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Les robinets de Port-Louisrisquent d?être à sec

12 février 2005, 00:00

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Nouveaux hôtels à Bel-Ombre, d?autres prévus à Saint-Félix, projets de lieux de vacances intégrés (integrated resort scheme) avec, à la clé, plusieurs villas de luxe à Flic-en-Flac, au Morne et dans bien d?autres endroits. Ce développement touristique se traduit par une légère augmentation de la population. Parallèlement, sans toutefois aucune relation de cause à effet, on constate une baisse dans la pluviosité depuis ces dernières années. L?eau viendra à manquer dans ces régions.

Mais il y a plus urgent. Port-Louis, elle, se trouve déjà en situation alarmante. Contrairement à ce que l?on aurait pu penser, ce ne sont pas les régions à fort développement touristique, ou à l?urbanisation poussée, qui sont les plus menacées par une pénurie en fourniture d?eau. C?est la capitale qui inquiète le plus. Le Dr Hari Ram Sharma, expert hydrologue et conseiller d?Alan Ganoo, ministre des Services publics, est catégorique. «Nous allons vers un désastre dans la capitale si le barrage de Bagatelle n?est pas mis en chantier rapidement. Ce barrage doit être prêt dans quatre ans au plus pour éviter la catastrophe.»

L?hydrologue précise que Port-Louis n?a pas de réserve d?eau. «Il n?y a aucun réservoir qui alimente la capitale. L?eau que les foyers, usines et entreprises utilisent vient directement de la Grande-Rivière-Nord-Ouest. Depuis très longtemps, on n?arrive pas à alimenter cette ville 24 heures sur 24», explique le Dr Sharma. La situation a empiré avec le développement de la ville et de sa périphérie.

<B>Dessalement de l?eau de mer</B>

Pour contrer la catastrophe annoncée, la Central Water Authority (CWA) entreprend des travaux d?urgence. «Une partie de l?eau que le barrage de Midlands fournit au réservoir de la Nicolière sera déviée vers la capitale. Les travaux seront achevés vers la fin de cette année et une bonne partie de la capitale, de Terre-Rouge à la Plaine-Verte, sera alimentée», affirme Rohit Mungra, general manager de la CWA. Cependant, selon le Dr Sharma ces travaux ne résoudront pas le problème de fourniture d?eau à la capitale. «Ce n?est qu?après la mise en opération du barrage de Bagatelle que la capitale pourra s?attendre à une alimentation ininterrompue», dit-il. Ce barrage, sur une superficie de 115 hectares des terres ex-Illovo et d?une capacité d?environ 9 millions de mètres cubes, coûtera Rs 1 milliard. Il est destiné à alimenter la capitale et les basses Plaines-Wilhems, avec un débit annuel de 15 millions de m3. Sa mise en opération devrait satisfaire aux besoins en eau de Port-Louis jusqu?en 2040. Une étude de faisabilité sera soumise aux autorités ce mois-ci. Les autres projets de barrage suivront. A Chamarel d?abord (10 millions de m3), pour la demande croissante de toute la région de Flic-en-Flac à Saint-Félix. Puis, ceux de Calebasses et de Beau-Vallon. Tous sont destinés à assurer une fourniture d?eau adéquate jusqu?en 2040.

Mais tous ces projets dépendent d?une hypothèse : que la pluviosité annuelle soit toujours de l?ordre de 2 100 mm. Si le changement climatique provoquait une baisse importante de cette pluviosité, Maurice devrait alors se tourner vers d?autres technologies : dessalement de l?eau de mer, ensemencement des nuages et une plus grande utilisation des eaux usées retraitées. «Nous utilisons à fond nos ressources en eau souterraine et il ne reste pas beaucoup de potentiel dans ce secteur. Nous disposerons bientôt de 90 000 mètres cubes d?eau provenant de la station de traitement de Saint-Martin. Cette eau sera utilisée pour l?irrigation. De l?eau retraitée est une option qu?il ne faut pas négliger», dit Hari Ram Sharma.

Seul le temps nous dira si Maurice devra emboîter le pas à la Namibie où la moitié de l?eau utilisée provient des stations de traitement d?eaux usées...

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