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?Les entreprises compareront leur performance à celle de leurs rivales?

9 février 2005, 00:00

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Pourquoi la Banque mondiale s?intéresse-t-elle de plus près au monde des affaires ?

Durant ces 25 dernières années, la Banque mondiale intervient de manière systématique auprès des pays clients. Nous avons constaté qu?il fallait mettre plus d?accent sur la microéconomie et l?environnement des affaires.

Nous intervenons par le biais d?enquête auprès des entreprises. Nous travaillons à partir d?un questionnaire standard dans tous les pays concernés. Cela nous permet de faire des comparaisons à l?échelle mondiale.

Les données collectées sont utilisées pour notre politique économique de deuxième génération. Notre politique d?intervention de première génération cible l?éducation, la santé et les enfants de la rue, entre autres. En Asie, nous avons aidé à l?amélioration du système éducatif.

Notre politique de deuxième génération cerne la microéconomie et l?environnement des investissements. La logique est simple. Si nous parvenons à améliorer le cadre opérationnel du secteur privé, les entreprises vont se développer davantage et employer plus de personnes. Cela aidera à réduire le chômage et à contribuer à une meilleure croissance économique. Un taux de croissance plus élevé contribuera à atteindre les objectifs de la réduction de la pauvreté.

Le Board of Investment (BOI), chargé de la promotion des investissements, sera responsable de l?enquête : l?Investment Climate Assessment (Ica). L?exercice d?évaluation a été officiellement lancé depuis deux semaines.

Quels sont les objectifs d?une telle enquête ?

L?étude permettra aux investisseurs et aux autorités nationales et internationales de jauger le climat d?affaires prévalant dans le pays avant de s?aventurer. L?Ica est conçu à partir d?une méthodologie scientifique, développée par la Banque mondiale. Son but principal est d?identifier les obstacles d?ordre politique, économique, financier, juridique, administratif et / ou réglementaire qui imposent des coûts additionnels à l?entreprise.

Nous analyserons aussi le fonctionnement du marché du travail et le marché financier. L?accès aux financements par les entreprises représente un défi majeur dans beaucoup de pays. L?enquête démontrera aussi la performance des entreprises mauriciennes par rapport à leurs concurrents étrangers. Les sociétés locales pourront comparer leurs taux de productivité à celui de leurs rivaux d?outre-mer.

La performance du pays sous plusieurs angles sera notée par rapport à un benchmark établi.

Un questionnaire exhaustif, couvrant plusieurs aspects du climat d?affaires, sera expédié à environ 400 opérateurs dans les différents secteurs d?activités, dont le tourisme, la construction, l?activité manufacturière et les services.

L?exercice sera réalisé en deux phases : la collecte des données et leur analyse. Le secteur manufacturier et le tourisme sont bien établis. Les données que nous allons collecter et analyser par rapport aux services permettront de voir plus clair dans le futur. Elles auront un rôle beaucoup plus prospectif.

Le gouvernement pourra peaufiner sa stratégie vis-à-vis de l?investissement à partir des données de l?étude. Les données devraient par ailleurs éclaircir encore plus la démarche de combattre la bureaucratie dans l?environnement des affaires, en particulier dans le système de certification des activités économiques.

Le BOI dispose-t-il des compétences techniques pour mener à bien ce projet ?

Il y a un processus d?apprentissage. Le BOI sera chargé de l?administration et du contrôle de l?enquête. La Banque mondiale transmettra graduellement les compétences nécessaires à l?agence locale. Nous allons nous occuper de l?analyse scientifique des échantillons.

Il faudra aussi traiter les éléments critiques qui sortiront de ce sondage. Le BOI sera bien équipé à l?avenir pour mener ce genre d?opération. L?Ica est un exercice qui devra être entrepris à intervalles réguliers afin d?être constamment au fait des changements qui s?opèrent dans l?environnement des affaires.

Par ailleurs, je rassure toutes les sociétés qui participent à ce sondage que leurs données seront traitées de manière très confidentielle. Nous n?avons jamais eu de problème à ce niveau. Les données sont envoyées à notre siège à Washington aux fins d?analyse. Les bases de données sont préservées avec un maximum de sécurité.

Les problèmes du monde des affaires à Maurice, on les connaît déjà. Pourquoi alors une nouvelle étude ?

Il y a certes des choses qu?on connaît déjà qui vont réapparaître dans l?enquête. Mais il y aussi un certain nombre de facteurs que nous allons découvrir pour la première fois. Chaque opérateur a une opinion différente pour aborder un problème particulier. Il faut harmoniser les points de vue.

L?Ica est également un outil qui permet de comparer les faits de manière scientifique. Les résultats de l?enquête peuvent agir comme agenda pour les actions à venir. On peut bien voir les contraintes et décider où il faut intervenir.

Selon le processus établi, un rapport est préparé à partir de l?analyse des données du sondage. Le document est soumis au gouvernement pour des commentaires. Par la suite, il est expédié à la Banque mondiale. Dans les deux à trois mois qui suivent, le rapport est publié sur le site web de la banque. Si un entrepreneur veut faire du business à Maurice, il pourra consulter le site pour un premier constat des lieux.

Vous agissez comme une agence de notation?

Non. Nous n?avons rien à voir avec une agence de notation. Nous n?accordons pas de credit rating aux pays clients. Les agences accordent des notes sur la capacité des Etats à rembourser leurs dettes. Cela n?est pas notre fonction. Notre enquête peut servir de base pour tout autre exercice. Mais notre objectif est de présenter les éléments qui agissent sur les affaires de manière aussi clinique que possible.

Quel a été l?impact de vos études dans les pays où vous avez opéré jusqu?ici ?

Nous avons déjà entrepris une trentaine d?Ica, et nous avons une dizaine de projets similaires en attente. Nous avons réalisé des études en Europe de l?Est, en Afrique du Nord, en Asie et au Moyen-Orient.

Chaque enquête a eu un impact différent dans chaque pays. Cela est dû aux différences dans le climat des affaires. En Algérie, par exemple, l?accès à la terre est un facteur critique dans la mesure où des entreprises doivent attendre cinq ans avant de pouvoir obtenir un terrain. En Thaïlande, il y a un gros problème de formation qui entrave la croissance de l?économie.

Quelle a été l?attitude des opérateurs mauriciens face à cet exercice ?

Jusqu?ici, le secteur privé a démontré une disposition positive par rapport à notre démarche. Il est plus à même d?évaluer les difficultés auxquelles il fait face. Les entrepreneurs doivent collaborer avec les autorités mauriciennes pour en faire un succès.

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