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Le PTr ne dit ni oui ni non...
Au Parti travailliste, on ne parle ouvertement ni d?adhésion ni d?association avec Anil Bachoo.
Le leader se contente de dire qu?il est un homme de valeur pour le PTr. C?est du moins ce qu?on lit entre les mots très subtilement choisis de Navin Ramgoolam, qui prenait position hier.
Navin Ramgoolam semble confirmer qu?Anil Bachoo est « en réflexion ». Il assure que le ministre démissionnaire n?a fait aucune demande d?intégration au PTr et que des pourparlers ne sont pas en cours. Toute demande d?intégration d?Anil Bachoo au PTr sera, comme l?on peut s?y attendre, traitée avec sérieux car « Anil Bachoo apportera une contribution au Parti travailliste s?il le rejoint.»
Les échos de mécontentements dans la hiérarchie rouge se sont fait entendre quand la question de l?intégration d?Anil Bachoo a été évoquée. Quelle place lui allouer dans la hiérarchie ? Que faire du membre du PTr qui « travaille » déjà la circonscription de Flacq-Bon Accueil depuis des mois et qui devra changer de circonscription si Bachoo s?y présente avec un ticket PTr ? Ces interrogations semblent s?être atténuées. « Il n?y a pas de tensions à l?intérieur de la hiérarchie du PTr sur une possible intégration de Bachoo », explique un responsable du parti.
Le mécontentement de Rama Valayden, partenaire de l?alliance sociale était, lui, moins discret. Il s?offusquait vendredi de ces vagues projets de rapprochement en raison de griefs personnels envers Anil Bachoo, qu?il a traîné devant l?Icac pour une affaire de patentes de taxi quand celui-ci était ministre du Transport. Il s?insurge aussi contre cet opportunisme : « Nous avons une équipe qui connaît le terrain et ce n?est pas maintenant que l?alliance sociale est sur la voie d?une victoire électorale que tout le monde se manifeste. » Une longue conversation avec Navin Ramgoolam hier aurait calmé les choses, laisse entendre le leader.
La question serait donc, autant chez le PTr que chez Bachoo, sur la meilleure formule de collaboration. Une intégration pure et simple de Bachoo et de sa suite au PTr ou l?association du PTr avec la formation politique que Bachoo formerait.
Question encore sans réponse. Les deux options demeurent ouvertes pour le PTr.
« L?homme fort du MSM », comme le qualifie Navin Ramgoolam, jouit d?une estime certaine de la part de son adversaire politique d?hier. Les qualificatifs n?ont pas manqué : Bachoo est d?abord courageux à ses yeux. « Il faut saluer le courage d?Anil Bachoo et de Meckdut Chumroo qui ont refusé d?être les complices du recul de leur parti », explique Ramgoolam. Le démissionnaire est également perspicace. Car « Bachoo a entièrement raison de dire que Pravind Jugnauth n?est pas un leader », dit le leader rouge. Enfin, Bachoo serait injustement dénigré. Pravind Jugnauth le traite de « traître » et Paul Bérenger, d?« intellectuellement limité ».
Même s?il n?est pas suivi d?une adhésion, le départ de Bachoo constitue déjà une aubaine pour le PTr. Une occasion supplémentaire d?attaquer un adversaire qui semble déjà s?affaiblir, le MSM. Ramgoolam utilise volontiers le mot « débandade» pour qualifier les événements au MSM.
Il y trouve aussi une occasion pour marteler une fois de plus que Pravind Jugnauth n?a pas la trempe d?un leader. Car il n?aurait pas vu venir la crise.
« Banne tigit partisans qui reste dans MSM pe compte retourne avec Parti travailliste », affirme Navin Ramgoolam. Pour les aider à se décider, Ramgoolam insiste sur le fait que « Bérenger est en train d?utiliser Pravind Jugnauth comme une marionnette. »
Empêtré dans ses problèmes internes, le gouvernement ne serait plus en train de gérer les affaires courantes du pays, selon Ramgoolam. Ce qui lui fait dire que les élections générales devraient être rapprochées. Et sa victoire acquise.
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