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Lucky Dube, la chance avérée du reggae
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Lucky Dube, la chance avérée du reggae
Engagé jusqu?au bout de ses dreadlocks. Tout y passe : la chose politique, les questions sociales, les sentiments. Lucky Dube, est un sud africain qui n?envisage pas son existence d?artiste autrement qu?en étant mobilisé. Prise de position contre l?oppression de l?apartheid. Thérapie musicale pour exorciser colère et frustration face à l?injustice d?un système inique.
Et si cela fait une décennie depuis que le géant voisin est régi par la démocratie, cela n?empêche pas à Lucky Dube de s?exprimer. C?est ce qu?il fera chez nous le vendredi 19 novembre, à l?ouverture du Samemsa Muzik Festival. L?événement de trois jours est proposé par Cyper Produktion de Percy Yip Tong, en collaboration avec le conseil de district de Moka-Flacq. Le festival bénéficie également du soutien de l?Alliance Française et du centre culturel Charles Baudelaire (CCB).
Rendez-vous au stade Maryse-Justin pour une grand-messe de la région océan Indien. En sus de la carrure internationale de Lucky Dube, les voix des îles voisines ont aussi été conviées à se mettre à table. Ainsi, le public aura l?occasion de bouger au rythme d?une Roots Nite, vibrations issues de la racine du reggae.
Pulsions en trois temps à l?affiche le samedi 20 novembre avec Rajery de Madagascar, l?inénarrable Danyel Waro de la Réunion. Côté local : diversité des genres. Celui inclassable de Menwar avec son sagaï perçant et pointu. Prestation également du Masala Quintet. Ses épices sont réunies par Philippe Thomas et son éloquente trompette, Belingo Faro et ses synthés, Gino Chantoiseau à la basse, Naden Veerapen au tabla entre autres.
Le lendemain, place au concept de soirée baptisé Koool Splash. De généreuses éclaboussures faites par Thierry Gauliris, charismatique leader du groupe réunionnais Baster. À découvrir ou redécouvrir à ses côtés : Ras Ricky des Seychelles, Dorelio de Rodrigues et Babadi de Mayotte. Avant de plonger avidement dans des eaux connues : Otentik Street Brothers, Natir, Ton Vié, tous adeptes de Jah Rastafari.
Une doctrine commune à Lucky Dube qui nous arrive avec son impressionnante discographie constituée de plus de 20 albums enregistrés en langue zouloue, en anglais et en afrikaans. Acclamé comme l?artiste contemporain sud africain ayant vendu le plus d?albums, le chanteur a sorti son premier opus en 1984. Depuis, il a eu l?occasion de partager des affiches avec Ziggy Marley, Sting, Michael Jackson et Seal notamment.
Un chantre de la libération noire
Alors qu?il chantait initialement dans le style traditionnel zoulou mbaganga, Lucky Dube a effectué la transition au mainstream pour devenir l?un des chantres de la libération noire. Inspiré par la trilogie ?sacrée? : Bob Marley, Peter Tosh, et Burning Spear, Lucky Dube s?est très tôt attiré l?antipathie du gouvernement blanc, au milieu des années 80. Et pour cause, il fustige la corruption rampante en osant s?interroger sur la ?disparition? massive de deniers publics.
Critique, Dube l?a aussi été du gouvernement de Nelson Mandela. Son point de vue : cette administration pleine de bonne volonté n?a pas su juguler le taux effarant de criminalité. Des prises de positions controversées qui n?empêchent pas Lucky Dube de célébrer la vie. À savourer, que l?on soit fan de reggae ou pas. Les places pour le premier soir sont à Rs 200. Ceux du deuxième et troisième soir sont à Rs 100. Le Passe-Festival qui ouvre les portes pour les trois soirs est à Rs 300. Les billets sont disponibles dans les magasins Habit, au CCB, au Cifod et à l?Alliance Française.
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