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Et pendant ce temps à Flacq?
Après la pluie et les petits problèmes quotidiens, le sujet de conversation dans l?Est, fief d?Anil Bachoo, est la démission de celui-ci. Chacun y va de son couplet mais ils ne sont pas très nombreux ceux qui sont réellement affectés par le bouillonnement virtuel sur l?échiquier politique. Chacun vaque à ses occupations, comme si de rien n?était.
C?est la «bread and butter issue » qui prime, les gens de la rue sont à des années-lumière des querelles égocentriques des leaders. « En fin de compte, l?on s?aperçoit que les politiciens sont tous pareils. Ils frayent ensemble, se jettent la boue au visage avant de tomber dans les bras les uns des autres de nouveau, » persifle Kumar, 48 ans, commerçant.
« Il est trop tôt pour dire»
Il crache tant sur les gouvernants que les membres de l?opposition. « Ki li Paul, ki li Pravind, ki li Navin, zot tou pareye. Nou bizin bann nuvo dimunn, ki éna ene certain bagaz intellectuel, ki get l?avenir pays plitot ki zot l?avenir politiki ».
Une certaine désillusion plane. Aucune part, on ne peut entendre une voix approuver ouvertement la démarche d?Anil Bachoo. L?électorat qui, lui, aurait été à l?origine de cette décision est encore bien silencieux. Quelques banderoles orange portant l?inscription, « Anil, nous sommes fiers de toi » claquent au vol à St-Julien, Brisée Verdière et Centre de Flacq.
« Li pé rod so lavantaz. Ou kone, pu nu pena oken limportans li aller ou pa. Nu pas affecter par so demission », s?emporte Francis, membre de la régionale mauve d?Argy. Il en veut plutôt à l?ancien ministre pour n?avoir pas doté le village d?un terrain de football.
Un officier de police qui habite la région ne s?émeut pas de cette démission et des changements qui vont sans doute suivre à Flacq-Bon-Accueil, sa circonscription. « Mo bien la peine dire si sa pou sanz kiksoz lor terrain. »
« Elecksyon pas pu facile mais tro bonheur pu dire aster la kisane la éna lavantaz. Morisyen kuma dir goute dilo lor bred sonz, kuma ene gout glissé, tu pu gliss ensam», résume Imran, chauffeur de taxi de Brisée Verdière.
Mais bon nombre des mandants s?interrogent encore sur les raisons du départ de Bachoo. Le téléphone ne cesse de sonner chez l?ancien ministre qui a promis de venir s?expliquer dès la semaine prochaine.
En attendant, les indécis haussent les épaules, les rouges se frottent les mains alors que les sympathisants de l?alliance gouvernementale se donnent une contenance pour mieux jauger les effets liés au départ de Bachoo.
Dans certaines bases, ça bouillonne déjà. C?est la saison des « carapates ». Estimant que le vent tourne, qu?il y a un glissement de l?électorat vers l?opposition, des dissidents de l?alliance MSM-MMM veulent faire allégeance au Parti travailliste (PTr).
«Nous n?avons plus contact avec les députés»
Ils étaient nombreux à la réunion nocturne organisée par Quatre-Cocos dans la soirée de vendredi avec Navin Ramgoolam et Arvin Boolell comme invités de marque.
« N?allez pas croire que la réunion de ce soir a un lien quelconque avec la démission d?Anil Bachoo. Elle était prévue depuis l?année dernière. Cette dissidence résulte de notre frustration. Nous sommes les déçus de l?alliance MSM-MMM. Notre objectif : consacrer toute notre énergie pour un retour du Parti travailliste au pouvoir », explique Jaylall Mattarooa, ancien président du conseil des districts de Moka-Flacq.
Comme en temps de campagne, briani et boissons gazeuses étaient au menu. Dans la foule, sympathisants rouges se mêlaient à ceux de l?autre bord. « Je suis un travailliste, on m?a dit qu?il y avait une réunion ici. Je suis venu pour me rendre compte de quoi il en retounait, » lance un homme.
Son ami militant qui l?accompagne tente d?expliquer cette fronde : « Depuis les dernières élections, nous avons perdu contact avec nos députés. »
Au micro, la majorité des intervenants ont fustigé le gouvernement pour n?avoir pas pris des mesures susceptibles d?atténuer l?augmentation des prix des produits de consommation courante.
L?occasion était trop belle pour Navin Ramgoolam, leader des rouges pour reprendre son slogan cher à lui, « la démocratisation de l?économie ». Il fait mouche mais il ne dit pas comment il compte s?y prendre?
Le choix des thèmes du discours de Navin Ramgoolam n?a pas plu à tout le monde. « Il aurait dû capitaliser sur la démission de Bachoo. Les thèmes qu?ils a abordés ne sont pas nouveaux », déplore un membre de l?auditoire.
Mais le leader rouge n?en a cure. Il a le MSM dans sa ligne de mire et ne rate pas une occasion pour brosser un tableau d?un chef faible à Pravind Jugnauth.
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