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Mise au point

11 février 2005, 00:00

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<B>?Relancer la production laitière industrielle? </B>

Je vous saurais gré de bien vouloir publier la mise au point suivante à l?article ?Le lait pourrait être produit à échelle industrielle?, paru en page 3 de l?express du lundi 7 février 2005. Le contenu de cet article ne reflète pas fidèlement les points que j?ai évoqués avec votre journaliste et pourrait porter à confusion. En effet, l?article fait mention que la Mauritius Meat Producers? Association (MMPA) allait très bientôt présenter, au ministère des Finances, une étude portant sur un projet laitier industriel nécessitant des investissements de Rs 300 millions.

  1. Les statistiques d?importations alimentaires font voir que le lait et ses dérivés constituent un des groupes de produits ayant connu le plus fort taux d?augmentation à l?importation, tant en volume qu?en valeur, au cours de ces sept dernières années.

  2. L?augmentation, en valeur (Rs 1,5 milliard en 2003 ? et non Rs 1,7 milliard en 1997), ayant été nettement supérieure au volume, il en découle que l?importation de lait et de produits laitiers coûte et continuera à coûter de plus en plus cher au consommateur local. Ce constat étant basé sur les faits suivants:

i) La réforme du secteur agricole dans l?Union européenne. Désormais, un système de quota est alloué aux Etats membres pour éviter tout surplus de production de lait. A cela vient se greffer le fait que les subventions accordées aux éleveurs sont en baisse

(ii) Ces deux dernières années ont été difficiles pour l?Australie et la Nouvelle-Zélande en raison des conditions climatiques défavorables. Par ailleurs, ces deux pays font face à une demande accrue provenant des pays asiatiques, leur principal marché d?exportation de produits laitiers.

  1. Au niveau local, le secteur laitier est quasi inexistant, avec une production annuelle estimée entre deux et trois millions de litres équivalents, ce qui fait que 98 pour cent de nos besoins en lait sont importés. La production locale est aujourd?hui exclusivement assurée par les petits éleveurs alors que les établissements sucriers qui s?étaient lancés dans la production industrielle se sont graduellement retirés du secteur en raison d?un coût de production élevé et des difficultés d?écoulement du produit frais, pasteurisé, à un prix rémunérateur.

  2. Tenant compte des points évoqués ci-dessus, la MMPA est d?avis qu?il serait aujourd?hui opportun d?étudier la possibilité de relancer la production laitière industrielle à Maurice, avec l?emphase sur la transformation (lait en brique par exemple); la vente en frais ayant montré ses limites. C?est ainsi que, dans le cadre du budget 2005-2006, la MMPA compte, entre autres, proposer que ce dossier soit rapidement activé.

  3. A aucun moment il n?a été question d?une étude sur la production laitière à grande échelle que la MMPA allait présenter très bientôt au ministère des Finances. Par contre, j?ai fait ressortir que tout nouveau projet devrait être d?une certaine taille pour être viable.

  4. S?agissant d?investissements de Rs 300 millions, dont fait mention l?article, je tiens à préciser qu?il se pourrait que le journaliste ait mal interprété mes propos. En effet, j?ai fait ressortir que Maurice a importé, en 2003, pour Rs 1,5 milliard de lait et de produits laitiers et que si le pays arrivait à produire, ne serait-ce que 20 pour cent de ce montant (Rs 300 millions), ce serait déjà un ?achievement?.

  5. Pour terminer, je voudrais préciser qu?il y a effectivement quelques compagnies locales qui envisagent la possibilité de se lancer dans la production laitière et qu?il est donc important que le gouvernement définisse rapidement sa politique en vue d?assurer la relance de la filière.

<B>Jean Cyril MONTY</B> <I>Secrétaire de la MMPA</I>

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