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La télé numérique terrestre refait surface avec un opérateur étranger

8 décembre 2004, 00:00

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La télé numérique terrestre, censée démarrer en août dernier, est restée accrochée dans les starting-blocks. On devrait bientôt voir la lumière au bout du tunnel? mais il n?y a pas d?opérateur mauricien à l?horizon. C?est un opérateur indien, Zee Telefilms, qui ouvrira le bal en diffusant des chaînes à contenu étranger tout comme les bouquets satellitaires. Un projet de teleputer prend également forme grâce à un partenariat entre Multi Carrier Mauritius Limited (MCML), le diffuseur des ondes locales, et Network Plus, un fournisseur d?accès à l?Internet. En attendant, la diffusion gratuite de cinq chaînes étrangères, dont BBC World, se poursuit.

Pour l?instant, la télé numérique terrestre ne séduit pas ceux qui auraient dû l?être. Le projet était, au départ, motivé par le désir de voir des chaînes privées mauriciennes faire partie du paysage audiovisuel. Comme toutes les fréquences (les deux chaînes payantes de MC Vision) sont occupées, il n?y a plus de place pour le privé. L?avortement de la privatisation de MBC 3 a ainsi mis un point final au rêve analogique du privé. Le numérique terrestre restait le seul espoir de voir émerger une chaîne télé privée.

Mais, comme prédit par l?ancien président de l?Independent Broadcasting Authority (IBA), Ashok Radhakissoon, le secteur privé estime le numérique trop coûteux. Injecter des millions dans une station et convaincre le grand public à se convertir au numérique n?est pas viable. Logiquement donc, le privé ne sera pas présent sur le numérique terrestre, du moins pas pour le moment. Seul Zee Telefilms répond présent.

Pour le privé, le seul moyen de concurrencer la MBC, c?est de le faire sur son terrain, c?est-à-dire en mode de diffusion analogique. Et, pour faire partie du monde hertzien, les seules chaînes susceptibles de céder leur place seraient Canal + et RTL9 mais rien n?indique que ce sera le cas. D?autant que le gouvernement a mis de côté, provisoirement du moins, son désir de voir naître une chaîne télé privée.

Le projet de télé numérique terrestre avance, par ailleurs, avec ou sans chaîne mauricienne. Après plusieurs mois de statu quo, la télé numérique terrestre, avec la même qualité de diffusion que le satellitaire, a été mise sur la voie rapide. Jusqu?à janvier, dit-on au bureau du Premier ministre. L?opérateur indien Zee Telefilms va soumettre sa demande de licence incessamment.

Depuis juillet dernier, après la fin de l?appel à expression d?intérêt du privé au projet, où seul Zee Telefilms s?était manifesté, le projet avait été mis au placard. À l?IBA, responsable du dossier, l?on affirme que l?absence de réunion de son conseil d?administration depuis avril a freiné le projet. L?autorité déclare cependant que la télé numérique terrestre est redevenue ?une des priorités?.

Coût élevé du décodeur

Dans un premier temps, le téléspectateur devra se contenter de cinq chaînes numériques et d?une chaîne de services interactifs. Les chaînes télé pourraient toutes revenir à Zee Networks, même si l?IBA Act limite la participation d?un groupe étranger dans un projet audiovisuel à 20 %. ?Faut voir si nous allons maintenir cela. Dans presque tous les pays, il y a des chaînes télé étrangères à 100 %. Il serait logique de permettre cela ici aussi?, affirme-t-on en haut lieu.

Cela ne permettra pas à la MBC d?avoir une place sur le numérique terrestre dans l?immédiat. Elle n?est d?ailleurs pas très enthousiaste. ?Si on nous demande de participer, nous verrons ce que nous pourrons faire?, dit un cadre.

Chez MCML, le retard accumulé irrite. Depuis le 12 mars 2003, MCML diffuse quatre chaînes en continu en numérique terrestre de manière informelle. Une vingtaine de personnes capte déjà ces images qui proviennent de BBC World, Doordarshan et TV5, entre autres. Dès demain, MCML peut arroser 70 % du territoire. ?S?il y a une demande du privé à participer, nous pourrions passer à 12 chaînes rapidement.?

Le scénario idéal pour faire marcher le numérique terrestre serait qu?au moins deux chaînes soient diffusées gratuitement au départ, estime-t-on chez MCML. ?Une autre partie du bouquet serait alors payante?, explique Amoordalingum Pather.

Le grand obstacle au numérique terrestre est le coût du décodeur pour recevoir les images. Il coûte environ Rs 1 500. Est-ce que le téléspectateur acceptera de débourser autant pour acheter un décodeur qui lui permettra de recevoir cinq chaînes seulement ? Peu probable.

Un autre défi de taille est venu se greffer au projet. Avant même de démarrer, le numérique terrestre a un concurrent de taille : la télé par Asymmetric Digital Subscriber Lines (ADSL). Cette technologie est mieux connue sous le nom d?Internet haut débit. Mauritius Telecom (MT) souhaite lancer son service en décembre. Il permettra au téléspectateur de recevoir des chaînes payantes à travers sa ligne de téléphone.

Produit plus séduisant

L?avantage que MT compte exploiter est une offre intégrée téléphone, Internet rapide et télévision facturée en une seule transaction. Avec son offre, MT a conquis le c?ur de certains opérateurs qui auraient pu se tourner vers MCML. Le moins qu?on puisse dire est que ce projet a forcé le diffuseur des ondes locales à rendre son produit encore plus séduisant.

MCML s?est ainsi associé à Network Plus, un des spécialistes de l?Internet prépayé, pour proposer le teleputer. Présenté lors du dernier Infotech, le projet n?a pas enthousiasmé le public. Il consiste à offrir Internet et la télévision à partir d?un même boîtier. Les promoteurs de la télé numérique affirment qu?ils sont loin de dévoiler leurs batteries.

C?est dans la plus grande discrétion que MCML prépare sa botte secrète. Agacée que MT ait décidé de jouer dans sa ligue, MCML en fera de même, mais en mieux, dit-on chez MCML. ?Si eux veulent devenir un diffuseur de chaînes télé, nous on fera de l?Internet.?

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