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Le dialogue, maître mot de la conférence sur l’Irak

25 novembre 2004, 00:00

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Les 21 ministres des Affaires étrangères réunis à Charm el Cheikh pour la conférence internationale sur l’avenir politique de l’Irak ont invité Bagdad à garantir une participation maximale aux élections législatives du 30 janvier que différents mouvement sunnites menacent de boycotter.

Les représentants des Etats-Unis, d’Europe, du Japon de Chine, du monde arabe et des pays voisins de l’Irak s’étaient entendus au préalable sur le contenu de la déclaration finale, adoptée à l’unanimité. Ce texte invite le gouvernement provisoire irakien à réunir toutes les formations politiques et les représentants de la société civile avant le scrutin pour en assurer le succès.

Les délégués mettent ainsi l’accent sur le dialogue politique sans condamner de façon catégorique la guérilla à laquelle la coalition emmenée par Washington est confrontée.

Le salut de l’Irak passe par la réussite du scrutin et par la participation de toutes les “forces raisonnables”, avait auparavant souligné Ahmed Aboul Gheit, chef de la diplomatie égyptienne, à l’ouverture de cette conférence de deux jours dans la station balnéaire du Sinaï.

Le consensus ne se présentera pas “sans élargir le dialogue à l’ensemble des forces nationales, sans combler le fossé qui sépare les différentes parties et sans rejet de la violence et de l’intimidation”, a-t-il insisté.

“A mesure que nous approchons des élections, tous les efforts doivent être mis en oeuvre pour inciter les différents mouvements irakiens à prendre part au processus de réconciliation nationale”, a renchéri le secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, auquel Farouk al Charah, chef de la diplomatie syrienne, Josckha Fischer, son homologue allemand, et Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Relations extérieures, ont fait écho. “Il est essentiel que le scrutin se déroule en janvier, sans report et, surtout, dans tous le pays”, a résumé cette dernière. “J’espère que les Irakiens de toutes confessions et origines ethniques y participeront”, a-t-elle insisté.

Qu’ils soient membres de la coalition levée par Washington où issus du “front du refus” qui s’est dressé contre le recours à la force, tous les participants ont manifesté le souhait de tourner la page de la confrontation pour rétablir la paix et la stabilité en Irak. Certaines divergences ont toutefois résisté à cette volonté de consensus.

“Devoir collectif” </B>

Les délégations, a expliqué Aboul Gheit, ne sont pas parvenues à s’entendre sur l’attitude à adopter au sujet des opérations militaires comme celle que l’armée américaine a mené récemment à Falloudja, bastion de la guérilla sunnite, dans laquelle plus d’un millier d’insurgés auraient trouvé la mort.

“Il n’y a pas eu de consensus sur la façon de traiter cette situation. Un certain nombre de délégations ont soulevé le problème comme le montre la déclaration finale, mais d’autres ont manifesté leur opposition (...). La question a été laissée sans conclusion”, a ajouté le chef de la diplomatie égyptienne.

Malgré plusieurs semaines de discussion sur le contenu de la déclaration finale, Paris n’est pas parvenu non plus à convaincre Washington, Londres et Bagdad de coucher sur le papier une date précise pour le retrait des contingents étrangers.

Dans sa version actuelle, le texte reprend pour l’essentiel la formulation de la résolution des Nations unies qui laisse au futur gouvernement irakien le soin de prolonger ou non le mandat des forces américano-britanniques. Les Irakiens doivent savoir que les troupes étrangères se retireront bel et bien, a néanmoins insisté Michel Barnier, rappelant que la résolution adoptée en juin fixait au 31 décembre 2005 le terme de leur mandat.

L’hostilité à l’égard des troupes étrangères conduit de nombreux Irakiens à prendre leurs distances vis-à-vis du processus, a-t-il poursuivi, jugeant essentiel de rappeler cette échéance et d’établir clairement que les Irakiens auront la pleine maîtrise de leurs affaires intérieures, notamment en ce qui concerne la sécurité et les questions militaires.

“Chacun connaît les vues des pays représentés autour de cette table sur les circonstances qui ont conduit à la situation dont nous débattons. C’est aujourd’hui vers l’avenir que nous devons nous tourner. La France, au sein de l’Union européenne y est prête”, a-t-il toutefois précisé, sur un ton plus conciliant.

“Mettre fin à l’instabilité en Irak, qui est aussi notre propre instabilité, est un devoir collectif à la mesure des difficultés immenses que les hommes, les femmes et les enfants d’Irak rencontrent actuellement dans leur vie quotidienne et du futur que nous devons les aider à construire; à la mesure de l’histoire de ce grand peuple, héritier d’une culture millénaire; à la mesure aussi des risques que cette situation crée pour l’ensemble de cette région (...)”, a poursuivi Barnier.

“Je tiens à redire ici à notre collègue, M. Zebari (ministre irakien des Affaires étrangères), la détermination de la France à appuyer ce processus et à soutenir les Irakiens dans leurs efforts de reconstruction”, a-t-il ajouté.

Interrogé un peu plus tard à Charm el Cheikh par RFI sur la détermination du gouvernement d’Iyad Allaoui à organiser une conférence inter-irakienne, Barnier a souligné qu’il était nécessaire d’inclure toutes les forces irakiennes dans le processus politique.

“Allaoui a accepté cette idée parce qu’elle est juste. Comment réussir des élections au mois janvier en Irak ? Comment aller vers une nouvelle Constitution en Irak s’il y a encore de la violence partout et si les forces politiques n’entrent pas dans ce processus ? Nous avons proposé cette idée depuis le début et je suis heureux qu’elle figure dans le projet de conclusions”, a dit le ministre français.

DETTES

<B>Bucarest prône une position est-européenne commune

■ La Roumanie a exhorté mardi les autres pays d’Europe de l’Est à adopter une position commune sur le recouvrement des dettes contractées par l’Irak, afin de s’unir contre l’effacement de la dette auquel les invite le Club de Paris. La Roumanie et la Bulgarie, deux des pays les plus pauvres d’Europe, ont annoncé lundi qu’ils tenteraient de se faire rembourser l’argent dû par l’Irak en dépit de la décision annoncée par les créanciers du Club de Paris d’effacer 80 % des 38,9 milliards de dollars de dettes contractées par l’Irak envers ses membres. “Le ministre des Finances (Mihai Tanasescu) a écrit aujourd’hui à tous les pays d’Europe de l’Est, la Bulgarie, la République tchèque, la Croatie, la Pologne et la Slovaquie, auxquels l’Irak doit de l’argent, leur demandant une position commune sur le recouvrement de la dette de l’Etat irakien”, dit une déclaration roumaine.

En annonçant sa décision, le Club de Paris a invité les autres pays à lui emboîter le pas.

<B>Souleiman al Khalidi</B>

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