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La grande finale
Même situation. Même passion. Les finalistes du concours de chant Bhojpuri Bahaar devront encore patienter jusqu?à ce soir et offrir au public et au jury, leur meilleure prestation, après plusieurs mois de compétition.
Certains, à l?instar de Devanand Domah, Melrose, Montagne Blanche, espèrent vraiment remporter un prix. Peut-être pas le premier, mais au moins dans le trio de tête.
Pour Devanand, qui est à sa première participation en finale, «c?est un honneur pour moi et pour mon professeur Mohunlall chummun, qui m?a donné des cours de musique pendant trois ans».
Gawtam Pooniah se voit bien aussi remporter la première place, avec sa chanson composée par son guru Vishnou Hurry. «Mo éna full confiance. Mais bien sûr, c?est jury qui pou travaille nous". Cela n?a pas été si facile pour lui. Beaucoup de travail a été nécessaire pour faire monter les échelons à ce laboureur de Centre de Flacq. Il chante depuis 25 ans, mais c?est la première fois qu?il atteint la finale d?un concours national.
Pour d?autre, la compétition n?est pas l?enjeu premier. Suren Leelah, de Quatre Bornes, a «la musique dans le sang». S?il a déjà pris part à de nombreuses compétitions en langues orientales, cet employé de la Central Electricity Board, âgé de 40 ans, estime que «pour moi, li pas enn compétition. On rit beaucoup. Plusieurs des concurrents sont des amis ».
<B>Passion</B>
Même chose pour Chetak Satcheedanand, pour qui la place de finaliste est déjà une récompense. C?est le quatrième concours auquel ce planteur de St Julien, participe et il a travaillé dur pour dérocher cette première place en finale. Trois femmes, parmi les 12 participants, font partie de cette grande finale. Lalita Roopa, Mala Rambaran et Atmada Cowlessur ont toutes les trois l?intention de faire entendre la voix des Mauriciennes.
Atmada Cowlessur participe pour la troisième fois au concours, mais c?est la première fois qu?elle atteint la finale. « J?ai peut-être gagné en confiance, grâce aux deux premières expériences,» explique-t-elle. Cette femme au foyer habitant Rose Belle, voue une grande passion à la chanson qu?elle pratique depuis toujours en famille, notamment avec sa s?ur, qui a déjà remporté le 3e prix du concours Sur Saargam.
Lalita Roopa, employée du secteur textile, habitant Port Louis, a démarré le chant très tôt, poussée par ses parents, eux aussi musiciens. « C?est mon père, le joueur de tabla Jugdish Gopeechand, qui m?a tout appris. Après, monn alle de l?avant ». Mariée puis veuve, elle continue de chanter aussi en mémoire de son mari. « li ti content mo chanté».
De son côté, Mala Rambaran, 42 ans, originaire de Bel Air, chante des chansons pour les femmes, d?autant plus fière d?être l?une des trois femmes finalistes au concours.
Née dans une famille où la musique a beaucoup d?importance, elle chante depuis toute petite et a chanté pour un orchestre, avant de se ranger et de devenir mère au foyer. «On attend, jusqu?ici, tout s?est bien passé, mais il faudra choisir.»
Comme Atmada, Lalita ou Mala, la plupart des candidats sont issus de familles où la musique tient une place importante. Tous ont des parents déjà musiciens ou chanteur et ont été initiés au chant dès leur enfance. C?est le cas de Gassen Singaron, de L?Agrément Saint Pierre, qui chante depuis 1969. Dès 1971, il remporte son premier prix de musique lors d?un concours de la MBC, Sugartime.
C?est grâce aux concours qu?il a pu mener une carrière dans la chanson, parvenir à sortir un CD et faire une tournée en Europe, à Londres et Paris, en compagnie du compositeur Claudio Veeraragoo.
Idem pour Moorgesh Chinien, de Goodlands, 55 ans, qui chante depuis 46 ans. Une longue expérience acquise et confortée aujourd?hui par la création du Moorgesh Chinien Orchestra Musical Group, « tout dimoun konn nou dans le Nord. Nous joué tamoul ek séga ».
<B>Optimisme</B>
Mukesh Chady, de Bambous, qui s?est familiarisé avec ce genre de concours en les regardant à la télé et en rêvant un jour de participer. A 38 ans, cet employé de Desbro Trading, chante également dans le Mira Sound Orchestra avec lequel il donne des concerts. Il attend avec impatience la finale de ce soir. «Tant ki mo pas pou gagné, mo pou recommencé ».
