ?Mémoire orale et esclavage?, Ali Moussa Iye, chef du projet Route de l?esclave à l?Unesco a établi le lien entre le choix des origines et la source des préjugés.
Revendiquer ses ancêtres. En faire une source de fierté pour vaincre les préjugés. Surtout briser le silence, celui des lourdes chaînes de l?esclavage, système d?asservissement de l?humain qui s?est chargé au fil des siècles d?effacer l?identité d?êtres broyés au nom d?une logique politique, économique, sociale et culturelle. Autant d?aspects qui ont étoffé la visite éclair de Ali Moussa Iye, chef de la section Histoire et Culture à l?Unesco et responsable du projet de la Route de l?esclave.
En mission chez nous de vendredi à hier, il était chargé ?de ré-évaluer les activités de l?Unesco dans le secteur de la culture.? Une tâche dont il s?est acquitté en faisant le tour des différents partenaires : du ministère des Arts et de la Culture au centre Nelson Mandela pour la culture africaine en passant par le Mahatma Gandhi Institute. ?Ma mission visait également à donner un nouveau souffle au programme sous-régional intitulé Mémoire orale et esclavage dans les îles du sud-ouest de l?océan Indien. Il a débuté en 2001 et sa deuxième phase s?est achevée en 2004, année de la commémoration de la lutte contre l?esclavage et de son abolition.?
<B>?Premières formes de mondialisation?</B>
En sus de faire la tournée des institutions, Ali Moussa Iye a pris le temps d?interpeller leurs représentants lors d?une journée de réflexion, tenue samedi au centre culturel Charles Baudelaire. Organisées à l?initiative du centre Nelson Mandela pour la culture africaine, dans le cadre du 170ème anniversaire de l?abolition de l?esclavage, les interventions avaient à c?ur, ?Madagascar, Terre de nos ancêtres.?
Orientant son exposé vers la construction de l?identité, le délégué de l?Unesco a souligné que la traite négrière est ?une des premières formes de mondialisation.? Un contexte fait de bouillonnements et de déchirements, qui forcent non seulement les héritiers de l?esclavage mais aussi la conscience internationale à procéder à une série de choix pour la construction d?une identité cohérente et assumée.
?Dis-moi de quel arbre généalogique tu descends et je te dirais comment je dois me comporter vis-à-vis de toi?, a paraphrasé Ali Moussa Iye. Pour lui, le ?choix des ancêtres est l?un des choix les plus politiques qui soit. Il renvoie à notre place dans la société, tout en étant une des sources des préjugés qui empoisonnent les relations multiethniques et multiculturelles.? Dans le même ordre d?idée, le cadre de l?Unesco a affirmé que la ?question des ancêtres est au carrefour du devoir de mémoire et du droit à la mémoire.?
<B>Multiplicité des mythes fondateurs</B>
S?intéressant à la configuration locale, Ali Moussa Iya a mis en garde l?assistance contre l?éventualité d?une obligation faite aux individus de ne retenir qu?une source d?origine à l?exclusion des autres et de renier ainsi une part d?eux-mêmes. Posant le problème sur le mode interrogatif, il s?est demandé s?il fallait décréter un mythe unique, ?comme le modèle français autour de ? nos ancêtres les Gaulois,? ou faut-il opter pour la multiplicité des mythes fondateurs ?? Selon lui, les éléments de réponses ne peuvent être apportés que par la recherche scientifique sur les origines, car ce type d?approche permettrait alors de ?démêler l?enchevêtrement des aspirations? et construire une véritable identité nationale.
ITINERAIRE
<B>La Route de l?Esclave, détour par l?océan Indien </B>
■ Février mois de commémoration. Une série d?expositions portant sur la traite négrière ont fleuri à travers l?île, toutes portant sur la traite négrière. Force est de constater que nombre parmi elles ont trait à l?esclavage dans la région des Caraïbes et semblent occulter l?histoire de l?océan Indien.
À titre d?exemple, la riche documentation présentée au Mauritius Institute, au début du mois. Intitulée ?Lest We Forget : The triumph over slavery?, les panneaux conçus à partir des travaux du Schomburg Center for Research in Black Culture du New York Library, pour le compte de l?Unesco ont montré des recherches étalées sur une décennie, pour tracer la Route de l?esclave, ouvrir la voie à une vision équilibrée du ?commerce triangulaire?, traite d?humains, d?armes, de coton, de sucre et de tabac entre l?Europe, l?Amérique et l?Afrique.
?Ma mission a pour ambition de réorienter la Route de l?esclave.? Confronté à cette constatation, Ali Moussa Iye a souligné que le projet de la Route de l?esclave a ?convaincu la communauté internationale de reconnaître l?esclavage comme un crime contre l?humanité.? C?était en 2001, lors de la conférence mondiale de Durban. Selon lui, le projet a aussi poussé les Nations Unies a proclamé 2004 année de commémoration de la lutte contre l?esclavage et de son abolition. ?Je suis d?avis qu?il faut dynamiser les différents programmes dont celui qui porte sur l?éducation.? À travers un réseau de 7 000 écoles ? dont des écoles associées localement ? ce programme pédagogique, ?Briser le silence?, cherche à encourager l?intégration de l?enseignement de l?histoire de la traite négrière dans les programmes scolaires.
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