Publicité
SuperMario dans la cage aux lionnes
Lorsqu?il entre en scène, le public a peur pour lui et trésaille à chaque rugissement des six redoutables lionnes qui l?entourent. Mario Mordon, le dompteur du Cirque Roger Lanzac, reste serein, concentré, devant ses fauves artistes.
Il les connaît par c?ur, car justement, le c?ur y est. Entré pour la première fois dans la cage aux tigres à l?âge de huit ans, avec son père, il perpétue aujourd?hui une tradition de dressage longue de sept générations.
En dehors de la piste, on le retrouve un peu partout à s?occuper de choses et d?autres pour le cirque.
Il a le look baroudeur, à la John Wayne, dans le film Hatari !, en vêtements de safari.
S?il n?est venu à Maurice qu?avec six lionnes et un serpent, à son grand regret, sa ménagerie en France compte aujourd?hui une centaine d?animaux, lions, tigres, chameaux, caniches, serpents, autruches, éléphants, bisons, pour ne citer que ceux-là. Une deuxième famille pour cet homme sans peur, pour qui les valeurs familiales sont primordiales.
Trois des six lionnes qu?il présente actuellement au Cirque au Domaine les Pailles portent d?ailleurs le prénom de ses trois filles, également artistes, Christelle, Laura et Betty. Il est également papa d?un petit garçon d?à peine un an mais qui est déjà prédestiné à devenir dompteur, «s?il le mérite,» précise-t-il.
Son grand-père, qui fut aussi dompteur, vient le voir lors de spectacles, «avec sa canne et son chapeau de cowboy.
Lorsqu?il était enfant, son père l?a fait rentrer dans la cage au lion. «Je suis rentré parce que j?avais confiance en mon père et il m?a dit toi, tu seras dompteur.» C?était le test, que ses deux autres frères n?ont pu passer.
«Je donnais le biberon aux bébés singes et on les faisait dormir dans mon lit en hiver», se souvient le dompteur.
Il débute au cirque avec une pléiade d?autres numéros, à lui tout seul, il pourrait tenir l?affiche pendant tout le spectacle.
«Je faisais de la voltige à cheval, l?équilibre sur des bouteilles de verres, j?étais jongleurs, même un très bon clown, en duo avec mon frère ».
A 66 ans, son père a été malade du c?ur et il a repris le flambeau, arrêtant ses numéros de force pour se consacrer au dressage, en particulier des fauves.
Et il les aime ses animaux, il les comprend et les respecte. Son père lui a téléphoné de France pour lui annoncer une nouvelle naissance de lionceaux.
Il souhaiterait revenir l?an prochain avec un autre numéro avec plus de lionnes. On ne demande que ça, tant la représentation est impressionnante.
Mario Mordon a aussi été récompensé par un Clown d?Or pour un numéro qu?il avait exécuté avec 16 tigres.
«Une journaliste m?avait alors demandé comment je faisais pour les reconnaître. Je lui ai répondu que je les connaissais par c?ur, comme une mère fait la différence entre ses jumeaux. C?est aussi beaucoup de temps et de patience».
Il en faut forcément pour faire travailler. «Le tigre, c?est un tueur, il est non seulement dangereux, mais aussi intelligent que lâche. Il faut être dompteur pour savoir cela. Et à force de vivre avec eux, on devient comme eux.»
Le fauve est imprévisible. Rien n?est jamais acquis et c?est pourquoi il se concentre toujours. Il passe entre 30 minutes et une heure à faire le vide dans sa tête pour entrer dans sa cage avec les meilleures dispositions.
«Pour être bon, il ne faut avoir peur de rien. Mais je suis conscient du danger. Je peux être tué. Et je sais que le jour où j?aurais peur, j?arrêterais.»
Publicité
Publicité
Les plus récents