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Les six ?royalistes? sont indécis sur leur avenir
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Les six ?royalistes? sont indécis sur leur avenir
Servir le pays ou son ambition personnelle ? Tel est le grand dilemme. La majorité des six lauréats du collège Royal de Curepipe (RCC) n?en a pour l?instant aucune idée. La situation n?est, selon eux, pas vraiment propice à un retour au pays. ?Après mes études en Australie ou en Grande-Bretagne, je trouverai certainement un emploi à Maurice, mais il n?y a malheureusement pas de méritocratie?, soutient Vij Neetish Dhayan, lauréat dans la filière technique. Il continue : ?Pour des postes de gestion, il y a toujours de l?ingérence quelque part.? A 19 ans, ce jeune homme est réaliste.
Ce constat est peut-être navrant, mais c?est une opinion qui compte ses adeptes au RCC. Tarun Roy, lauréat côté arts, va encore plus loin. Retourner au pays après des études en Grande-Bretagne, il n?y croit pas trop. ?Le pays devra beaucoup changer?, affirme le lauréat. Changer certes, mais comment ? ?Ma vision de l?île Maurice est toute autre. Je ne vois pas le pays comme un collage culturel, mais comme une entité hybride. Je suis pour le brassage des communautés?, souligne Tarun Roy. Ce passionné de littérature estime toutefois que le pays peut changer et, pour cela, il faudra s?engager en politique. ?Si jamais je reviens, je verrai avec les autres lauréats si nous ne pouvons pas faire quelque chose, que ce soit au niveau politique ou autre, pour changer les mentalités.?
Plutôt cool
Anil Gungadeen, boursier en science : ? Je veux aider le pays pendant cinq à dix ans après mes études, mais je ne sais pas encore si je reviendrai. Je verrai lorsque le moment sera là?. Arshad Damree, titulaire du SSR National Scholarship puisqu?il est 1er dans la filière scientifique, veut être médecin. Pour cela, il étudiera en Grande-Bretagne. Mais s?il retourne ou pas, ce n?est pas encore vraiment le moment de se poser la question.
Un autre point commun entre les quatre jeunes hommes est leur attitude envers les études. Ils se la jouent plutôt cool. ?Ce n?est pas en bouquinant jour après jour que l?on devient lauréat. Il faut se donner l?opportunité de s?épanouir. Après tout, il n?y a pas que les études dans la vie. Il faut savoir équilibrer?, pense Arshad Damree.
Vij Neetish Dhayan l?a d?ailleurs appris à ses dépens. ?Lorsque j?ai composé la première fois, j?avais la tête dans les études pendant toute l?année et je n?ai pas réussi. Cette année, c?était très relax. J?avais une flopée d?activités extra-scolaires. J?ai fait du théâtre, du football sans oublier mes amis. Je crois que j?appliquerai cela davantage dans l?avenir ?, sourit celui qui compte entamer des études en ingénierie et commerce.
Anil Gungadeen, qui se propose d?étudier dans le secteur des technologies de l?information et de la communication (Tic), se rend compte qu?il a eu beaucoup de chance. ?C?est une multitude de détails qui font qu?on est lauréat. Des candidats potentiels, il y en avait beaucoup, mais ils ont manqué ce petit coup de bol pour y parvenir.?
Mieux que l?an dernier
Tarun Roy était pour sa part presque sûr qu?un autre allait réussir à sa place. Par conséquent, il ne peut pas dire qu?il a fourni de gros efforts durant les deux dernières années. ?Mon but n?était pas d?être lauréat?, avance celui qui se sent également attiré par les Tic.
Mohammad Nawal Husnoo, lauréat dans la section science, et Uttam Deepak Seetul, boursier côté économie, n?ont, pour leur part, fait qu?une très brève apparition dans leur établissement scolaire.
Pendant que ces lauréats se préparent à fêter leur réussite, dont certains pendant plusieurs jours, leur rectrice, Hafeeza Nabheebucus, pense déjà à la prochaine cuvée. Déjà que le RCC a fait mieux que ses quatre lauréats de l?année dernière...
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