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Le plein d’eau et de voix pour la CWA et le GM
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Le plein d’eau et de voix pour la CWA et le GM
Les averses du 23-25 novembre 1979 permettent à la Mare-aux-Vacoas de recueillir une centaine de millions de mètres cubes d’eau additionnels. Elles accordent donc un sursis à la Central Water Authority (CWA) qui peut, par conséquent, repousser à la mi-décembre son programme de coupures de fourniture d’eau, envisagé après un mois d’octobre particulièrement sec.
Le gouvernement PTr/PMSD connaît un semblable répit, après l’approbation de deux budgets additionnels de Rs 255 millions et de Rs 2 millions respectivement, grâce à l’abstention généreuse et compréhensive de Badry. Ce dernier n’en démord pas pour autant et réitère son intention d’approuver les motions d’annulation du nouveau prix du riz “ration” de Ramdath Jaddoo et de censure d’Anerood Jugnauth. Il s’insurge contre ce gouvernement qui s’accroche au pouvoir grâce aux votes de deux soi-disant corrompus. Tout comme l’Action Civique, il estime que Sir Seewoosagur Ramgoolam aurait dû avoir déjà dissous l’Assemblée et organisé des élections anticipées. Il n’accorde plus d’importance à la nomination d’un comité restreint de l’Assemblée pour vérifier le bien-fondé du rapport Glover ainsi que son ancien collègue, Giandeo Daby.
En attendant, le Parti travailliste essaye de redorer son blason ou de sauver les meubles, allant même jusqu’à tenir, à l’Hôtel Europa, une séance d’explication sur la dévaluation. L’assistance, plutôt frondeuse, veut savoir le pourquoi du maintien des nouveaux tarifs d’eau et du prix de la farine alors que l’Assemblée législative a annulé ces augmentations. Ringadoo répond que le gouvernement doit respecter les accords conclus avec la Banque Mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) s’il veut obtenir leur aide financière.
Le gouvernement a des responsabilités que l’opposition n’a pas. Il ne peut se permettre les mêmes démagogies. Il allègue que Bérenger a accepté le principe de ces augmentations contre l’octroi d’une compensation salariale. Il essaye de s’en sortir en soutenant que d’autres pays, à l’instar de la Jamaïque et de la Guyanne, ont eu à accepter des mesures beaucoup plus contraignantes. Refuser l’aide du FMI c’est risquer des licenciements massifs et la détérioration des services publics.
La suggestion du MMM de réorienter notre diplomatie afin d’obtenir de l’aide d’autres pays est une autre bêtise monumentale à mettre à l’actif de ce parti. Le gouvernement travailliste refuse l’aide de pays voulant asservir la population mauricienne. Ces pays sont surtout intéressés à nous vendre des armes. Le Dr James Burty David s’en prend violemment aux commerçants qui spéculent sur les gains inattendus de la dévaluation aux dépens des consommateurs.
L’on ne sait si les partisans du PTr, ayant entendu Ringadoo dissertant sur la dévaluation, à l’Hôtel Europa, ont eu ou non à payer la redevance imposée au stationnement des véhicules dans le centre de Curepipe. Les parcmètres de la discorde continuent à perturber le Landerneau curepipien au point que les commerçants de la ville envisagent d’avoir recours à un lock-out. Ils se plaignent que leur chiffre d’affaires chute dramatiquement depuis l’entrée en vigueur des parcmètres installés par un étranger, M. Garchon, avec la bénédiction du maire Gaëtan Duval. Les automobilistes continuent à déserter le centre-ville.
La firme française SETEC procède à un relevé aérien afin de repérer le meilleur tracé pour le prolongement de l’autoroute jusqu’à La Vigie. L’ingénieur en chef aux Travaux publics, M. I.A. Limbada, s’en va au Japon régler les derniers détails de l’aménagement d’une autoroute entre Beau-Bassin et la capitale. Ce projet dort toujours, malheureusement, quelque part dans un des tiroirs-oubliettes de ce ministère. Une forte récompense pourrait être offerte à qui le retrouvera un beau jour.
Terminons cette réminiscence, avec l’apparition d’affiches pro-Khomeiny à Port-Louis et le saccage des bureaux du Populaire par un énergumène.
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