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Confirmation du conservatisme de l’administration Bush
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Confirmation du conservatisme de l’administration Bush
George W. Bush a officiellement nommé mardi sa conseillère à la Sécurité nationale, Condoleezza Rice, à la tête du département d’Etat. Elle succède à Colin Powell, démissionnaire. “Au cours des quatre dernières années, je me suis appuyé sur ses conseils, bénéficiant de sa grande expérience et appréciant son discernement fiable et équilibré. à présent, je suis honoré qu’elle accepte de servir dans mon cabinet”, a déclaré le président des Etats-Unis. Il a également annoncé que Stephen Hadley succéderait à Condoleezza Rice dont il était depuis quatre ans l’adjoint.
L’arrivée de Condoleezza Rice à la tête de la diplomatie US laisse prévoir une politique étrangère dure et sans états d’âme, mais plus en phase avec la Maison Blanche, après un premier mandat Bush marqué par de profondes divisions.
La presse et les analystes américains soulignaient mardi les nombreuses différences de style, de tempérament et d’itinéraire politique entre Rice et Powell.
Cette universitaire de 50 ans, spécialiste de l’ex-URSS, est une amie personnelle de Bush. Ses contempteurs la qualifient de conservatrice, à l’allure froide. Condoleeza Rice tranche ainsi avec l’image de l’ex-général Powell, 67 ans, réputé pour son contact facile et adepte d’une diplomatie ménageant les alliances et la négociation.
“Powell était la seule voix plaidant la modération dans le gouvernement Bush. La nouvelle diplomatie américaine sera probablement plus tranchée, plus combative”, estime Jon Wolfsthal, spécialiste de politique étrangère à l’institut Carnegie de Washington. La nomination de Rice “laisse supposer que l’administration sera davantage unie autour de valeurs conservatrices, sans concession. Il y aura plus de cohérence, mais au détriment des valeurs classiques de la politique étrangère américaine”, souligne-t-il.
Le Washington Post estimait dans un article d’analyse que ce changement à la tête de la diplomatie US “traduit le triomphe d’une conception tranchante de la diplomatie adoptée par le vice-président Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld”. Même s’il était souvent marginalisé, “la présence de Powell permettait au président d’écouter différents points de vue sur la manière de procéder sur des sujets importants de politique étrangère”, écrit le journal.
Après des désaccords à peine dissimulés avec Colin Powell, notamment sur la décision d’entrer en guerre contre l’Irak en 2003, George W. Bush a tenu à délimiter étroitement la marche à suivre pour son ex-conseillère à la sécurité nationale.
Briser le terrorisme
La lutte contre le terrorisme, le conflit israélo-arabe et la démocratisation du Grand Moyen-Orient sont les grandes priorités fixées par George W. Bush à Condoleezza Rice. “Après avoir été confirmée par le Sénat, Condoleezza Rice prendra ses fonctions à un moment critique pour notre pays”, a rappelé le président. “Nous sommes une nation en guerre. Nous menons une importante coalition contre un ennemi déterminé. Nous mettons en place de nouvelles structures et des institutions pour affronter les régimes hors-la-loi, pour nous opposer à la prolifération d’armes et de matériaux dangereux et briser les réseaux terroristes.”
Sur ces projets pour le monde arabe, le président a rappelé que “les Etats-Unis ont répondu à l’appel de l’Histoire pour aider les forces de la réforme et de la liberté dans le Grand Moyen-Orient pour que cette région puisse se développer dans l’espoir plutôt que dans la colère”. Sur le Proche-Orient, il a affirmé : “Nous suivons une nouvelle voie pour résoudre le conflit israélo-arabe, qui prend en compte les aspirations pacifiques des Palestiniens dans le cadre d’un Etat démocratique tout en assurant la sécurité de nos amis israéliens.” En envoyant “Condi”, au département d’Etat, George W. Bush entend reprendre en main la diplomatie américaine qui a toujours manifesté une certaine indépendance de la Maison Blanche.
Condoleeza Rice n’a jamais été diplomate de carrière même si elle a étudié les relations internationales et elle n’appartient pas au cercle fermé de “Foggy Bottom”, le nom donné au siège du ministère des Affaires étrangères US. C’est le père de Madeleine Albright, la première femme à avoir dirigé la diplomatie US, qui avait persuadé Condoleezza Rice lorsqu’il était professeur d’université, à préférer les relations internationales à une carrière de pianiste.
Après quatre années à la Maison Blanche dans un bureau voisin de George W. Bush, elle connaît parfaitement les priorités de celui-ci et les moyens de les réaliser. “Atteindre tous ces objectifs demandera une direction sage et habile à la tête du département d’Etat et Condoleezza Rice est la personne qu’il faut pour répondre à ce défi”, a confié le président Bush.
Si sa loyauté envers lui est indéfectible, Rice a toutefois été formée à l’école plus classique des républicains proches de George Bush père. Parmi , Colin Powell – qualifié par Rice de “grand ami et mentor” - mais aussi Brent Scowcroft, conseiller de George Bush père. Il s’est souvent montré critique de l’actuelle Maison Blanche et notamment de sa décision d’attaquer l’Irak.
Dans une tribune récente dans le Washington Post, il a estimé que George W. Bush devrait maintenant concentrer son énergie sur les questions du Proche-Orient “qui ont un impact direct sur la sécurité et le destin” des Etats-Unis.“L’Irak, Israël-Palestine, l’Iran et le terrorisme font partie d’un tout et ne peuvent être approchés de façon satisfaisante qu’ainsi”, a affirmé Brent Scowcroft, résumant ainsi ce qui semble être la mission fixée par le président Bush à Condoleezza Rice.
<B>@ 2004 Le Monde - AFP Distribué par The New York Times Syndicate</B>
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