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Le sort des orphelins d?Asie suscite des craintes

9 janvier 2005, 00:00

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L?Unicef s?est déclarée préoccupée, mardi 4 janvier, par les risques de trafics d?enfants orphelins après avoir reçu des informations suspectes par des adultes se faisant passer pour des parents adoptifs.

L?organisme craint en effet que des enfants aient été enlevés par des individus qui chercheraient à les vendre. « Le Fonds des Nations unies pour l?enfance a été alerté par un de ses employés, à Kuala Lumpur en Malaisie, qui a reçu sur son téléphone portable un message écrit proposant de lui vendre des enfants », a déclaré un porte-parole de l?Unicef, John Budd, par téléphone de Djakarta.

Une aubaine pour les trafiquants d?enfants

« Trois cents orphelins âgés de 3 à 10 ans originaires d?Atjeh sont disponibles pour adoption. Tous les documents nécessaires seront fournis. Aucun frais. Merci de préciser l?âge et le sexe de l?enfant demandé », lisait-on sur le texto en question. Bien que le message assurait qu?aucun frais n?était à prévoir, M. Budd a réagi ainsi : « Si vous lisez ce texte, et si c?est vrai, soit ils ont 300 orphelins à vendre, soit ils ont la capacité de mettre la main sur des enfants en fonction de la demande ».

Les organisations humanitaires, dont l?Unicef, avaient souligné que le raz de marée en Asie, avec sa cohorte d?enfants abandonnés, risquait d?être une aubaine pour les trafiquants d?enfants, et l?adoption internationale ne doit être qu?un dernier recours pour les victimes de la catastrophe.

« L?expérience montre que les risques de trafic d?enfants augmentent en situation de crise lorsqu?il y a des mouvements de population et que l?environnement de protection de l?enfant s?écroule, qu?il n?y a plus de parents, de famille, d?école ou de village », explique Marc Vergara, porte-parole de l?Unicef à Genève.

Le Fonds des Nations unies pour l?enfance n?a pas encore évalué le nombre de mineurs livrés à eux-mêmes depuis la tragédie du 26 décembre dans l?océan Indien, mais estime que 1,5 million d?entre eux ont été touchés d?une manière ou d?une autre par le tsunami. Les moins de 18 ans représentent en moyenne 39 % de la population des pays frappés par la vague géante.

Peu de cas de trafic d?enfants ont été confirmés jusqu?à présent, mais la catastrophe a frappé la partie du monde la plus menacée par les réseaux qui cherchent à exploiter les enfants à des fins criminelles, d?esclavage, de prostitution, d?adoption au prix fort, voire de recrutement paramilitaire.

Le ministre des Affaires étrangères français, Michel Barnier, avait indiqué, lundi 3 janvier, que Paris était prêt à mettre en place un dispositif particulier pour l?adoption d?orphelins. Mais les organisations humanitaires rappellent que beaucoup de réseaux internationaux d?adoption sont aux mains de trafiquants et que le mieux pour un orphelin c?est d?être recueilli par une famille élargie, par une communauté (village) ou au moins de rester dans son pays.

Le gouvernement indonésien a déjà cherché à prévenir le développement du trafic d?enfants, en interdisant aux jeunes de moins de 16 ans de quitter Atjeh sans leurs parents. L?objectif de cette mesure « est de s?assurer qu?il n?y ait pas d?adoption et d?empêcher la vente ou le trafic d?enfants », a expliqué Heri Krisitanto, porte-parole du ministère des affaires sociales indonésien.

Mobilisation de l?Indonésie et de la Thaïlande

Le gouvernement estime que 35 000 enfants sont orphelins, sans abri ou séparés de leurs parents dans la région d?Atjeh, où le chaos continue de régner plus d?une semaine après le séisme et les raz de marée dévastateurs qu?il a provoqués.

En Thaïlande, où plus de 300 enfants ont perdu l?un de leurs parents ou les deux dans le tsunami meurtrier du 26 décembre, le secrétaire permanent au ministère du développement social et de la sécurité humaine, Wallop Ploythapthim, a annoncé mercredi qu?une réunion se tiendrait, « afin de trouver des mesures pour aider ces orphelins après ce désastre. »

M. Wallop a ajouté que les enfants avaient été pris en charge dans plusieurs refuges établis dans la région. Le ministère tente de contacter des membres de leurs familles pour voir s?ils peuvent s?occuper des orphelins. Ceux pour lesquels cette solution n?est pas possible iront dans des familles acceptant de les accueillir temporairement, plutôt que dans des instituts.

2 005 Le Monde ? avec AFP Distribué par The New York Times Syndicate

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