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Innocence et insolence. Ils ont tout pour réussir leur carrière d?artiste. Stanley, Carine, Stéphane Rézannah, Carol Titon, Alessandro Chiara, Dominique Barbe, Carine de Chazal, jeunes bohèmes plein d?avenir que l?on découvre aujourd?hui avec plaisir. Leur entrain fait plaisir à voir, à entendre.
Carine de Chazal, artiste peintre, qui expose actuellement à l?Alliance Française est sûrement la plus enjouée. «Pour le vernissage, je n?étais stressée du tout, j?étais euphorique, excitée comme une puce», dit-elle. A 120 mots / minute, et le sourire vivace, elle ne cache pas sa joie d?exposer pour la première fois ses tableaux.
Moins expressive mais tout aussi heureuse, la troupe de théâtre Carpe Diem, composée de jeunes comédiens. A la tête de la troupe, Stanley Harmon, jeune professeur de dessin, auteur et metteur en scène. L?envie de bien faire, et un sens de l?humour qui remonte toujours à la surface. Malgré les difficultés rencontrées pour monter sa nouvelle pièce de théâtre, Resistans, qui sera jouée au théâtre de Port-Louis du 17 au 19 février, il se réjouit toutefois de «jouer pour la première fois dans un vrai théâtre».
Le groupe Evasyon, composé de huit jeunes artistes peintres, est plus fermé, hermétique. Ici les artistes le sont âme et corps. Bohêmes jusqu?au bout des ongles, vernis de noir, artistes au sens baba-cool. Entre deux campings improvisés dans des maisons hantées, où ils commencent à peindre à minuit pile, ils exposent sur la place publique, hier à Port-Louis, aujourd?hui à Quatre-Bornes.
Ils ne vendent pas leurs ?uvres, s?expriment de la façon la plus noble qui soit. Ils sont de vrais artistes, peu bavards, solidaires d?un mystère artistique qui se démultiplie en autant d??uvres mystiques et oniriques. Leur exposition, qui se tenait la semaine dernière au Centre commercial Orchard, à Quatre-Bornes a attiré bon nombre de passants.
Carol Titon, la voix calme et le sourire qui tinte, joue de l??il. Ce photographe de 20 ans est étudiant au Mahatma Gandhi Institute. Il exposera pour la première fois ses photographies au Caudan Waterfront, à partir de la semaine prochaine. Il souhaite partager sa vision du monde, rencontrer le public, discuter de son ?uvre, accueillir critiques et conseils. Surout, il souhaite que les gens viennent le voir. «J?aurais besoin d?une réaction du publi, pour avancer, car je compte ben continuer», dit-il.
<B>Redoner espoirs aux autres</B>
Quels que soient les obstacles que l?on avance souvent comme freins au développement de la culture, ces jeunes-là les franchissent avec acharnement. Ils redonnent espoir aussi à bon nombre de jeunes autres artistes, qui demeurent dans l?ombre, par peur de l?échec ou par manque de moyens. «Bien sûr, il faut se battre. Mais si vous vous battez, vous y arriverez», confirme
Carol. Stanley poursuit et explique que «pour les jeunes, les portes sont souvent fermées. On ne nous croit pas assez sérieux. Le ministère des Arts et de la culture par exemple, nous a peu soutenus. Et c?est grâce au soutien de la municipalité de Port Louis et grâce à la presse que nous avons pu monter notre spectacle».
Pour Carine, en revanche, la chance lui a souri sur toute la ligne. Au départ, elle part à l?Alliance Française chercher un diplôme et y rencontre une ancienne collègue qui lui explique que l?Alliance offre l?opportunité d?exposer. Elle rencontre le président de l?Alliance qui est interessée. Pour chercher des sponsors, elle prend conseil auprès de son patron, chez Yves Rocher.Lui aussi très intéressé, lui annonce qu?il va lui-même sponsoriser son exposition. C?est aussi par le biais d?amis graphistes qu?elle réalise sa maquette. «Même si je ne vends pas, je suis déjà contente de moi, contente d?avoir oser le faire. Cela donne envie de recommencer».
Malgré tout ce que l?on dit sur la culture à Maurice, eux, sans grands moyens, juste pour la passion, parviennent à monter sur scène, à exposer leurs ?uvres, pour le plaisir, pour l?art.
Si leur démarche diffère, ils ont tous le souci de vouloir laisser une trace et d?apporter leur contribution à la construction d?une culture mauricienne.
Ici, point de politiquement correct. Le seul critère de recrutement, une jeunesse qui rêve et qui a grandement besoin d?encouragements et de soutien
Alros que la canicule frappe le pays depuis quelques semaines, leur énergie, leur volonté, est encourageante et rafraîchissante. Comme l?expression favorite de la célèbre Sarah Bernhardt, ils s?expriment «quand même».
<B>Où voir leurs oeuvres ? </B>
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Carine de Chazal, artiste peintre, expose à l?Alliance Française
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Carpe Diem joue Resistans au théâtre de Port-Louis du 17 au 19 février
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Carol Titon, exposition de photographies au Barkly Wharf, Caudan Waterfront
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