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Aider l?Afrique

9 février 2005, 00:00

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Les pays riches vont-ils mettre en ?uvre leurs promesses d?aider l?Afrique à sortir de la spirale de la misère ? La Grande-Bretagne, qui préside cette année le G8, veut faire de 2005 l?année décisive. Son ministre des Finances, Gordon Brown, veut effacer la dette multilatérale des pays africains à 100 % et lancer un ?plan Marshall? qui consisterait à doubler l?aide des pays riches au moyen d?un grand emprunt. Jacques Chirac a approuvé cet objectif, mais propose un financement au moyen de différentes taxes sur les transactions financières ou les billets d?avion.

Un rapport de l?Onu, rédigé sous la direction de l?économiste américain Jeffrey Sachs, souligne que les ?objectifs du Millénaire? sur lesquels se sont engagées toutes les grandes puissances (division de la pauvreté par deux d?ici à 2015, accès à l?eau, infrastructure, éducation, lutte contre les pandémies) ne seront pas atteints sans un redoublement d?effort des pays donateurs.

La réunion des ministres des Finances des grandes puissances du G7, à Londres ce week-end, était très attendue. Elle devait marquer le début de la prise de conscience du Nord et préparer les décisions pour le sommet du G8 prévu au mois d?avril en Ecosse. À l?arrivée, le résultat de cette rencontre est décevant. Les divergences de vue sur les principes de l?aide au développement ont pris le dessus. L?idée du grand emprunt a été repoussée et, concernant les dettes multilatérales (celles contractées envers le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale), il n?a été trouvé qu?un accord de principe sur la base d?un examen ?au cas par cas? d?un allégement de dette ?pouvant aller jusqu?à 100 %.? Mais, dans la pratique, le doute s?impose puisque les États-Unis s?opposent à la méthode imaginée par Gordon Brown d?une réévaluation ou d?une vente partielle du stock d?or du FMI.

L?espoir est encore permis : le FMI doit remettre un rapport sur son or, Français et Allemands veulent avancer et mettre au point un plan ?pilote? d?aide contre la malaria. Paris et Berlin en diront plus lors de la rencontre des ministres européens des Finances, le 17 février. Serait-elle unique, cette initiative partielle est bienvenue. Jeffrey Sachs a montré que l?envoi de simples moustiquaires traitées à l?insecticide peut sauver un million d?enfants et que, lorsque la mortalité infantile baisse, les femmes, plus confiantes, font moins d?enfants, ce qui contribue à résoudre le problème de la croissance trop rapide de la démographie dans les pays pauvres. Un tel plan anti-paludisme ne coûterait que 2 à 3 milliards de dollars par an.

Les Européens doivent vaincre les réticences fondamentales des Américains, qui s?abritent derrière deux arguments : la nécessité d?améliorer la qualité de l?aide et l?impératif de bonne gouvernance des pays du continent noir. Ils n?ont pas tort, et les Européens, à commencer par Jacques Chirac, doivent les écouter. Mais il faut les convaincre qu?un doublement de l?aide est indispensable pour atteindre une masse critique.

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