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MacArthur : ?Au milieu de nulle part.?
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MacArthur : ?Au milieu de nulle part.?
■ Ellen MacArthur, comment avez-vous géré cette course ?
? Je n?avais pas à l?esprit d?être devant ou derrière Francis (Joyon, l?ancien détenteur du record). Ce n?est qu?à la fin, que j?y ai pensé. Avant, je cherchais seulement à donner mon maximum tout le temps. Mais il y a eu des moments où je n?avançais pas. C?était épuisant, je souffrais. Le record, ce n?est qu?un chiffre.
■ Vous avez reconnu finir immensément fatiguée. Que signifie être fatiguée ?
? On est vidé, complètement vidé. Rien ne reste et il faut quand même terminer. Tant que ce n?est pas fini, il n?y a aucune porte de sortie. C?est ça le plus dur. Tout l?Alantique sud a été très dur. A l?Equateur, j?étais vidée.
■ Etait-ce plus difficile que toutes vos précédentes expériences ?
? Oui, c?était plus dur que tout ce que j?avais fait avant. C?était plus dur que le Vendée Globe (dont elle avait pris la deuxième place en 2001). Ça m?a poussée très loin. J?étais beaucoup mieux préparée que pour le Vendée. On ne peut pas faire mieux dans la préparation. Je suis plus mature, plus expérimentée, j?ai appris. Mais malgré tout ça, ça a été si difficile !
■ Avez-vous jamais pensé à abandonner et vous êtes-vous posé la question de savoir si vous recommenceriez en cas d?échec ?
? L?abandon, j?étais prête à le dire, mais pas prête à le faire. Et je ne me suis jamais demandé si je le referais, car ce n?était pas encore terminé. J?étais à fond dans mon truc. Même si c?était très dur, je n?ai jamais eu à réfléchir à ça tant que ça n?était pas fini.
■ Dans ces conditions, peut-on encore prendre du plaisir à naviguer ?
? J?ai pris plus de plaisir dans le Vendée Globe que dans ce tour du monde. Mais si on veut réussir quelque chose de plus difficile, il faut aller plus loin. Je savais que le record serait très dur à battre. Il y a du plaisir, bien sûr, mais ce n?est pas pour ça que c?est facile. Mais, mener ce bateau, quand tout se passe bien, c?est incroyable. Vous êtes au milieu de nulle part. Ce sont des moments simplement fantastiques.
■ Qu?est-ce qui, selon vous, vous a permis de battre ce record ?
? Il faut donner un crédit énorme à l?équipe. Par exemple, j?ai eu à grimper au mât trois fois. Pendant la préparation, on avait passé des heures sur ça, à voir comment le faire, le mieux, le plus rapidement, le plus sûrement possible. Si j?ai réussi à le faire seule, c?est grâce à toutes ces personnes qui ont travaillé dessus. Et puis, je connaissais bien le bateau. Il avait un grand coeur et envie de prendre soin de moi.
■ Est-ce que vous le referez ?
? Peut-être...
■ Quels sont vos projets ?
? Je ne vais pas arrêter de naviguer. Il y a encore beaucoup de records à battre. J?ai toujours envie de m?attaquer au record de l?Atlantique (pour lequel elle a échoué de 75 minutes en 2004). La Route du Rhum en 60 pieds, certainement aussi.
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