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Questions A? Arianne Navarre-Marie

20 décembre 2004, 00:00

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Comment accueillez-vous la décision du Premier ministre de nommer une deuxième femme au sein du cabinet ?

Je suis très contente. Depuis que Paul Bérenger a assumé la présidence de la Southern Africa Development Community, il avait fait part de son intention de nommer plus de femmes dans les instances politiques décisionnaires. Je suis aussi agréablement surprise de voir que Bérenger est allé encore plus loin en donnant une promotion aux deux autres femmes parlementaires.

L?on dit que la femme ne s?intéresse pas à la politique. Ce n?est pas nécessairement vrai. Pourquoi l?homme a-t-il plus de chance d?obtenir un ?ticket? que la femme ?

Déjà, quand on contracte une alliance, les femmes sont les premières victimes. Après, il y a plusieurs facteurs qui entrent en jeu quand il s?agit de donner un ticket. Chaque circonscription a ses spécificités. Si, par exemple, vous vous y intéressez, on ne pourra pas vous envoyer au numéro 1. Là nous avons un problème. Les hommes étant plus nombreux, ils ne sont pas victimisés. Notre système électoral a aussi beaucoup de lacunes. C?est la raison pour laquelle le gouvernement étudie la possibilité de le réformer.

A quel point le gouvernement est-il sensible aux problèmes des femmes ?

Je prends pour exemple le Sex Driscrimination Act, qui constitue un grand pas en avant pour la population féminine. Les femmes peuvent avoir recours à cette loi si elles estiment qu?elles ont été lésées dans leurs droits. Les lois existent, mais il faut qu?elles n?hésitent plus à aller de l?avant.

Cela se fait-il déjà ?

Nous progressons. C?est un peu lent, je l?admets, à cause des qu?en dira-t-on. Mais avec un peu de temps, elles prendront toutes conscience de l?importance de cette loi. Le problème est avant tout culturel.

Lors d?une récente conférence organisée par votre ministère sur la violence conjugale, les magistrats ont fait un ?walk out? pendant le discours du vice-Premier ministre. Quel était ce faux pas dont a fait preuve l?exécutif ?

J?avais fait ressortir que le but de ce séminaire était un partage d?informations sur les best practices. Quand les femmes viennent nous raconter leurs histoires, nous les vivons avec elles. Très souvent, les magistrats ne sont pas au courant de ces drames. Nous avions voulu partager notre point de vue et voir comment nous aurions pu humaniser davantage notre approche des victimes. Nous n?avons jamais dit que le judiciaire ne faisait pas son travail correctement.

Donc, c?est le judiciaire qui a mal réagi ?

Je le pense. Mais là n?est pas la question. Qu?il ait mal réagi ou non, l?important c?est d?avoir réagi.

Mais l?approche ne changera jamais. Le judiciaire fait un différent travail, a un différent rôle. N?est-il pas effectivement temps d?avoir une ?family court? ?

Tout à fait. D?ailleurs nous avons préparé un document sur la création d?une telle cour. L?Attorney General l?étudie. Nous en sommes au stade de consultations.

Puisque le gouvernement tient à c?ur le bien-être de la femme, quand l?avortement sera-t-il enfin légalisé ?

Le gouvernement est en train de travailler sur un projet de loi pour légaliser l?avortement. D?ailleurs le dossier est avec le ministère de la Santé, c?est lui qui s?en occupe, même s?ils est question de femmes. Nous avions mis sur pied une task force et nous avons fait nos recommandations. Le Conseil des ministres a suggéré que nous fassions une ébauche autorisant l?avortement dans des cas d?incestes et de viols. Aux dernières nouvelles, le ministère de la Santé se documentait sur ce qui se passe dans d?autres pays.

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