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Alizée, 3 ans atteinte d?une tumeur au cerveau

13 février 2005, 00:00

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Vêtue d?un top boutonné aux épaules, une petite fée à la tête ornée de boucles châtains virevolte sur la terrasse de sa maison. Tantôt enfourchant une moto pour enfant, tantôt accoudée à une table pour dessiner des formes géométriques sur du papier, Alizée est une petite pile atomique. Pourtant, en la voyant, on ne dirait pas que cela fait deux ans que la fillette se bat contre sa maladie.

Le calvaire de Joëlle et de Jean-François Dromart, ses parents, commence en 2002. « Hospitalisée à 10 mois pour une bronchite, une infirmière a attiré mon attention sur le fait qu?Alizée ne bougeait pas la main gauche. Nous avons alors consulté un pédiatre », raconte Joëlle, 33 ans, employée chez Goupille & Co. Le pédiatre effectue alors des analyses, notamment un CT Scan. Les résultats ne tardent pas à tomber : Alizée a une tumeur mesurant 5x6 cm au cerveau. C?est cette grosseur qui empêche la fillette de faire usage de son côté droit.

Les Dromart sont sidérés. « Nous étions affolés, on ne savait plus quoi faire. C?était comme si le monde s?écroulait.

Le médecin nous a dit qu?il fallait nous rendre en Afrique du Sud. En allant dans un hôpital à Durban, on croyait qu?on allait trouver une solution miracle », confie Jean-François Dromart, 36 ans, également employé chez Goupille & Co. Hélas, point de miracle ! Au contraire, les complications affluent.

En juillet 2002, la petite subit divers examens médicaux, les uns les plus douloureux que les autres. « Il fallait prélever un échantillon de la tumeur pour l?analyser. On lui piquait les veines une vingtaine de fois pour prélever son sang. Elle souffrait. C?était comme si on s?acharnait sur elle. C?était très dur pour nous de lui infliger tout ça. Ensuite, il a fallu faire une biopsie ? l?analyse de la tumeur », poursuit notre interlocuteur.

<B>Une lueur d?espoir naît</B>

Une fois cet examen fait, c?est un deuxième coup de massue qui s?abat sur les parents : « Le médecin a posé la main sur son visage et a secoué la tête en voyant les résultats. Il nous a dit que la grosseur était certes bénigne, mais inopérable. Une fois de plus, le monde s?effondrait pour nous. » Mais une lueur d?espoir naît grâce à un oncologiste. Ce dernier, qui admet ne pas posséder les compétences nécessaires pour les aider, leur suggère toutefois de se diriger vers des spécialistes en France, en Angleterre ou aux États-Unis.

Après avoir passé 15 jours en Afrique du Sud, Les Dromart rentrent au pays, le c?ur gros. Ils ont le sentiment d?avoir donné un coup d?épée dans l?eau, se sentent impuissants face à cette injustice.

À leur retour, ils vont consulter leur médecin traitant. Et le hasard vient leur prêter main-forte dans leur combat. Le couple rencontre un ami médecin, venu en vacances à Maurice. Ayant eu vent du calvaire d?Alizée, il contacte aussitôt une collègue pédiatre, qui exerce à l?institut Gustave Roussy à Villejuif, en France.

Effectuant des démarches pendant deux ou trois mois, les Dromart bénéficient du soutien de leur employeur ainsi que de celui d?Air Mauritius. Grâce aux amis et aux proches, une chaîne de solidarité se construit pour les aider à sauver leur enfant unique. Collectes de fonds et concerts de solidarité sont organisés. En France, des oncologistes et cancérologues examinent Alizée, confirment le diagnostic sud-africain et décident d?une chimiothérapie conjointement avec l?hôpital des enfants de St-Denis, à l?île de la Réunion.

Pendant 15 mois, de septembre 2002 à décembre 2003, les parents sont dans la tourmente. « Toutes les trois semaines, nous devions aller à la Réunion, faire des examens médicaux et continuer la chimio. C?était douloureux pour Alizée et elle subissait de nombreux effets secondaires. À un certain moment, notre fille a eu une baisse des globules blancs, ce qui la rendait de plus en plus vulnérable aux maladies, et une baisse des globules rouges et de ses plaquettes. Elle avait aussi perdu du poids, ainsi que ses cheveux. Elle était devenue agressive », confie Joëlle Dromart.

<B>Tout a bascule un vendredi soir</B>

L?enfant est ballotté entre Maurice et la Réunion. Tous les quatre mois, elle doit effectuer un bilan complet en France. En janvier 2003, un examen effectué à l?institut français révèle que la tumeur n?a ni grossi ni régressé. Mais quelques mois plus tard, Joëlle reçoit un e-mail de la Réunion, l?informant que la tumeur avait régressé. Des améliorations dans son état de santé sont alors visibles Alizée est plus solide sur ses jambes, a meilleur appétit et peut mieux bouger sa main.

4,5 cm x 5,5 cm : ces nouveaux chiffres résonnent encore dans l?esprit des Dromart. Pendant des mois, ils sont restés les mêmes. L?espoir a rejailli. Dans leur tête, la santé de la petite était stable et elle pouvait vivre normalement. Puis, tout a basculé en un coup de fil un vendredi soir. Joëlle reçoit un appel de l?hôpital des enfants de l?île de la Réunion où sa petite fille suit un traitement. La tumeur a légèrement grossi ! « Mais il y a tout de même une bonne nouvelle, les médecins nous ont dit que grâce aux dernières recherches, la grosseur pouvait être enlevée à 90 % », soutiennent les parents.

L?ombre au tableau, c?est que les frais médicaux encourus jusqu?à présent, s?élèvent à plus de Rs 1,5 million, ce qui a largement dépassé le plafond de l?assurance médicale des Dromart. « Nous ne savons plus comment faire pour pouvoir la sauver. Nous ne savons pas si l?assurance va nous aider et si nous allons trouver des fonds pour la sauver. Je suis confiante et je vais me battre pour sauver notre enfant », dit Joëlle Dromart.

<B>L?assistance du ministère de la Santé</B>

Lorsqu?un enfant est jugé inopérable à Maurice, mais que l?intervention peut se faire à l?étranger, les patients ou leurs parents peuvent bénéficier d?un fonds d?aide du ministère de la Santé à cet effet. Pour cela, il faut présenter le rapport médical du médecin traitant du patient, avec l?acte de naissance de ce dernier et les cartes d?identité des parents. Un examen du patient sera effectué par le Medical Board, suivi d?un rapport du ministère de la Sécurité sociale. Si le cas est urgent, il sera traité en priorité. Selon le ministère de la Santé, une somme de Rs 200 000 est allouée, incluant les frais d?hospitalisation et les billets d?avions.

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