Même optimisme chez Prithivi Moneeram, de Savanne, qui s?est beaucoup entraîné avant de s?inscrire, avec ses frères, également musiciens, et son orchestre. «Mo doit aussi mo réussite à mo guru, qui donne moi enn l?idée et qui ine guide moi », tient à ajouter Prithivi.
Ce soir, c?est le grand soir pour eux tous, Gassen Singaron, Suren Leelah, Prithivi Moneeram, Moorgesh Chinien, Lalita Roopa, Devanand Domah, Atmada Cowlessur, Gawtam Pooniah, Mukesh Chady, Mala Rambaran, Chetak Satcheedanand et Hurrydeo Dussoye. Le Centre Indira Gandhi de Phoenix accueillera tous ces vrais artistes passionnés qui tenteront de saisir leur chance.
<B>Atma Bumma, directeur de la Production à la Mauritius Broadcasting Corporation
«Nous recherchons de nouveaux talents»</B>
<B> En tant que producteur de Bhojpuri Bahaar qu?est-ce qui, d?après vous, fait le succès de ces concours de chant ? </B>
Ça a une dimension populaire. Les gens adorent retrouver, dans ces émissions, leurs voisins ou leurs amis. Ce sont des émissions de proximité. Il y a ici concordance d?objectifs, promouvoir les artistes et divertir le public.
<B> Quelle importance accorde la MBC au divertissement ? </B>
Beaucoup d?importance. On compte des émissions de musique, d?art, de littérature.
<B> A quand des jeux télé, des émissions humoristiques ? </B>
On va y arriver. Dans quelques semaines, on va à nouveau proposer des émissions de jeux.
<B>Qu?implique la production d?une émission comme Bhojpuri Bahaar ? </B>
En studio, c?est relativement aisé, nous avons une grande maîtrise des moyens. En extérieur, on dépend du lieu, de la mobilisation des ressources humaines et techniques. Nous avons pour la finale, une équipe d?une cinquantaine de personnes. On veut proposer pour la finale un divertissement unique. L?émission sera diffusée en direct. Le différé, ça perd de sa magie. Nous voulons offrir aux téléspectateurs l?occasion de vivre l?événement en direct.
<B> A chaque communauté ethnique, correspond un concours de chant, pourquoi ne pas organiser un concours pour tous ? </B>
La télévision nationale a le rôle d?offrir une programmation en différentes langues et représentative de différentes cultures. Nous sommes à Maurice.
<B>ça veut tout dire ?</B>
Oui, ça veut tout dire. Chacun souhaiterait avoir sa part de gâteau. Mais on n?élimine pas l?idée d?une émission qui engloberait toute création artistique. Nous ne sommes pas contre la créativité collective. Et c?est aussi vrai qu?il y a eu cette année un flooding de concours populaires mais qui répondent à une demande.
<B>Est-ce que toutes ces émissions n?existent-elles pas pour remplir les grilles de programmation de production locale ? </B>
Tout est une question de ressources et de moyens. Nous n?avons pas tout le temps les moyens pour concrétiser nos ambitions. La télé coûte très cher. On ne le réalise pas souvent, mais la MBC n?a pas le budget d?une télé étrangère. Il faut savoir , par exemple, qu?une seule émission d?Envoyé Spécial équivaut à la production locale pour un an.
<B> Ce ne serait pas épargner que de regrouper tous ces concours de chant ? </B>
Ces émissions coûtent cher, mais elles répondent à des besoins. L?argent est bien utilisé. On fait avec les moyens du bord.
<B>Combien coût la production d?une émission telle que Bhojpuri Bahaar ? </B>
Finalement, les coûts sont plutôt amortis, car la salle de l?IGCIC, par exemple est mise à notre disposition pour peu. Pour une émission, il faut tabler sur un coût direct de Rs 40 000. Et nous avons treize émissions.
<B> Quelles autres difficultés rencontrez-vous ? </B>
Nous manquons de moyens humains. Nous avons maintes fois fait appel aux talents mais les oiseaux rares ne courent pas les rues. Je profite de l?occasion pour relancer un appel, s?il y a des gens qui pensent avoir le profil pour animer une émission et correspondre aux exigences de la télé ils peuvent se présenter. Il y a beaucoup de jeunes qui attendent une telle opportunité.
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