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Herminator is back !

13 février 2005, 00:00

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L?Autrichien Hermann Maier n?aurait jamais imaginé conquérir la médaille d?or mondiale en slalom géant obtenue jeudi. Déjà double champion olympique en super-G et en géant en 1998 à Nagano, il avait doublé la mise l?année suivante aux championnats du monde de Vail, en descente et en super-G.

Mais, au cours de l?été 2001, l?Autrichien était passé tout près d?une amputation de la jambe droite à la suite d?un grave accident de moto sur une route, près de chez lui. Alors, tout semblait s?être envolé. Le plaisir de la glisse avait laissé place à une lutte pour tenir simplement sur sa jambe blessée.

Maier le skieur s?était éteint, redevenu le modeste maçon de Flachau, réfugié dans sa maison rose de Reitdorf. Mais sa persévérance a eu raison de ses handicaps. Maier a fini par remarcher puis reskier. Diminué, il s?est forcé à rechausser les planches et surtout à serrer ses chaussures de ski, même si son pied droit est resté insensible.

C?est ce qui donne sa valeur à la médaille d?or d?hier, la première depuis 1999. « Il y a des victoires qui sont bien plus importantes. J?ai la chance d?avoir encore mes deux jambes. » Avec cette médaille, Maier semble plonger dans ses souvenirs. Le dernier Autrichien titré en géant se nommait Rudolph Nierlich. C?était il y a quatorze ans. Rudolph était son idole lorsqu?on lui fermait encore les portes de l?équipe nationale. Puis, en 1991, Nierlich s?est tué en voiture, juste après avoir remporté son titre mondial. Maier ne l?a jamais oublié.

Jeudi, sur la piste du Stelvio, Hermann Maier a réussi un véritable exploit, gérant de façon magistrale un long tracé jugé extrêmement difficile. « Pour s?imposer, Maier a dû changer sa façon de skier », explique Florence Masnada, ancienne skieuse de l?équipe de France. « Il ne sent rien lors de ses appuis à droite et tous les virages à gauche sont appuyés sur le ski intérieur. » Une technique déconseillée par les manuels et qui n?apparaît pas au premier coup d?oeil. Car, à 32 ans, Maier maîtrise à la perfection son nouveau style, surtout lorsque la piste est très tournante, comme à Bormio.

<B>Une tenacité étonnante </B>

Quatrième du super-G, dix-septième de la descente, l?Autrichien a été tenace, plus tenace que l?Américain Bode Miller, que le Norvégien Lasse Kjus ou même que le Français Joël Chenal, sortis lors de la première manche. « Après mes mauvais résultats, j?ai perdu patience et j?ai décidé de travailler encore plus dur », a confié Maier après sa course. « Mais c?est un des géants les plus difficiles de ma carrière. » Un géant qu?il souffle à son compatriote Benjamin Raich et à l?Américain Daron Rahlves.

Ce résultat a stupéfié la plupart de ses adversaires, pourtant Maier préparait depuis longtemps son retour dans cette discipline qui fut longtemps la sienne. Comme les appuis sont beaucoup plus importants qu?en descente ou en vitesse, Hermann a insisté en début de saison pour changer de marque de chaussures, avec une forme plus adaptée à son problème. Choix payant : « J?ai trouvé le tracé facile, même si les deux manches étaient très longues », a-t-il estimé le plus naturellement du monde.

En 2004, Maier avait réussi l?exploit de s?imposer en descente à Vail, puis à Garmisch-Parenkirchen (Allemagne), à Lake Louise (Canada) et à Sestrières (Italie) en super-G. Cette saison, il ne comptait qu?une seule victoire, remportée en descente sur la piste mythique de Kitzbühel. Avec le titre de jeudi, le voilà redevenu « Herminator ».

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