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L?Afrique de l?Ouest condamne le ?coup d?état?

11 février 2005, 00:00

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Réunis d?urgence à Niamey, les dirigeants de la Communauté économique des Etats d?Afrique de l?Ouest (Cedeao) ont affirmé mercredi que la transition au Togo constituait un coup d?Etat et se sont engagés à ne reconnaître aucun gouvernement accédant au pouvoir de manière contraire à la constitution. ?Les chefs d?Etat ont fermement condamné l?intervention des militaires qui a eu pour conséquence d?installer comme président de la République le fils du défunt président. Ceci constitue un coup d?Etat?, peut-on lire dans le communiqué final. Deux heures après le décès, annoncé samedi soir, du président togolais Gnassingbé Eyadéma, l?armée désignait un de ses fils, Faure Gnassingbé, pour lui succéder.

La constitution togolaise prévoit pourtant qu?en cas de décès du président, l?intérim est assuré par le président de l?Assemblée nationale avant l?organisation d?une élection présidentielle anticipée dans un délai de 60 jours. Pour tenter d?atténuer les condamnations de l?Onu, de l?Union africaine ou encore de l?Union européenne, les députés togolais ont élu dimanche Faure Gnassingbé à leur présidence après avoir modifié la Constitution, l?autorisant à rester au pouvoir jusqu?à la fin du mandat de son défunt père, en 2008. Mais ce toilettage constitutionnel n?a pas emporté l?adhésion des dirigeants africains ni de la France, ancienne puissance coloniale.

Dans le communiqué final diffusé mercredi à Niamey, les chefs d?Etat de la Cedeao ont réaffirmé ?le principe de non reconnaissance de tout gouvernement ayant accédé au pouvoir par des voies anticonstitutionnelles?. Le président nigérien, Tandja Mamadou, a précisé que la Cedeao dépêcherait ?dans les prochaines heures? une délégation de chefs d?Etat et de représentants de la Cedeao et de l?Union africain au Togo avec pour mission ?d?énoncer la nécessité d?un retour au statu quo ante? et de permettre ?la mise en oeuvre de la succession telle que prevue par la constitution de 1992?.

Accession au pouvoir

A Paris, tandis que le Conseil permanent de la francophonie annonçait la suspension du Togo, Xavier Darcos, ministre délégué à la Coopération, a prévenu que la France allait ?vérifier si ces choses sont justes? et vérifier, en liaison avec la réunion de Niamey, ?si les promesses du président usurpé sont bonnes?.

?Si ce n?est pas le cas, la France une fois de plus jouera son rôle plein et entier dans le cadre des institutions internationales et en particulier dans le cadre de l?Union européenne?, a-t-il dit à l?Assemblée nationale. Ignorant superbement le tollé provoqué à l?étranger et au sein de l?opposition par les conditions de son accession au pouvoir, Faure Gnassingbé a remercié mercredi l?armée de l?avoir hissé à la tête du pays et a déclaré ?compter particulièrement? sur les forces togolaises pour ?garantir la paix et la sécurité chères à la réalisation de nos ambitions?. Dans une allocution radiotélévisée, l?ancien ministre des Mines et de l?Equipement, qui est âgé de 39 ans et passe pour politiquement inexpérimenté, a annoncé de prochaines mesures de réconciliation avec l?opposition et ?souhaité?, sans fixer de date, ?l?organisation le plus tôt possible d?élections libres et transparentes qui reflètent la volonté du peuple?.

Il a dit également reprendre à son compte ?le désir profond? de son père quant à ?une véritable réconciliation de toutes les filles et de tous les fils de la nation?. Mais Gilchrist Olympio, fils du premier président du Togo assassiné et leader du principal parti d?opposition, l?Union des forces pour le changement (UFC), a dit n?avoir aucune confiance dans ces promesses, estimant que les conditions d?organisation d?élections ?n?étaient pas réunies?.

?Un accord sur des élections avec le gouvernement d?Eyadéma, père ou fils, n?a aucune valeur. Maintenant, si nous avons des garanties de la Communauté économique des Etats de l?Afrique de l?Ouest, de l?Union africaine, et peut-être de l?Union européenne, cela aura une valeur?, a-t-il ajouté. Olympio, qui vit en exil entre Paris et Londres après avoir lui-même échappé à une tentative d?assassinat en 1992, avait lancé un appel à une ?révolution des oeillets? à la togolaise et l?opposition avait proclamé mardi une journée ?ville morte? à Lomé, mais ces appels ont été dans l?ensemble peu suivis.

Abdoulaye MASSALATCHI

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