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Crise économique : La Papmad licencie
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Crise économique : La Papmad licencie
La pilule est amère pour sauver les meubles. La Papmad, entreprise fabricant du papier et l?un des fleurons de l?industrie malgache, accumule les difficultés financières depuis sept années. Aujourd?hui, la décision de la direction générale de licencier 250 employés sera notifiée aux délégués du personnel. Cette résolution prendra effet dès la fin de ce mois.
En termes de valeur, Papmad détient 50 % de la part du marché. En tonnage, cela représente 60 à 65 % de l?ensemble des demandes. Et compte tenu des prix des produits, 80 % de la population n?achète que du papier produit par Papmad.
Patrick Rajaonary, le PDG explique que ?depuis sept années, Papmad était confrontée à de nombreux obstacles qui l?ont anéantie à petit feu. Il y eut les exonérations frauduleuses accordées à des importateurs qui ont gagné grâce à la concurrence déloyale, le non-paiement des TVA récupérables par des changements des dispositions légales à n?en plus finir et les événements de 2002 où Papmad n?a fonctionné que trois mois. 2003 étant l?année de relance, elle s?est terminée par des résultats mitigés. Ensuite, la forte dépréciation du Fmg en 2004 a considérablement diminué les demandes.?
Aujourd?hui, les dettes d?exploitation de la Papmad, selon des sources concordantes, atteignent facilement les 20 milliards de Fmg. ?Les factures impayées de la Jirama s?élèvent à elles seules à 4 milliards de Fmg. D?autres fournisseurs, comme les transporteurs et ceux qui nous approvisionnent en matières premières, réclament leur dû. De même, les cotisations à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnaps) présentent des arriérés?, révèle un autre dirigeant haut placé de la Papmad.
Patrick Rajaonary se veut rassurant : ?ceux qui vont partir obtiendront leurs indemnités de licenciement et leurs droits légaux. La résurrection de Papmad passera par des sacrifices. L?effritement du pouvoir d?achat de la population par le renchérissement des prix des PPN, a conduit à la diminution des demandes en papier.?
La Papmad n?est pas la première, ni la dernière entreprise à devoir passer par la compression du personnel. La compagnie Vidzar, distillerie et mise en bouteille de rhum, a mis à la porte 80 de ses employés pour, à peu près, les mêmes causes à l?origine.
Dans les zones franches, la rupture de l?accord multifibre fait planer le spectre d?un licenciement à grande échelle. Le gouvernement, comme d?habitude, réagira seulement après que 100 000 personnes auront été jetées sur le pavé. Gouverner, c?est s?émouvoir !
L?express de Madagascar
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