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« Droits de l?enfant : priorité pour les îles de la région »
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« Droits de l?enfant : priorité pour les îles de la région »
<B>Poiyrquoi créer un Observatoire des droits des enfants ? </B>
Le projet découle d?une des recommandations du rapport sur l?exploitation commerciale et sexuelle des enfants. C?est l?université de Maurice qui a préparé ce projet pour le compte de l?Unicef et du ministère des Droits de la femme et du développement des enfants. Il s?agissait, au départ, de mettre sur pied un observatoire pour les enfants de l?île. Par la suite, à l?initiative de l?Unicef, et avec la Commission de l?océan Indien (COI) comme partenaire, le projet d?observatoire a pris une dimension régionale, car la question des droits de l?enfant est considérée, avec raison, comme une priorité pour les îles de la sous-région. Ces îles connaissent des développements économiques, politiques et sociaux fort différents. Ces derniers modèlent l?environnement dans lequel évoluent les enfants et leur famille, et par là-même, influent sur leur niveau de bien-être et leurs droits. Il n?existe, à ce jour, aucun suivi systématique du bien-être et des droits des enfants et des adolescents dans la région. Les données statistiques font souvent défaut ou sont incomplètes. Il paraissait donc nécessaire de mettre en place un système de suivi de ces droits par les autorités nationales. D?où le projet d?un Observatoire couvrant les îles de la sous-région.
<B>Quels sont ses objectifs et comment va-t-il fonctionner ? </B>
La mission de l?Observatoire des droits des enfants est d?assurer le suivi des droits de l?enfant et des adolescents, ainsi que de promouvoir un changement socioculturel en faveur de la réalisation de ces droits dans les cinq pays membres de la COI. Pour atteindre ces objectifs, l?Observatoire va élaborer d?une base de données régionale sur le développement social des enfants et des adolescents, ainsi que la publication d?un rapport annuel du suivi des droits des enfants et des adolescents dans la région. L?Observatoire est basé à l?université de Maurice qui est responsable de sa mise en ?uvre. Nous recrutons, en ce moment, les cadres qui feront partie du noyau dur de l?Observatoire. Il y a plusieurs niveaux de gestion : l?orientation générale de l?Observatoire sera effectuée par l?Unicef et la COI, tandis que l?université de Maurice accueillera l?Observatoire, s?occupera de sa gestion quotidienne et s?assurera qu?il deliver the goods !
<B>Sur quels critères est-ce que Maurice a été choisie pour abriter l?Observatoire des droits des enfants ? </B>
Je pense que le fait qu?il n?y ait plus de représentation de l?Unicef à Maurice, a été un critère important. Nous avons aussi un bon track record en matière de collecte et de gestion des statistiques nationales. Et comme il s?agit d?un organisme à caractère régional, le choix de l?université comme maître d??uvre, s?est imposé tout naturellement.
<B>Comment s?effectuera la collecte de données sur les conditions des enfants et qui en sera responsable ? </B>
Ce sont les organismes responsables des statistiques nationales, dans chacun des pays concernés, qui auront la charge de fournir les données. Mais il faudra, au préalable, accorder les instruments utilisés. Ce sera une des tâches prioritaires de l?Observatoire. D?autant plus que, faute d?indicateurs sur certains droits de l?enfant, de nouveaux indicateurs devront être introduits, afin de mieux refléter la réalité des droits des enfants. Ce processus pourrait déboucher sur une plus grande harmonisation des données et des définitions. Des recrutements de cadres comme des Project Managers, sont en cours. Ces derniers seront responsables du fonctionnement de l?Observatoire et de la réalisation de ses projets. Ils seront épaulés par un statisticien social, qui s?occupera de la collecte des données en étroite collaboration avec les bureaux des statistiques des pays de la sous-région, et par un Social Analyst, qui travaillera surtout sur l?analyse des données et la rédaction des rapports.
<B>Est-ce que les auteurs de ces rapports sur les conditions de vie des enfants vivant dans les régions de la COI, feront aussi des recommandations pour améliorer leurs conditions ? </B>
Sur la base des conclusions de ces rapports, l?Observatoire formulera des recommandations à l?intention des autorités, pour qu?elles entreprennent des actions concrètes. Il est aussi prévu que le contenu des rapports fasse l?objet de débats publics avec les instances gouvernementales, les ONG et le public, afin de promouvoir une culture des droits de l?enfant. Ce genre d?intervention ne se limite pas à Maurice. On pourrait engager le débat avec la COI et l?Unicef, les deux partenaires du projet.
<B>Pensez-vous que les enfants ainsi que leurs parents sont conscients de leurs droits et des différentes conventions existantes pour les protéger ? Y a-t-il plus d?abus aujourd?hui ? </B>
Je crois que les gens sont de plus en plus conscients des questions touchant aux droits des enfants. À Maurice, nous avons mis en place les structures légales, ainsi que les institutions nécessaires. Il faudra accorder une plus grande attention aux enfants de Madagascar et des Comores, car c?est aussi une question de ressources et de moyens. Je crois qu?il y a une meilleure prise de conscience des droits de l?enfant. Les cas d?abus sont donc plus visibles. Je ne dirai pas qu?il y a plus de cas d?abus d?enfants, mais grâce à cette prise de conscience, les gens dénoncent le problème.
<B>Est-ce que l?Observatoire aura le pouvoir d?intervenir en cas d?abus des droits des enfants ? </B>
Je ne le pense pas. Nous avons d?autres instances nationales spécifiquement mandatées pour le faire dans chaque pays. Par exemple le bureau de l?Ombudsperson à Maurice.
<B>Propos recueillis par Melhia BISSIÈRE</B>
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