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Convertir le sucre en carburant
?Convertissons notre sucre en carburant.? C?est ce que propose Michaël Atchia, ancien directeur de du Programme des Nations unies pour l?environnement. Son étude récente, basée sur le modèle brésilien, a été soumise au Forum de la société civile lors de la réunion internationale des petits Etats insulaires en développement, en janvier dernier, à Maurice. Elle propose l?introduction, sur le marché local, de biocarburants fabriqués à partir du sucre de canne.
Michaël Atchia part du postulat que les réserves en pétrole seront épuisées d?ici à 2080 au plus tard. Le prix du baril de pétrole devrait atteindre 100 dollars ou plus. Pour un pays entièrement dépendant de ses importations en pétrole, il y a des risques de rupture de stock.
Nous avons d?ailleurs flirté avec ce phénomène en début d?année et qui peut entraîner des troubles socio-économiques : stations-service prises d?assaut par les automobilistes, transport en commun paralysé, centrales électriques en panne? De plus, les capacités de stockage de produits pétroliers sont limitées.
Pour échapper à cet engrenage, les petits pays insulaires et isolés comme le nôtre doivent donc, selon l?étude de Michaël Atchia, baser leur politique énergétique sur les énergies renouvelables, soit solaire, hydroélectrique, éolienne et surtout l?utilisation de biocarburants. Avec comme objectif principal, l?indépendance envers les cours mondiaux du prix du pétrole.
Maurice consomme en moyenne 950 000 tonnes de produits pétroliers (dont 350 000 de diesel et 90 000 d?essence), ce qui a représenté des dépenses de Rs 8,8 milliards en 2004.
Michaël Atchia souhaite l?introduction d?une politique énergétique à long terme, étalée sur la période 2005-2015 par exemple. Avec à court terme, l?introduction de biocarburants, obtenus à partir du sucre, pour alimenter le parc automobile.
?Le prix du sucre descend sur le marché mondial alors que celui de l?alcool monte. Au lieu de vendre son sucre aux Européens, Maurice peut le convertir en alcool. C?est ce que le Brésil fait depuis des années?, explique Michaël Atchia. Les biocarburants non polluants sont un atout, surtout pour le transport en commun. Ils sont très utilisés au Brésil où environ 55 % de la production de canne à sucre est utilisée pour fabriquer du carburant.
L?introduction de biocarburants sur le marché local implique plusieurs innovations: introduire des incitations fiscales (pour les distributeurs et les fabricants), imposer un taux obligatoire de biocarburants pour les véhicules qui ne devront pas subir de modifications, ou alors très légèrement.
Une date de lancement réaliste pour le programme serait 2006. Avec 2008 comme objectif pour atteindre la vitesse de croisière. Le pays aurait alors économisé Rs 2,5 milliards en facture pétrolière, selon les estimations de Michaël Atchia. Cette somme serait reversée à l?industrie sucrière locale qui pourrait ainsi jouir d?une seconde jeunesse.
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