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La peinture comme thérapie

14 février 2005, 00:00

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Carine de Chazal, une jeune artiste peintre de 22 ans, expose cette semaine à l?Alliance française, de Bell-Village. Ses tableaux qui décrivent la vie marine disent aussi la souffrance d?une enfant qui a perdu son père trop tôt. Ils expriment surtout les rêves d?une jeune femme qui veut croquer l?art à pleines dents.

?La peinture pour moi, c?est un peu comme une thérapie?, lance Carine de Chazal. Elle explique qu?elle a beaucoup souffert de la mort de son père, survenue alors qu?elle avait 8 ans. Ce drame qui détermine encore sa vie et son art, transparaît dans ses oeuvres.

L?exposition regroupe une quarantaine de tableaux. Elle se décompose en plusieurs séries, toutes réalisées en un an et demi. Au centre de l?exposition, deux séries : Dérision de l?espérance et L?amour du désespoir, où le rouge et le bleu dominent. ?Cette série correspond à des moments de ma vie?, indique la jeune artiste. Une silhouette pensive qui espère, une femme enfoncée dans une larme ou un profil qui se transforme en papillon? Carine de Chazal garde espoir. ?On arrive toujours à s?en sortir finalement.?

La jeune artiste affiche surtout un enthousiasme et une fraîcheur qui la poussent en avant. ?Dès que je me mets à peindre, je ne peux plus m?arrêter. Je peux travailler jusqu?à 3 heures ou 4 heures du matin. Et puis, plus rien pendant un mois. Ça me vient par rafales?, explique-t-elle.

Une autre série a trait à la mer et à la vie marine. Réalisée en février 2004, elle décrit des paysages et des animaux marins ou plutôt ?les habitants de la mer?, comme le dit joliment Carine de Chazal. ?J?aime la mer, telle qu?elle est. J?aime sa beauté. Cela me ramène à mon enfance. Dans mes tableaux, j?ai voulu montrer cela?, explique l?artiste.

<B>Passion discrète : L?écriture</B>

Carine de Chazal est une passionnée de l?art et de la vie. Hôtesse de l?air pendant une brève période, elle veut devenir professeur de français. Mais aussi continuer à peindre. Et écrire. Car Carine de Chazal a une autre passion, un peu plus discrète celle-là : l?écriture. Elle a d?ailleurs accompagné son exposition de petites phrases ou de pensées qui donnent encore plus de profondeur à son expression artistique.

Aujourd?hui, Carine de Chazal savoure le fait d?exposer, tout simplement. C?est sa première exposition. ?C?est génial, c?est excitant?, lance-t-elle avec cette fraîcheur qui ne la quitte pas.

Son nom ? Forcément, ça marque. Mais elle s?en défend. ?Je ne crois pas. Les styles sont différents?, lâche-t-elle, un peu pensive. Mais les couleurs vives, les animaux marins, les pensées enlevées, n?y a t-il pas un peu de Malcolm de Chazal dans tout cela ? ?En y réfléchissant, peut-être?? Après tout, il y a bel et bien un lointain lien de parenté.

Mais la préoccupation de Carine de Chazal c?est d?éviter le piège du mercantilisme. Celui d?utiliser le nom du grand homme comme tremplin. Vendre ne l?intéresse pas, même si elle a déjà placé des tableaux dans des galeries. Après tout, pour une jeune femme qui veut se faire un nom, c?est plutôt un handicap? ?Tout ce que je souhaite, c?est que mon père soit fier de moi, s?il me voit là-haut?, lâche-t-elle, en toute simplicité. Il a toutes les raisons de l?être?

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