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Au revoir monsieur l’arbitre !
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Au revoir monsieur l’arbitre !
On entend souvent parler des joueurs en fin de carrière. Qu'en est-il des arbitres ? Qu'ont-ils donc en tête lorsque s'égrènent les dernières secondes de leur dernier match... jusqu'au coup de sifflet final ?
Le Suisse Urs Meier a connu cette situation il y a deux semaines. Samedi le 11 décembre, Meier, qui a atteint la limite d'âge sur la scène internationale, a officié pour son dernier match de championnat de Suisse avant de prendre une retraite bien méritée après 27 ans dans le milieu de l'arbitrage.
Agé de 45 ans, Meier vit près de Zurich. Pour son dernier match, le champion de Suisse, le FC Bâle, affrontait son dauphin, le FC Thun. Une rencontre particulièrement mouvementée d'ailleurs. Devant 23 000 spectateurs, six buts ont été marqués par les deux équipes et Urs Meier a dû sortir deux cartons jaunes.
Au coup de sifflet final, Meier a non seulement mis un terme à la rencontre mais également à une longue et belle carrière qui l'a vu atteindre les sommets du football mondial. Après avoir échangé son maillot avec le joueur de Thun, Andreas Gerber, les sentiments mêlés de « joie, de tristesse et de nostalgie » qu'il ressentait avant le coup d'envoi, cédaient alors la place aux larmes et sans doute à une impression soudaine de vide.
Meier a commencé sa carrière d'arbitre en 1977. Il est devenu un des meilleurs arbitres suisses en 1991 et a obtenu son badge de la FIFA en 1994. Sur la scène européenne, il a fait ses premières armes lors du championnat d'Europe des moins de 16 ans de l'UEFA en République d'Irlande en 1994 également. Il a par la suite monté les échelons pour devenir un des meilleurs arbitres internationaux reconnus par la FIFA.
« Je suis devenu arbitre parce que je n'étais pas assez bon joueur », a-t-il confié. « Je voulais évoluer dans les plus grands stades comme San Siro à Milan, et je me suis alors dit que je pouvais y arriver en devenant arbitre. »
Une palette d'émotions
Quand il fera le bilan de sa carrière, Meier passera en revue toute la gamme d'émotions dont un arbitre de son niveau doit sans aucun doute faire l'expérience au cours de sa vie sur les terrains. En 1998, par exemple, c'est lui qui a officié lors du match de Coupe du monde de la FIFA symbolique entre les Etats-Unis et l'Iran. « L'atmosphère qui régnait dans le stade était incroyable », se souvient-il.
Meier a officié lors de l'Euro 2000, de la finale de la Ligue des champions 2002 entre le Bayer Leverkusen et le Real Madrid et lors de deux matches de la Coupe du monde 2002 et notamment lors de la demi-finale entre la Corée du Sud et l'Allemagne.
Urs Meier gardera de moins bons souvenirs de l'Euro 2004 au Portugal. Il a été la cible de violentes critiques à la suite de sa décision de refuser un but de l'Angleterre contre le Portugal en quarts de finale. L'arbitre suisse a très mal vécu sur le plan personnel une situation que l'UEFA a elle-même qualifiée d'inacceptable.
Du fait de l'accélération du rythme des matches, des sommes en jeu et du comportement des joueurs, Meier considère que le travail d'arbitre s'est compliqué depuis quelques années. Comme nombre de ses anciens collègues, il regrette qu'à la différence des joueurs, qui sont rapidement pardonnés pour avoir commis une erreur ou manqué une occasion, les arbitres n'ont pas droit à tant d'indulgences.
C'est au tour de son fils, auquel il va confier son précieux sifflet, de reprendre le flambeau maintenant. Le maillot de Gerber de Thun va rejoindre celui de Zinédine Zidane, qui lui avait été remis lors du match inaugural du Stade de France. Une fois la tristesse passée, Meier ne manquera pas de se pencher sur la belle carrière qui a été la sienne.
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