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Sinotex : les regrets et les souvenirs aussi...
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Sinotex : les regrets et les souvenirs aussi...
Ils se sont rencontrés sur leur lieu de travail à l?usine Sinotex (Mauritius) Ltd. Le 31 mars, cet événement fera complètement partie des souvenirs du couple Ramessur. Il n?aura plus d?endroit pour se le remémorer. Ce fabricant de jeans mettra la clef sous le paillasson après plus d?une vingtaine d?années d?opération à Maurice.
Chômage technique oblige, deux jours de congés additionnels, aujourd?hui et demain, sont octroyés aux 1 365 employés qui seront licenciés. Cet instant de répit a permis au couple Ramessur de Petite-Julie de faire le point sur la situation. Le couple, comme les autres employés concernés, reprendra le travail lundi.
En attendant, les Ramessur se penchent sur leur avenir, puisqu?ils se retrouveront tous deux au chômage. L?histoire de Ravi Ramessur commence en 1993, lorsqu?il entre dans la section d?empaquetage. Il fait la rencontre de sa douce moitié. Il change d?emploi quelque temps plus tard. Il revient à l?usine il y a quatre ans, car les conditions de travail sont nettement meilleures.
Le temps passe et Ravi décide se marier avec Seeta Devi. De cette union naissent trois enfants. Alors qu?ils s?apprêtent à ?faire l?avenir? de leurs petits, c?est le choc : l?usine ferme ses portes.
?Je suis conscient du fait que la direction va nous accorder des indemnités de licenciement au-delà de nos espérances. Mais il faut trouver du travail pour faire face aux temps durs?, déclare Ravi Ramessur. Cet employé de Sinotex garde l?espoir que la direction de l?usine ne les laissera pas tomber et qu?un emploi alternatif sera mis à leur disposition. ?La direction nous a toujours bien traités.?
Si l?optimisme est de mise chez cette famille de Petite-Julie, la crainte de ne pas trouver du travail hante Luchmeea Jhureea. Cette ouvrière compte une vingtaine d?années de service comme machiniste. Elle s?était jointe à Sinotex à 30 ans. Elle est mère de deux enfants. Luchmeea Jhureea affirme qu?elle est restée fidèle à l?usine durant toute son existence. ?Mon mari est aujourd?hui laboureur. Et mes deux garçons âgés de 21 et 23 ans font toujours des études. Mon époux atteindra bientôt 55 ans et il va devoir prendre sa retraite. Comment allons-nous faire ?? s?angoisse-t-elle.
Cette ouvrière affirme que cela fait ?mal au c?ur? de perdre son travail à son âge. ?J?aurai sans doute des difficultés à trouver un emploi à mon âge. Je demande à la direction de me donner un emploi alternatif, car j?ai encore du courage pour travailler et soigner ma famille. Surtout quand je sais que mon époux souffre de douleurs aux reins?, affirme-t-elle d?une voix cassée.
Pour Dania Seeta Devi, l?annonce de ce licenciement a remis en question un certain nombre de ses projets. Ouvrière comptant une dizaine d?années au sein de l?entreprise, elle habite Pamplemousses. ?Mo senti moi enn lot kalite?. Agée de 42 ans et mère de deux enfants, elle pense également qu?elle doit travailler pour assurer leur avenir. Ils sont en Form 1 et Form IV. Elle espère que la direction de Sinotex lui permettra de trouver un emploi alternatif dans une usine avoisinante.
Le directeur général adjoint de Sinotex, Dan Beeharry, explique que cinq usines avoisinantes sont intéressées à recruter les licenciés de Sinotex. Il a tenu à dissiper toute crainte quant au paiement des indemnités de licenciement. Leur montant totalise Rs 52 millions.
Le groupe hongkongais Crystal a annoncé sa décision de mettre fin à ses opérations à Maurice vendredi. Ce retrait entraîne également dans son sillage la fermeture de Kentex Garments, sa deuxième filiale de fabrication de t-shirts. Elle compte quelque 762 employés. Au total, 2 129 employés seront donc sur le pavé en mars. Le groupe Crystal s?est engagé à les licencier tous avant de considérer les propositions d?éventuels acquéreurs.
Sinotex est l?un des pionniers du textile mauricien. L?usine s?est implantée à Terre-Rouge en 1984. Brassant un chiffre d?affaires mensuel de Rs 57 millions, elle exportait environ 500 000 pièces aux Etats-Unis. Le départ de Gap, un de ses principaux clients, a incité le groupe à fermer. Gap représentait en effet 50 % des commandes de l?entreprise.
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