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Accusé à tort, un médecin obtient des dommages de l?État

20 novembre 2004, 00:00

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Accusé de négligence médicale par le ministère de la Santé, le Dr Swaley Auckloo a été blanchi par la Cour suprême. Le juge Bushan Domah a ordonné à l?Etat et au ministère de la Santé de lui verser conjointement et solidairement des dommages moraux de Rs 350 000. Il avait réclamé des dommages moraux de Rs 5 millions.

Dans son verdict, le juge considère que les faits entourant l?interdiction du Dr.Auckloo, suite à l?accusation de négligence médicale, lui ont causé une grande détresse et une torture morale.

Le juge le félicite pour son courage de porter l?affaire devant la justice, en dépit du fait qu?un comité disciplinaire l?a exonéré de tout blâme. «Many in his situation are not able to last their way to the courts for redress. People become easily reconciled to their plight», observe le juge Domah qui, à ce titre, offre une somme symbolique de Rs 50 au plaignant.

«The token would serve to remind public authorities, as well as all those authorities which have been given powers capable of interfering with the fundamental freedoms of the individual, that there is something called the rule of law, by which the Mauritian Constitution democracy, with an entrenched Bill of Rights, swears and lives by, and that they are not prepared to compromise it under any name», écrit le juge.

Pour lui, «the country cry of the day is professionalism, and persistent professionalism.»

Krisnamorthy Naidoo meurt le 9 mai 1994 à l?hôpital Jeetoo. Son père porte plainte à la police pour négligence médicale. Selon lui, le décès de son fils est causé par l?administration d?ampiciline, produit qui était interdit par le médecin de famille, le Dr Hansrod.

Le ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie conclut à une grosse négligence médicale et le Dr Swaley Auckloo est pointé du doigt. Il est suspendu de ses fonctions à la suite du rapport d?un comité disciplinaire.

<B>Allergique a la pénicilline</B>

Le Dr Auckloo a ausculté le patient le 2 mai 2004 vers 20 heures, à l?hôpital ENT. Le diagnostic fait état d?une sévère infection de la gorge. Le patient lui montre une lettre du Dr Hansrod qui précise son allergie à la pénicilline. Le Dr Auckloo procède alors à un test de pénicilline, qui s?avère négatif. Il prescrit alors l?ampiclox, un dérivé de pénicilline.

L?infection diminue, mais deux jours plus tard, des signes de rougeur et de jaunisse sont notés. L?utilisation d?ampiclox est interrompue. Le patient est alors transféré à l?hôpital Victoria. Il y est admis pendant deux jours, puis obtient sa décharge.

Son frère, infirmier, note cependant que la tension artérielle est basse. Des médecins, dont celui de famille, sont contactés. Tous conseillent la consultation d?un spécialiste.

Le patient est transporté d?urgence à l?hôpital Jeetoo. Mais il devait rendre l?âme. La cause du décès est attribuée à «hepato renal failure».

Des explications sont réclamées des médecins qui ont traité le patient, sauf du Dr Hansrod. Dans son rapport au ministère de la Santé, le consultant, le Dr Abelak, conclut à l?absence de négligence médicale. Un Fact-Finding Committee est nommé. Son seul membre, le Dr Beessoonauthsing, privilégie lui la thèse de grosse négligence du Dr Auckloo, contrairement aux autres opinions émises.

Cinq mois plus tard, le 25 octobre 1995, le Dr Auckloo est convoqué par le secrétaire permanent à un comité disciplinaire. Et, en attendant les conclusions de ce comité, il est interdit de ses fonctions.

Sept mois après son interdiction, le ministère de la Santé l?informe par écrit qu?il est réintégré dans ses fonctions, ses explications ayant été aceptées.Mais il est également informé qu?il comparaîtra devant un nouveau comité disciplinaire pour répondre a lesser charge. Il proteste. En vain.

Le comité se réunit en douze occasions. Ses conclusions sont communiquées au Dr Auckloo en janvier 1998. Elles lui sont favorables. Il est blanchi.

Le Dr Auckloo crie à l?injustice pour toute cette «torture morale » qu?il a subie. Il traîne alors l?Etat, le secrétaire permanent du ministère de la Santé, et la Public Service Commission en justice. Et il obtient gain de cause en Cour suprême.

Le Dr Auckloo était représénté par Me Saïd Toorbuth.

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