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Faiblesses
En ce qui concerne l?affluence à son congrès-anniversaire, le Mouvement militant mauricien (MMM) n?a pas de souci à se faire. Ses partisans étaient exacts au rendez-vous. Sa capacité de mobiliser est démontrée. En revanche, sur le plan des idées, ce parti ne possède pas les mêmes ressources.
Avant d?évoquer les faiblesses du MMM au niveau de la réflexion politique, il faut signaler un abus de langage. Le dictionnaire définit un congrès comme une ?réunion de personnes qui délibèrent?? Or, nos politiciens organisent à tout bout de champ des congrès au cours desquels il n?y a point de propositions et de contre-propositions. Un congrès sans débat n?est pas un congrès !
L?événement d?hier était précisément une occasion pour le MMM de permettre à ses différents courants, si tant est qu?ils existent, de présenter des avis contradictoires sur la situation actuelle et d?en dégager des perspectives d?avenir. Ce n?était pas le cas. Les dirigeants se sont contentés de se flatter d?avoir honoré presque la totalité des engagements pris en septembre 2000. Ils ont aussi donné l?impression d?être sur la défensive face au Parti travailliste et à Navin Ramgoolam.
Il manque visiblement d?idées neuves au MMM. Ce manquement peut être attribué au fait que ce parti compte dans son état-major des héros fatigués ou usés. Il importe peu pour un électeur de savoir ce qu?un parti a fait pour lui. Ce qui compte le plus, ce sont les propositions pour l?avenir. Sans vision, ni capacité de tracer les nouveaux contours de son action, un parti ne peut survivre.
Le MMM sera confronté à la nécessité de renouveler ses instances dirigeantes à mesure que s?approchent les législatives. Il lui est impossible de se reconstruire sans une injection de sang neuf, et par conséquent, sans mettre à la retraite certains anciens ténors. Certes, ceux de ses dirigeants qui ont une légitimité historique doivent rester aux commandes, mais seule une épuration de la vieille garde redonnera au MMM la capacité à s?adapter aux nouvelles donnes.
S?il y a eu une idée forte qui a été affirmée hier, même si elle n?est pas tout à fait nouvelle, c?est le besoin de féminiser la vie politique. Maurice occupe la dernière place à un classement des pays de la Southern African Development Community en fonction du taux de représentativité féminine au Parlement. Paul Bérenger a réaffirmé sa préoccupation à ce sujet mais ceux qui l?entourent lui permettront-ils de corriger la situation ?
Sur le plan purement politicien, on aura retenu hier que certaines déclarations des leaders des partis au pouvoir avaient pour but de donner des gages à leur partenaire respectif. Le leader du MMM a clarifié une des dispositions de sa ?formule gagnante? et a précisé que Pravind Jugnauth sera Premier ministre pendant deux ans si l?alliance MMM-Mouvement socialiste militant (MSM) remportait les législatives. De plus, il a répondu à un souci exprimé ça et là par des ministres du MSM. Il a fait comprendre que bien qu?il restera leader de son parti, il s?occupera plutôt de questions internationales quand son mandat de Premier ministre s?achèvera. En clair, il laissera les mains libres à son successeur, ce qui ne manquera pas de rassurer les faucons du MSM.
Les partenaires du MMM sont satisfaits, les ?camarades? le sont aussi. Mais les citoyens qui souhaitent connaître la réflexion des dirigeants sur leurs orientations futures attendront.
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